Kito de Pavant et Sébastien Audigane s’apprêtent à prendre le départ de la Barcelona World Race, qui s’élancera du port catalan le 31 décembre. Ces deux marins expérimentés auront de sérieux argument à faire valoir sur ce tour du monde en double, véritable préparation pour le Vendée Globe… Rencontre réalisée cette semaine dans les allées du Nautic.
- Pourquoi avoir choisi de vous associer pour la Barcelona World Race ?
Kito de Pavant : Sébastien est un bon camarade et cela est un critère important pour faire un tour du monde en double. C’est aussi un grand technicien, un bon barreur et quelqu’un qui adore être en mer pour faire fonctionner nos belles machines à merveille. C’est donc l’un des rares marins ayant toutes les qualités pour faire ce tour du monde.
Sébastien Audigane : Nous nous connaissons depuis longtemps puisque nous avons navigué sur le multicoque de Jean Le Cam il y a une dizaine d’années. En 2009, j’ai eu la chance de participer à l’Europa Race à bord de Groupe Bel et nous nous sommes de nouveau associé en Figaro lors de la Transat AG2R au printemps. Je n’ai donc pas hésité à prendre le départ d’un tour du monde avec lui.
- Kito, la fin d’année est chargée avec la Route du Rhum et la Barcelona Race. L’enchaînement de ces deux épreuves majeures est-il compliqué à gérer ?
Kito de Pavant : Ce n’est évidemment pas simple car la préparation d’un bateau pour un tour du monde prend beaucoup de temps. Le choix de participer aux deux épreuves s’est fait tardivement, après la Solitaire du Figaro. Les bateaux sont faits pour naviguer et ce sont des courses très importantes pour le projet Bel.
- Comment jugez-vous les performances de Groupe Bel, notamment par rapport aux bateaux mis à l’eau en 2010 ?
Kito de Pavant : Aujourd’hui, Groupe Bel et son sistership Safran sont devenus les références dans la classe IMOCA. Nous avons faits de bons choix qui ont donné envie à d’autres skippers de construire des bateaux similaires, à la fois légers, simples, puissants et rapides. Les limitations de la jauge après le dernier Vendée Globe ont permis à Groupe Bel de rester très performant. Je pense que le niveau de la classe IMOCA s’est nivelé vers le haut. Cela promet de belles bagarres dans les courses à venir et il faut s’en réjouir.
Sébastien Audigane : Groupe Bel est un bateau léger sur lequel je retrouve par moments les sensations du multicoque au portant. C’est un bateau polyvalent et agréable, moins difficile à gérer que certains plans plus puissants sur lesquels j’ai navigué.
- Le Vendée Globe et la Route du Rhum ne se sont pas bien terminés. Ces déconvenues ont-elles altéré ta confiance ?
Kito de Pavant : La confiance est forcément un peu émoussée, mais cela donne aussi la niaque. Nous n’avons pas eu beaucoup de réussite dernièrement et j’espère que nous en auront un peu plus en 2011. Il y a beaucoup d’aléas dans notre discipline et énormément de choses à gérer pour réussir une course. Sur un tour du monde, l’objectif principal est d’aller au bout de la course. Il y a un peu de tension car j’ai une grosse équipe derrière moi.
- Tu bouclerais ainsi ton premier tour du monde…
Kito de Pavant : Oui c’est l’un des enjeux de cette épreuve qui va nous permettre d’apprendre beaucoup de choses. Pour Sébastien et moi, l’objectif final est d’être prêts pour le prochain Vendée Globe. Ce tour du monde en double sera une bonne préparation.
Sébastien, où en es-tu de tes recherches pour le Vendée Globe ?
Sébastien Audigane : Les recherches ont bien avancé à l’automne et j’attends maintenant des réponses. Cela va prendre un peu de temps et je ferai le point à l’arrivée de la Barcelona. Le départ du Vendée Globe approche et il faut faire attention à ne pas s’engager dans des choses qui ne sont pas réalisables.