Vendée Globe

François Gabart : Je rêve toujours de traverser les mers australes

François Gabart : Je rêve toujours de traverser les mers australes
© VINCENT CURUTCHET / DPPI / Vendée Globe
Le 01 février 2011

Engagé aux côtés de Michel Desjoyeaux dans la Barcelona World Race, mais malheureusement contraint à l’abandon suite à la casse de la tête de mât, François Gabart n’en garde pas moins l’esprit résolument tourné vers le tour du monde. À 27 ans, le jeune skipper-ingénieur originaire de Charente tient bon la barre d’un projet sous les couleurs de MACIF qui le conduit vers le départ du Vendée Globle 2012. Avec un bateau actuellement en construction sur les moules du plan Verdier-VPLP FONCIA, le benjamin des candidats à la grande boucle planétaire en solitaire poursuit son apprentissage de la course au large à vitesse grand V. Il fait le point après un mois de navigation sous le signe d’une compétition de tous les instants…

Quelles impressions l’emportent à l’issue de ce tour du monde en double qui a malheureusement trop vite tourné court ?
François Gabart : « Avec Michel, nous avons connu une énorme déception. Il y a beaucoup de tristesse et une grande frustration d’avoir été contraints à l’abandon après une bataille incroyable aux avant-postes. La course était magnifique, nous étions à fond et en une seconde tout s’est arrêté. Abandonner après un mois de course sur trois prévus, c’est dur, ça fait mal. Sans vouloir nous déresponsabiliser, nous n’avons pas fait d’erreur de navigation. On allait vite, on tirait beaucoup sur le bateau, mais comme il le fallait et comme l’exigeait la course.  Il y a donc un sentiment d’impuissance face à ce coup du sort. Mais, cela fait partie du métier de skipper d’apprendre à l’accepter… »
 
Quels enseignements positifs tirez-vous de ce mois de course ?
F.G : «  Sur ce mois de course, j’ai découvert beaucoup de choses : j’ai traversé le Pot au Noir et navigué en Atlantique Sud où je n’étais encore jamais allé. Globalement, hormis cette fatale avarie, tout s’est passé comme j’ai pu me l’imaginer aux côtés de Michel, avec l’agréable surprise quant au niveau de compétition face à Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron. Ils nous ont donné du fil à retordre, mais avec beaucoup de respect et un vrai esprit sportif. Je me souviendrai longtemps de ce moment de course que je suis ravi d’avoir vécu, c’est très précieux.»
 
Sur le plan humain aussi, c’était une belle aventure…
F.G : « Ce mois de course et cette avarie, c’est une histoire qui nous a effectivement beaucoup rapprochés avec Michel. Nous avons vécu plein de choses, on se connaît mieux, nous sommes plus complices. Et c’est de bon  augure pour la suite puisque l’équipe de Michel a la responsabilité technique de la construction de mon bateau  pour le prochain Vendée Globe. »
 
Justement, qu’en est-il du bateau ?
F.G. : « Il commence à sortir des pots de résine ! Le drapage de la coque a commencé sur l’île de Wight en Angleterre. Le pont, lui, est fabriqué à Cherbourg. D’autres pièces comme les boîtiers de safrans sont en cours chez Mer Agitée à Port-La-Forêt. Juste en face, des cloisons voient le jour chez CDK, où il sera assemblé  pour une mise à l’eau en août prochain. Depuis le début de la course, j’étais en contact au moins une fois par semaine avec l’équipe de Mer Agitée, et notamment Paul-Edouard Henry, le chef de projet. Pendant le convoyage sous voilure réduite jusqu’à Cape Town, j’ai pris beaucoup de notes sur des évolutions à apporter, mon carnet est plein ! Il y a toujours la possibilité de faire évoluer un bateau, de lui apporter des améliorations. Par rapport à  FONCIA, il n’y aura pas de modifications majeures. Mais, on va bien sûr essayer de comprendre ce qui s’est passé pour l’équiper d’un un mât plus solide, même si on reste sur le principe du mât aile avec des outriggers. »
 
Ce coup du sort ne remet donc pas en cause votre rêve de tour du monde ?
F.G. : « Non, bien au contraire ! On allait doubler le cap de Bonne-Espérance, je venais de faire mon baptême des Quarantièmes, on voyait des albatros depuis quelques jours, et je comptais bien en voir plus longtemps.  Mais le bateau n’a pas voulu aller plus loin. C’est comme ça. Je m’efforce donc de relativiser. On ne tourne pas autour de la planète en claquant des doigts : je le savais, je l’ai mesuré en grandeur nature.  Peut-être aussi que cela aurait été trop facile pour moi de le faire d’un coup d’un seul aux côtés de Michel. Je rêve  donc toujours de traverser les mers australes, mais je sais que je suis jeune et que j’ai encore beaucoup de milles devant moi. Et j’ai surtout la chance d’avoir un beau projet pour le prochain Vendée Globe…  »
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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