La Barcelona World Race marquait le retour de Jean Le Cam en IMOCA, deux ans après son Vendée Globe brutalement interrompu. Malheureusement, le tour du monde en double a tourné court pour le skipper de Président et son co-équipier Bruno Garcia, victimes d’un démâtage après onze jours de mer. Le Roi Jean s’apprête cependant à rebondir et se concentre désormais sur son objectif principal : participer, pour la troisième fois, au Vendée Globe. Interview.
Jean, quels enseignements pouvez-vous tirer de votre (courte) participation à la Barcelona World Race ?
Jean Le Cam : « Il est difficile de faire un bilan après seulement dix jours de course. J’étais globalement satisfait des performances de Président. Nous avons connu une sortie de Méditerranée compliquée mais nous nous étions bien rattrapés par la suite. Même si le bateau était un peu moins rapide que les unités de nouvelles générations telles Virbac-Paprec 3 et Foncia, le bateau semblait se comporter correctement. Dans le petit temps, il évoluait à la même vitesse que Virbac-Paprec 3. Je pense que, globalement, les nouveaux bateaux ont un petit potentiel de vitesse en plus, notamment grâce à leur moindre poids. Humainement, le bilan de la Barcelona World Race est positif car nous nous sommes très bien entendus avec Bruno Garcia. Nous avons fait la préparation du projet à Port-la-Forêt puis en Espagne. C’était vraiment un co-skipper idéal. Dommage que l’aventure n’ait pas duré plus longtemps... »
Avec le recul, comment expliquez-vous ce démâtage survenu dans des conditions météorologiques pourtant maniables ?
J.L.C : « Honnêtement, je ne pense pas que nous trouverons les raisons de ce démâtage. Cela peut être dû à la rupture d’une pièce, au flambage du mât,... Ce type d’accident fait partie de notre métier, nous n’y pouvons hélas rien (NDLR : il s’agit du deuxième démâtage de ce bateau lors d’un tour du monde, après celui de Mike Golding lors du dernier Vendée Globe). »
La Barcelona World Race continue. Quel regard portez-vous sur le déroulé de la course ?
J.L.C : « Virbac-Paprec 3 avait pris une bonne avance sur le reste de la flotte depuis l’abandon de Foncia. Mais il faut rester prudent car il s’agit d’un tour du monde. La route est encore longue et tout peut donc encore arriver. Derrière Virbac et Mapfre, la lutte entre Estrella Damm et Groupe Bel (avant de devoir faire un stop) sera très intéressante à suivre car ces bateaux évoluent dans le même système météo et sont assez peu éloignés les uns des autres. »
Que vous inspire la bonne prestation des équipages espagnols ?
J.L.C : « Je pense que cette montée en puissance des Espagnols est très positive pour la classe IMOCA. Ils se sont beaucoup investis dans cette course et ils méritent d’être dans le match. Plus globalement, je pense que cette internationalisation, qui permet de sortir des courses franco-françaises, est une bonne chose pour le futur. »
Quel est votre programme pour les mois à venir ?
J.L.C : « le rapatriement du monocoque vers l’Angleterre est en cours. Je dois faire le point avec Président pour évoquer les suites éventuelles de notre partenariat et me consacrer dès à présent à la préparation du Vendée Globe qui reste l’objectif N°1 pour moi ! »
Quel délai vous fixez-vous pour relancer votre projet avec un partenaire ?
J.L.C : « Le plus vite possible serait bien entendu le mieux. J’aimerais prendre le départ de la Transat Jacques Vabre car c’est une bonne course de préparation. Mais ce n’est pas une condition indispensable : avec Bonduelle, nous avions mis le bateau à l’eau cinq mois avant le départ du Vendée Globe 2004-2005 (NDLR : Jean Le Cam avait terminé deuxième de l’épreuve, à moins de sept heures du vainqueur, Vincent Riou). »