Brit Air a annoncé récemment qu’il ne poursuivra pas son partenariat avec Armel Le Cléac’h. Ce dernier reste déterminé à participer au prochain Vendée Globe, son principal objectif dans les années à venir. Deuxième de l’édition 2008-2009, il cherche un nouveau soutien pour être au départ du prochain tour du monde en solitaire et sans escale, avec la légitime ambition de gagner. Interview.
Armel, comment avez-vous vécu la fin de votre partenariat avec Brit Air ?
Je n’ai pas été surpris car je connaissais la situation financière délicate de Brit Air depuis deux ans. La fin de ce partenariat était envisageable à l’issue de la saison 2010. L’entreprise a tout fait pour continuer mais le contexte économique actuel n’a pas facilité les choses.
Votre saison 2010 a pourtant été exceptionnelle, en IMOCA comme en Figaro…
C’était effectivement une belle saison avec des victoires en Figaro, dans la transat l’AG2R et la Solitaire du Figaro, puis une deuxième place dans la Route du Rhum en IMOCA. Brit Air a tenu compte de cet élément résultat, mais il y avait un choix difficile à faire. C’est avec regret que l’entreprise a dû se séparer du projet voile. Nous avons vécu cinq belles saisons ensemble et obtenu des résultats très satisfaisants, notamment dans le Vendée Globe 2008-2009. Nous gardons de bonnes relations et nous pourrons peut-être à nouveau travailler ensemble à l’avenir. Le bilan reste donc positif.
Où en êtes-vous dans votre recherche de sponsors pour le prochain Vendée Globe ?
J’ai commencé les démarches récemment, car j’attendais la décision finale de Brit Air. Désormais, une nouvelle course débute et le compte à rebours du Vendée Globe est lancé. J’ai envie d’être au départ de cette épreuve et pour cela il faut que je trouve un nouveau sponsor qui puisse me permettre de naviguer au plus vite et de participer aux courses prévues cette année. J’espère donc rebondir rapidement dans les semaines et les mois qui viennent.
Quel délai vous êtes-vous fixé pour trouver un nouveau partenaire ?
Pour ne pas prendre de retard dans la préparation du Vendée Globe, il faudrait que je sois présent au plus tard pour la Transat Jacques Vabre, qui sera le grand rendez-vous de la saison 2011 en IMOCA. J’aimerais donc trouver un nouveau partenaire avant l’été. Mon objectif est de rester sur le devant de la scène pour aborder le Vendée Globe dans les meilleures dispositions. Quand on veut se donner les moyens de remporter une telle course, il faut se préparer sérieusement et dans des conditions optimales. Arriver au dernier moment est souvent voué à l’échec.
Sur quel bateau pourriez-vous vous engager ?
Le délai ne permet plus de construire un bateau neuf. Je m’orienterai donc vers un bateau d’occasion. Mon ancien monocoque Brit Air sera à vendre ou à louer et il fera bien sûr partie des bateaux que je regarderai de très près. D’autres seront disponibles mais je ne suis pas le seul skipper à chercher... Ceux qui trouveront leurs sponsors rapidement auront forcément plus de choix. Lors de la Route du Rhum, nous avons vu que les bateaux d’ancienne génération peuvent tenir la dragée haute aux montures plus récentes. C’est encourageant car cela prouve qu’il n’y a pas forcément besoin de construire un bateau neuf pour remporter le prochain Vendée Globe.
On vous sent serein malgré tout
Cela fait malheureusement partie du métier et il faut savoir rebondir. Nous sommes soumis à des contrats avec des sponsors. Et ces derniers peuvent prendre fin malgré de bons résultats. Il faut maintenant que je regarde vers l’avenir. Je suis encore au début de ma carrière en IMOCA et je souhaite revenir sur l’eau rapidement. Grâce à l’expérience acquise depuis cinq ans sur le circuit IMOCA, j’estime avoir des ambitions pour le prochain Vendée Globe. Mais il faut d’abord trouver un sponsor…