Les neuf skippers de la classe IMOCA sont fin prêts pour le départ de la Route du Rhum qui sera donné ce dimanche 31 octobre à 13h02. L’heure est désormais aux ultimes préparatifs et le temps se partage entre sollicitations, séances de sport, repos et analyse des fichiers météo. Sur les neuf inscrits au départ, huit ont participé au dernier Vendée Globe.
Derniers jours à terre
Les neuf solitaires ont pour objectif de se présenter sur la ligne de départ détendus, confiants et affûtés physiquement. Car la traversée de l’Atlantique nord en solitaire au mois de novembre n’est pas une mince affaire. Tous les skippers savent qu’ils devront puiser dans leurs ressources et flirter parfois avec la zone rouge. « Une course de 15 jours est toujours intense » confirme Michel Desjoyeaux. Avant d’ajouter : « C’est un peu un semi-marathon et on ne devrait pas être très beaux à voir à l’arrivée ! ». D’où l’importance d’emmagasiner du sommeil et de s’imposer des séances de sport régulières avant le départ. Le sommeil sur une telle étape est un des points majeurs que connaît bien Armel Le Cléac’h, vainqueur de la dernière Solitaire du Figaro. Le skipper de Brit Air dort par séquence de 10 à 15 minutes ce qui lui permet de récupérer force et lucidité, pour mener son bateau et conserver un mental à toutes épreuves. « Je ne lâche jamais rien, même quand il y a du monde devant, je ne me laisse jamais aller à l'abattement. J'y crois toujours, jusqu'au bout ». Il est vrai que les monocoques IMOCA demandent des efforts intenses et parfois, aussi, une bonne gestion du stress. Le départ approchant, la tension monte inévitablement et chacun a sa méthode pour l’évacuer. « Pour éviter de trop subir la pression, je m’efforce de rester dans mon rêve d’enfant, en occultant quelque peu l’aspect mythique de cette course », explique par exemple Christopher Pratt, le benjamin du Rhum et candidat au prochain Vendée Globe.
De son côté et à deux jours du départ, le skipper de Safran affiche un moral au beau fixe. Marc Guillemot : "Le bateau est prêt… moi aussi ! Ce qui prime c’est la sérénité, or je ne vois aucune source d’inquiétude. L’équipe a vraiment bien travaillé… Tout va bien ! Si je suis serein c’est grâce aux capacités du bateau, le fait d’avoir beaucoup navigué avec et les qualités humaines de mon équipe ». Jean-Pierre Dick, qui participe à sa troisième Route du Rhum, avant de s’engager en 2012 dans son troisième Vendée Globe, croit en ses chances de victoire : « le plateau réuni au départ de cette Route du Rhum est au top niveau. Je suis plus perçu comme un bon skipper de double. Mais, j'ai à cœur, à présent, de pleinement m'exprimer en solitaire. Avec Virbac-Paprec 3, je pars bien armé pour me piquer au jeu de la compétition. La victoire, je peux y croire ! »
Dernière analyse météo
Il sera temps pour les skippers de se plonger une dernière fois à terre dans l’étude des fichiers météo. Le routage est interdit dans la catégorie IMOCA, ce travail préparatoire est donc primordial car les premiers jours pourraient se dérouler dans des conditions musclées. « Je regarde la météo tous les jours de plus en plus précisément et cela me permet de me mettre dans le bain pour des choix stratégiques jusqu’à J+4 » confie Arnaud Boissières. Ses huit adversaires font de même, et cet élément prendra de plus en plus d’importance jusqu’à dimanche.
Repos, préparation physique, gestion de la pression, analyse de la météo... A quelques encablures du départ, chaque détail compte, car la lutte promet d’être serrée et la victoire finale risque de se jouer à très peu de choses à Pointe-à-Pitre.