Sept skippers du Vendée Globe à l’assaut de La Solitaire du Figaro

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Le mardi 27 juillet 2010 à 15:13
© Jean-Marie Liot / DPPI

Comme les samouraïs, ils sont sept marins du Vendée Globe à se présenter sur la ligne de départ de La Solitaire du Figaro qui s'est élancée du Havre ce mardi 27 juillet à 14h00. C’est beaucoup, mais pas si étonnant… car La Solitaire du Figaro est souvent jugée indispensable pour ceux qui briguent l’Everest des mers. A noter que pour la première fois, deux Figaro porteront les couleur de la Vendée, aux mains des deux skippers du Pôle Vendée France : Sébastien Josse et Frédéric Rivet.

Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un œil au palmarès du Vendée Globe : Michel Desjoyeaux, double vainqueur du Vendée Globe est aussi un triple vainqueur de La Solitaire ! Le surnom « Le Roi Jean » de Jean Le Cam est né de ses trois victoires (et 10 étapes, record absolu) sur la classique du mois d’août. Alain Gautier a gagné les deux - la Solitaire en 1989, le Vendée en 1993. Comme Desjoyeaux et Le Cam, Philippe Poupon, 3e du Vendée Globe en 1993, a raflé trois fois La Solitaire en 1982, 1985 et 1995…  Quelques autres ne sont pas passés bien loin d’un double exploit, comme Armel Le Cléac’h, 2e du dernier Vendée Globe et vainqueur de La Solitaire 2004.

Si Michel Desjoyeaux aime à dire « passe ta Solitaire d’abord ! » (sous-entendu : avant de commencer à penser au Vendée), ce n’est pas un hasard. De fait, nombreux sont les  Figaristes qui rêvent de partir à leur tour sur un 60 pieds à l’assaut du globe… mais nombreux sont aussi les circumnavigateurs qui considèrent que participer à La Solitaire, réputée comme une des courses les plus dures au monde, est la meilleure façon de se préparer à la régate planétaire. Et ce même si la réalité y est très différente : sur la Solitaire tout le monde court sur le même bateau. Seuls les hommes font la différence, en allant au bout d’eux mêmes sur des étapes de trois à quatre jours où le sommeil est la donnée la moins partagée du monde.

Le Cléac’h, de Pavant…

Sur les sept marins du Vendée Globe qui sont au départ cette année, aucun n’a encore décroché la victoire dans le tour du monde. Mais ils en ont fait l’actualité récente, plus ou moins heureuse. Cinq d’entre eux seront à coup sûr classés parmi les favoris. Et si parmi eux c’est Armel Le Cléac’h qui est donc passé le plus près d’une victoire dans les deux épreuves, Sébastien Josse, Jérémie Beyou, Yann Eliès, Kito de Pavant, Bernard Stamm et Jonny Malbon porteront également l’étiquette distinguée de circumnavigateurs. Tour d’horizon…

Armel Le Cléac’h et Kito de Pavant ont en commun d’avoir déjà gagné La Solitaire du Figaro – Kito en 2003 et Armel l’année suivante, en 2004 – et aussi de bénéficier du soutien de partenaires, Groupe Bel et Brit’Air, qui devraient leur permettre de participer au programme IMOCA jusqu’au prochain Vendée Globe. Leur réputation n’est plus à faire et ils feront partie des favoris à juste titre. D’autant qu’ils sont en forme :  Armel Le Cléac’h a gagné pour la deuxième fois la Transat Ag2r en mai dernier et Kito de Pavant a pris la deuxième place de la Transat Jacques Vabre. Sur ces deux courses, tous deux avaient d’ailleurs pour équipiers de jeunes Figaristes de talent : respectivement Fabien Delahaye et François Gabart. Se hisser sur les podiums, même en double, n’est jamais mauvais pour le moral du marin solitaire.

Beyou, Eliès, Josse…

Jérémie Beyou, vainqueur de La Solitaire en 2005 et qui a raflé deux étapes sur quatre l’an passé, sera lui aussi de la partie, lui aussi classé parmi les favoris. Tout comme Yann Eliès dont on se demande par quel malheureux hasard il n’a pas encore inscrit son nom au palmarès de la grande classique estivale, avec pourtant 5 victoires d’étapes et deux podiums au classement général ! Et si c’était pour cette année, histoire de briser le signe indien et de ravaler sa déception de l’été dernier, où le coup passa si près (2e à Dieppe, au bout du bout du suspense) ?

Sébastien Josse, 2e de La Solitaire en 2000 et 5e du Vendée Globe en 2005, sera lui aussi de retour. Ces trois là, Jérémie, Yann et « Jojo », ont en commun d’avoir été des héros malheureux du dernier Vendée Globe qu’ils n’ont pu terminer dans les conditions que l’on sait. Mais ils partagent aussi le fait d’être toujours en recherche active de partenaires pour préparer le prochain tour du monde. Ils auront donc d’autant plus à cœur de « se montrer », tant il est vrai qu’une belle performance sur la reine des classiques est aussi un argument supplémentaire de poids pour convaincre un sponsor de s’engager à leurs côtés, sur un programme 60 pieds. En outre, Jérémie Beyou et Yann Eliès voudront effacer leur relative contre-performance dans la dernière Transat Ag2r courue ensemble en Figaro (19e). Ne pas se fier d’ailleurs à cette très aléatoire transatlantique en double : l’an passé, pour la 40e édition de La Solitaire, Jérémie et Yann ont remporté à eux deux trois des quatre étapes : Eliès vainqueur à La Corogne (Espagne), Beyou vainqueur à  Saint-Gilles-Croix-de-Vie et à Dingle (Irlande) !

Stamm et Malbon

Pour le Suisse Bernard Stamm et le Britannique Jonny Malbon, les choses sont différentes : à contrario des cinq précités, ils ne feront pas partie des favoris sur La Solitaire et le savent parfaitement. Bernard Stamm – double vainqueur d’Around Alone mais lui aussi malheureux sur le Vendée Globe - sera le seul des sept « bizuth », c’est à dire à participer pour la première fois. « Je ne me mets pas de pression sur le résultat, j’y vais pour apprendre sur ce bateau », avoue-t-il humblement. Pour lui, La Solitaire est une étape de son programme sportif, pendant la construction chez Décision en Suisse d’un des nouveaux 60 pieds les plus attendus du circuit, dessiné par l’architecte Juan Kouyoumdjian. En attendant, Bernard Stamm navigue donc sur ce monotype de 10 mètres qu’est le Figaro Bénéteau (puis en Class 40 sur la prochaine Route du Rhum). Il sera donc au mieux outsider, tant il est vrai que cette course ne s’offre souvent au vainqueur qu’après une longue expérience dans la série, comme pourraient en témoigner Jean Le Cam, Alain Gautier ou encore Jérémie Beyou. Tous trois ne l’ont emportée qu’après l’avoir courue un nombre de fois plus que respectable : 11 fois pour Jean Le Cam, 10 pour Alain Gautier, 9 pour Jérémie Beyou. Voilà qui donne une petite idée du niveau requis : l’excellence sinon rien !

Pour le Britannique Jonny Malbon enfin – skipper d’Artemis qui lui non plus n’avait pu boucler le dernier Vendée Globe – ce sera la deuxième participation à La Solitaire qu’il avait terminé dans les profondeurs du classement en 2009 (45e). Dans le petit milieu de La Solitaire, tout le monde se souvient pourtant de la fraicheur et la gentillesse de cet Anglais « venu pour apprendre en naviguant avec les meilleurs solistes français ». Parfaire cet apprentissage sera l’objectif principal de Jonny.