Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron ont remporté la deuxième édition de la Barcelona World Race, le tour du monde en double au départ et à l’arrivée de la cité catalane. Une victoire qui récompense un duo expérimenté, soudé et complémentaire, auteur d’une course quasi-parfaite à bord de Virbac-Paprec 3. Un nouveau résultat de bon augure pour le Niçois, dans la perspective de sa participation au Vendée Globe, en novembre 2012.
Sauf avaries, les Espagnols de MAPFRE et de Renault Z.E devraient compléter le podium d’une épreuve notamment marquée par les abandons de quatre équipages très attendus : Président, Foncia, Groupe Bel et Mirabaud. Retour sur les moments-clés de ces trois mois de course.
En remportant ce lundi la Barcelona World Race, Jean-Pierre Dick réalise le doublé tandis que Loïck Peyron ajoute une nouvelle ligne à son palmarès déjà bien fourni. L’alchimie entre ces deux navigateurs chevronnés leur a permis de dominer la course quasiment de bout en bout malgré deux escales techniques, à Recife puis à Wellington. Mais la victoire n’a pas pour autant été simple, comme l’expliquait Jean-Pierre Dick la veille de l’arrivée de Virbac-Paprec 3 : « La compétition était plus âpre cette fois-ci (que lors de sa première victoire il y a trois ans, NDLR) avec un partenaire de jeu dès l'entame (Foncia). Puis, à partir de la Nouvelle-Zélande, nous nous sommes battus avec MAPFRE et ce jusqu'à la fin. Il n'y a eu que dans l'Indien où nous étions un petit peu isolés ».
Duel au sommet
Barcelone, 31 décembre 2010. Quatorze duos franchissent la ligne de départ de la Barcelona World Race. Très vite s’enclenche un superbe duel entre Virbac-Paprec 3 et Foncia, qui franchissent Gibraltar aux deux premières places. Le début de course est également marqué par l’abandon de Jean Le Cam et Bruno Garcia, consécutif au démâtage de Président. Devant, les tandems Dick/Peyron et Desjoyeaux/Gabart ne se quittent plus et font tous deux une escale technique à Recife, au Brésil. La lutte se poursuit jusqu’au démâtage de Foncia en Atlantique Sud, à quelques milles du cap de Bonne Espérance. Michel Desjoyeaux et François Gabart abandonnent, la mort dans l’âme. Virbac-Paprec 3 entame donc la traversée des mers du sud avec une avance confortable sur ses poursuivants, MAPFRE, Groupe Bel et Estrella Damm. Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron font cavalier seul dans l’océan Indien et franchissent le cap Leuwin en tête. Mais leur nouvelle escale technique à Wellington, en Nouvelle-Zélande, va relancer le suspense.
MAPFRE tient tête, Groupe Bel abandonne
Le pit-stop dure 48 heures et ils repartent avec seulement 128 milles d’avance sur Iker Martinez et Xabi Fernandez qui effectuent alors une formidable remontée à bord de MAPFRE, le bateau avec lequel Michel Desjoyeaux a remporté le dernier Vendée Globe. Très incisifs, les Espagnols grappillent des milles et sont tout prêt de prendre la tête de la course. Derrière, Estrella Damm et Groupe Bel font escale à Wellington. Une situation qui profite à Pachi Rivero et Pepe Ribes, qui s’emparent de la troisième place sur Renault Z.E. Toujours aux avant-postes, Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron reprennent leurs distances à l’approche du cap Horn, qu’ils passent en solide leader. A bord de Groupe Bel, Kito de Pavant et Sébastien Audigane le franchissent également, mais sont contraints à l'abandon à cause d’une avarie de quille. Kito de Pavant ne bouclera donc pas son premier tour du monde. « Cette décision est difficile à prendre car nous laissons le gros du parcours de cette Barcelona World Race derrière nous », confiera-t-il. Avant d’ajouter : « C’est évidemment frustrant car il ne restait plus que l’Atlantique et nous espérions vraiment continuer la bagarre pour accrocher le podium ».
Dick et Peyron contrôlent
Quelques jours plus tard, Mirabaud démâte peu après le passage du cap Horn. L’aventure est terminée pour Dominique Wavre et Michèle Paret, troisièmes de la première édition. Dans le même temps, Dick et Peyron continuent leur marche en avant sur l’Atlantique. Mais, englués dans un Pot au noir particulièrement actif, ils voient leur avance fondre sur Iker Martinez et Xabi Fernandez, peu ralentis dans la zone de convergence intertropicale. Mais les Français reprennent à nouveau de l’avance. Les deux équipages enclenchent le mode furtif au moment de contourner l’anticyclone des Açores, mais ce coup stratégique ne change pas la donne. Sauf casse, la victoire semble assurée pour Virbac-Paprec 3. Vent de face, mer cassante : la fin de course est toutefois éprouvante pour les leaders. Au passage de Gibraltar, le bateau rencontre les pires conditions depuis le début de la course. A ce coup de tabac mémorable succède un calme blanc : la Méditerranée fait honneur à sa réputation. Virbac-Paprec 3 a finalement franchi la ligne d’arrivée à 12h20 ce lundi, après 93 jours 22 heures et 20 minutes de mer.
La seconde place
Sauf coup de théâtre, MAPFRE devrait prendre la deuxième place mardi. Une belle performance pour cet équipage qui a su compenser son manque d’expérience par une détermination sans faille. Renault Z.E complétera sans doute le podium et confirmera ainsi la montée en puissance des navigateurs espagnols. Grâce à une stratégie judicieuse et maitrisée, Pachi Rivero et Pepe Ribes ont résisté aux assauts répétés d’Estrella Damm et de Neutrogena, respectivement quatrième et cinquième lundi. Après le demi-tour de Central Lechera Asturiana lundi matin, quatre duos sont encore en course : GAES Centros Auditivos, Hugo Boss, Forum Maritim Catala et We Are Water. Tous ont connu leur lot de difficultés. Seules Dee Caffari et Anna Corbella, à bord de GAES Centros Auditivos, n’ont pas fait escale. Distants les uns des autres, ces équipages n’ont désormais qu’un seul objectif : boucler leur tour du monde.