Vendée Globe

Christopher Pratt, benjamin du Rhum

Christopher Pratt, benjamin du Rhum
© Vincent Rustuel / DPPI
Le 21 octobre 2010

A l’occasion de la Route du Rhum, Christopher Pratt s’apprête à prendre seul la barre du DCNS de Marc Thiercelin. Le benjamin de l’épreuve, qui participera ainsi à sa première course en solitaire en IMOCA, devra faire face à des concurrents expérimentés. Un défi de taille, que le skipper marseillais se sent prêt à relever. A plus long terme, le lauréat des « Filières du Talent DCNS » n’exclut pas de participer au Vendée Globe, en 2012 ou en 2016. Interview, à quelques jours du départ de la Route du Rhum.

Christopher, comment vous sentez-vous à quelques jours du départ ?
De mieux en mieux ! J’ai validé ma qualification en avril, lors d’une navigation entre Brest et New York. J’ai choisi ce parcours pour que la Route du Rhum soit ma première course en solitaire, mais pas ma première transatlantique. Depuis mon retour de qualification, j’ai beaucoup travaillé et enchainé les sorties. Je me sens donc de plus en plus à l’aise sur ce support. La principale difficulté réside désormais dans la recherche du bon compromis entre fiabilité et performance. Il est également difficile de savoir jusqu’où les autres skippers sont prêts à aller en termes de vitesse et de prise de risques.

 

Justement, vos adversaires sur la Route du Rhum sont tous très expérimentés. Comment abordez-vous cette situation ?
Je serai le benjamin de l’épreuve et le skipper le moins expérimenté. Je vais me retrouver au cœur d’un plateau exceptionnel et homogène. Mais je pense que cela est une bonne chose. Une place en milieu de flotte ou un peu derrière serait normal car je ne suis pas favori. En revanche, occuper les avant-postes serait exceptionnel. Je n’ai donc rien à perdre.

 

Vous visez une place en particulier ?
Mon objectif premier est de terminer la course et de mener le bateau en bon état à Pointe-à-Pitre. Nous avons eu des déboires sur les grandes courses dernièrement. Je ne vais donc pas prendre de risques inconsidérés. Après, il n’est pas facile de fixer un objectif précis. Mais une place dans le top cinq serait une très belle performance. Sur la Route du Rhum, tout est possible car il y a toujours une part d’imprévu. Le scénario de la course dépendra aussi beaucoup de la météo.

 

Quel bilan tirez-vous des deux ans passés aux côtés de Marc Thiercelin, dans le cadre des Filières du Talent DCNS ?
C’est une expérience très enrichissante. Marc m’a transmis son savoir au niveau de la navigation mais aussi de la communication, dans la relation avec les médias notamment. J’ai également beaucoup appris au niveau technique et technologique. En tant qu’habitué du monotype, ce n’était pas ma spécialité et j’avais donc beaucoup de retard à combler dans ce domaine. J’ai beaucoup appris au contact de Marc, mais aussi des membres de l’équipe technique de DCNS. J’ai passé du temps avec chacun d’entre eux. C’était une partie passionnante de l’apprentissage.

 

Quelles sont les principales différences entre un monotype et un IMOCA ?
Je compare souvent ces deux types de bateaux à un kart et à une Formule 1. Avant, je faisais du kart. J’essayais de tirer le meilleur de mon bateau, quitte à prendre des risques. En IMOCA, l’approche est très différente. Il faut en permanence anticiper, écouter le bateau et gérer les prises de risques. On apprend également à être plus créatif, à trouver de bonnes idées pour améliorer les performances du bateau. La marge de manœuvre dans l’optimisation est plus importante. Un IMOCA est également beaucoup plus exigeant physiquement. Sur la Solitaire du Figaro, par exemple, on travaille surtout l’endurance et la résistance au sommeil. Naviguer en IMOCA demande davantage de puissance et d’engagement. C’est pourquoi j’ai passé beaucoup de temps en salle de musculation, avec un préparateur physique.

 

La Route du Rhum est-elle un aboutissement ou une étape vers d’autres projets, comme le Vendée Globe ?
La Route du Rhum est l’aboutissement des Filières du Talent. Cela a toujours été l’objectif final de ces deux années d’apprentissage. DCNS réfléchit actuellement à la suite à donner au projet. Mais une chose est sûre : j’aimerais participer au Vendée Globe un jour. Si l’opportunité se présente dès 2012, tant mieux. Mais je n’exclus pas de prendre le départ en 2016 car j’ai encore beaucoup de choses à apprendre. Je ne suis pas pressé ! Il faut vraiment être bien préparé pour participer à une épreuve si exigeante. Si je prends le départ ce sera dans des conditions optimales, avec un partenaire solide.

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