Yann Eliès a été l’un des grands animateurs de la dernière édition du Vendée Globe. Son accident et son sauvetage dans le Grand Sud, alors qu’il occupait les avant-postes de la course, ont en effet marqué le monde de la course au large. Aujourd’hui,Yann est à la recherche d’un partenaire pour boucler son budget et réaliser son objectif : prendre à nouveau le départ du tour du monde en solitaire et sans escale. Ce sera le 11 novembre 2012. Interview.
Yann, où en es-tu de tes projets pour le Vendée Globe 2012 ?
J’ai trouvé un premier partenaire qui s’est engagé sur la moitié de mon budget. J’en cherche donc un second pour boucler le projet. Dans la situation économique actuelle, le modèle à deux partenaires nous semble intéressant car il permet de partager les coûts. On a jusqu’à fin octobre pour boucler le budget. Il reste donc un mois avant l’échéance. On y croit et on compte aussi sur la Route du Rhum pour rappeler aux sponsors que le prochain Vendée Globe a lieu dans deux ans et que c’est maintenant qu’il faut s’engager. Au delà de cette échéance, je me donne jusqu’à un an du départ pour finaliser un projet correct.
Tu t’orientes vers un bateau neuf ou d’occasion ?
On a été en relation avec Mer Agitée (NDR : l’écurie de course au large fondée par Michel Desjoyeaux en 1999) pour racheter le nouveau Foncia qui vient d’être mis à l’eau. Mais ce bateau semble très sollicité. Dans tous les cas, on s’oriente vers l’achat ou la location d’un bateau d’occasion. Le timing commence à être serré et la construction d’un bateau devient une option difficilement réalisable.
As-tu l’occasion de naviguer en IMOCA pour garder la main ?
Je vais faire le convoyage retour du bateau de Roland Jourdain à l’issue de la Route du Rhum, avec un équipage de quatre personnes. Cette navigation entre la Guadeloupe et la Bretagne sera ma première en monocoque IMOCA depuis le Vendée Globe 2008.
T’arrive-t-il de repenser à ton accident survenu lors du dernier Vendée Globe ?
J’y pense très rarement car je suis passé à autre chose. Ce sont surtout les personnes que je rencontre qui me rappellent cet accident. Je suis conscient que cet épisode va me poursuivre longtemps car c’est l’un des faits marquants du dernier Vendée Globe. Physiquement, je ressens quelques douleurs au quotidien, ça ressemble un peu à des rhumatismes. Mais j’ai pu reprendre une activité professionnelle et sportive sans être gêné. Mentalement, ça ne m’a pas traumatisé et ne m’empêche pas de dormir. Tout cela fait parti maintenant de mon passé…
Cet épisode a été largement médiatisé. Cette notoriété te sert ?
Cet événement m’a effectivement offert une certaine notoriété. Quand je parle de mon accident, les personnes que je démarche remettent un visage sur le marin à qui cela est arrivé.
Tu disputes ta dernière saison sous les couleurs de Generali. Quel bilan tires-tu de ces 13 années de collaboration ?
Que du bonheur ! Aux côtés de Generali, je suis passé du statut de régatier à celui de coureur au large. J’ai donc fait 99% de ma carrière au large avec eux. Je suis comblé car j’ai pu réaliser tous mes projets : la Solitaire du Figaro, le Vendée Globe, le Trophée Jules Verne et The Race sont par exemple des courses que j’ai faites en total accord avec Generali. Je tire donc un super bilan sportif et humain de cette collaboration. Je ne sais pas si je j’arriverai à retrouver une telle complicité. C’est mon objectif aux côtés d’un nouveau partenaire !
Quel est ton programme pour les mois à venir ?
Je vais travailler avec Jean-Yves Bernot sur le routage des multis pour la Route du Rhum. Ca m’intéresse beaucoup de bosser sur cette partie de la course. Puis, comme je le disais, il y a le convoyage du bateau de Bilou. Pour le reste, je ne sais pas encore. Mais je ne suis pas inquiet. Mon objectif principal est de naviguer en solitaire le plus possible car c’est ce qui me plaît. Pourquoi ne pas repartir sur une saison en Figaro ? C’est un challenge qui me ferait plaisir. Mais j’aimerais aussi naviguer en équipage sur les grands multicoques ou en IMOCA, sur le Tour de l’Europe par exemple.