Vendée Globe

Le maître et l'élève en double pour un tour de la planète

Le maître et l'élève en double pour un tour de la planète
© Yvan Zedda / Foncia
Le 29 décembre 2010

D’un côté, Michel Desjoyeaux, quatre tours du monde à son actif et deux victoire dans le Vendée Globe. De l’autre, François Gabart, grand espoir de la course au large qui vient d’annoncer sa participation au prochain tour du monde en solitaire. Ensemble, ils formeront un duo complémentaire à suivre de près sur la Barcelona World Race qui s’élancera ce vendredi 31 décembre de la Cité Catalane. Interview croisée du « Professeur » et de son jeune co-skipper.

Michel, pourquoi avoir choisi François Gabart comme co-skipper pour la Barcelona World Race ?
- Michel Desjoyeaux : En double, le facteur humain est primordial. Il se trouve que François a un état d’esprit qui me plaît bien. Cela fait maintenant deux ans que je l’observe à Port-la-Forêt. Je ne suis pas surpris par ses très bonnes performances réalisées sur le circuit Figaro cette année (NDR : François Gabart a terminé deuxième de la Solitaire du Figaro, remporté la Cap Istanbul et décroché le titre de Champion de France de course au Large 2010).

François, effectuer son premier tour du monde aux côtés de Michel Desjoyeaux ne se refuse pas…
- François Gabart : Exactement. C’est pourquoi je me suis manifesté dès que j’ai su qu’il participait à la Barcelona World Race. Je rêve de faire un premier tour du monde et avoir l’opportunité de partir sur un bateau neuf avec Michel est exceptionnel.

Que penses-tu pouvoir lui apporter ?
- F.G. : Il sait déjà faire le tour du monde en solo, et plutôt vite. Mais Michel est quelqu’un qui a toujours envie d’apprendre et de progresser. Nous n’avons pas forcément la même approche, je pense donc modestement pouvoir lui apporter une nouvelle façon d’aborder certaines choses.

Michel, la Barcelona World Race sera ta dernière course en IMOCA, avant d’enchaîner sur un programme en MOD 70. Tu avais envie d’explorer d’autres horizons ?
- M.D : J’ai toujours avancé dans ma passion en changeant de support. Figaro, Whitbread, multicoques, monocoques, petits et grands bateaux : je pense que c’est une chance de pouvoir enrichir son parcours à travers ces expériences qui sont souvent complémentaires. Pour beaucoup, les supports peuvent paraître différents mais pour moi cela reste toujours de la voile et il faut à chaque fois s’investir au maximum. La Barcelona World Race sera ma dernière course avec ce bateau, mais pas forcément ma dernière course en IMOCA. Je n’ai rien contre revenir sur ce circuit, je vais simplement faire autre chose pendant quelques temps.

Peut-on espérer te revoir un jour au départ d’un Vendée Globe ?
- M.D : En 2012 non. Après, je ne sais pas. Je me concentre pour l’instant sur les projets à venir. Mais la porte n’est pas fermée.

François, tu vas participer au Vendée Globe à bord d’un nouveau bateau, sistership de Foncia. Tu vas donc pouvoir t’entraîner en double sur un bateau qui servira de modèle au tien. C’est une situation rêvée…

- F.G : Il n’y a pas de meilleure préparation. Avoir la chance d’effectuer mon premier tour du monde avec Michel Desjoyeaux pour ensuite pouvoir le faire tout seul pour la seconde fois est une situation idéale. Qui plus est sur un bateau neuf. La Barcelona World Race va me permettre d’apprendre beaucoup et de compléter l’expérience acquise ces derniers mois sur le circuit Figaro. J’ai toutes les cartes en mains pour continuer à progresser.

Comment s’est fait le choix de construire un bateau neuf ?
- F.G : Comme tous les prétendants au Vendée Globe, j’avais deux options possibles : construire un nouveau bateau ou en acheter un sur le marché d’occasion. J’ai demandé à Michel s’il était possible d’avoir son soutien pour lancer une construction. Il a accepté et le groupe Macif a été intéressé par ce projet. Nous étions donc tous d’accord pour nous orienter vers cette option.

Michel, ton équipe supervisera la partie technique de ce projet…
- M.D : Oui  car c’est la possibilité pour nous de continuer à faire ce que nous aimons et savons faire. C’est aussi l’opportunité pour le groupe Macif de s’investir dans un projet conséquent. J’ai toujours aimé transmettre et partager et ce n’est pas aujourd’hui que cela va changer.

Quelles sont tes premières impressions sur le nouveau Foncia ?
- M.D. : Sur la Route du Rhum, j’étais en tête à 4 heures du matin le lendemain du départ. Après, je n’ai pas été en mesure de me confronter à la tête de la flotte et la différence s’est davantage faite entre les bonhommes qu’entre les bateaux. Mais il n’y a pas de raison que Foncia, qui est issu de la nouvelle génération, soit moins performant que les autres bateaux. Les architectes nous disent qu’il devrait aller plus vite, nous verrons cela sur la Barcelona World Race.

François, tu vas quasiment découvrir ce nouveau bateau…
- F.G : Ce n’est pas simple pour moi car j’ai effectivement très peu navigué sur Foncia. Je pars pour un tour du monde, ce n’est pas rien. Sportivement, la préparation est perfectible et un mois de plus pour prendre en main le bateau ne m’aurait pas fait de mal. Mais cela ne nous empêchera pas d’être performants. Nous avons des points positifs à faire valoir et nous allons essayer de les exploiter au maximum.

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