Marc Emig a un rêve : devenir le premier skipper marseillais à prendre le départ du Vendée Globe. Mais pour le réaliser, il doit trouver les partenaires prêts à le suivre dans cette aventure. Ce Figariste aguerri a donc lancé en janvier 2010 : « Marc Emig et moi », un projet aux couleurs de sa ville. En recherche active de financements, Marc Emig est prêt à défier l’Everest des mers et déterminé à ne pas rester à quai le 11 novembre 2012. Rencontre.
D’où vient votre rêve de tour du monde ?
M.E : « Le Vendée Globe est la course ultime. Voir les skippers le jour du départ et de l’arrivée et imaginer ce qu’ils vivent entre-temps pendant trois mois m’a donné envie de partir. Cette part d’inconnue m’attire, je veux vivre ces émotions. Le Vendée Globe est une course qui permet vraiment d’allier compétition et aventure. Il me manque une telle expérience pour finir ma carrière. Il est temps pour moi de participer au Vendée Globe : ce serait un aboutissement, une suite logique après presque dix ans de Figaro. J’ai envie d’évoluer avant qu’il ne soit trop tard et que je prenne ma retraite Je me sens mieux sur les courses au large plus hauturières, comme les transats en solo, que sur la Solitaire du Figaro par exemple. Je pense donc être capable de faire un tour du monde et de prendre beaucoup de plaisir. »
Parlez-nous de votre projet « Marc Emig et moi »…
Marc Emig : « Nous avons lancé ce projet en partant du constat qu’aucun Marseillais n’avait pris le départ du Vendée Globe. Pour me démarquer des autres candidats au Vendée Globe, il fallait que je mette en avant certains atouts. N’ayant jamais participé à un tour du monde, j’ai proposé ce projet singulier, aux couleurs de Marseille, pour attirer des partenaires. Nous avons souhaité intégrer les acteurs locaux, collectivités, particuliers et entreprises dans l’aventure. L’arrivée de The Race en 2001 a montré que le public marseillais pouvait se mobiliser pour la voile. Marseille sera par ailleurs capitale européenne de la culture en 2013, l'année d’arrivée du Vendée Globe. S’il aboutit, notre projet s’inscrira donc dans ce contexte et nous pourrons continuer à le faire vivre après l’arrivée. »
Où en est votre recherche de partenaires ?
M.E : « Nous sommes dans la phase des prises de contacts. Le projet suscite de l’engouement mais trouver des partenaires privés est difficile. Nous avons essuyé pas mal de refus mais à ce jour nous suivons deux pistes intéressantes. Malheureusement, ces partenaires éventuels ne peuvent pas nous donner une réponse rapidement. Leur timing ne correspond pas forcément au notre »
Quelle est votre échéance...
M.E : « Notre projet devra être ficelé au plus tard en septembre ou en octobre. Ce délai me permettrait de m’entrainer au mieux avant le Vendée Globe. Je ne partirai pas autour du monde sans connaitre un minimum mon bateau. En fonction de l’évolution de nos contacts, nous verrons si nous envisageons une réorientation du projet vers 2016 ou si maintenons notre candidature pour 2012. Aujourd’hui, tout reste possible pour être au départ en 2012 ! En parallèle, je continue à naviguer en Figaro. Je serai au départ de la Generali Solo en juin en Méditerranée puis de la Solitaire du Figaro en août. Je travaille aussi sur un projet d’équipage franco-chinois sur le Tour de France à la Voile. »
Vous êtes peu connu du grand public. Est-ce un handicap dans la recherche de sponsors ?
M.E : « Etre connu du grand public est forcément un atout supplémentaire pour attirer des sponsors. Le problème, c’est qu’un skipper devient souvent célèbre après avoir participé au Vendée Globe. Ou alors il faut passer par des séries où la médiatisation est moins importante. Il est donc difficile de faire son trou médiatiquement. Ceci dit, j’ai la chance d’être le seul candidat sur Marseille et je suis suffisamment connu ici pour prétendre faire quelque chose d’intéressant. De plus, lors des rendez-vous avec les partenaires, on me parle davantage de l’aspect financier que de mon absence de notoriété ».
Quel est votre expérience en 60 pieds IMOCA ?
M.E : « Elle est assez faible même si j’ai navigué avec Marc Thiercelin sur DCNS, lors de l’Istanbul Europa Race 2009. Je donc peux difficilement avoir un projet qui rivalise avec d’autres skippers ayant déjà participé au Vendée Globe. J’ai en revanche beaucoup navigué en équipage sur de gros bateaux, notamment sur le circuit Orma (NDLR : comme tacticien, à bord de Sergio Tacchini). »
Quel bateau pourriez-vous acheter en vue du Vendée Globe ?
M.E : « Nous avions mis une option d’achat sur le Foncia de Michel Desjoyeaux (NDLR : finalement racheté par Banque Populaire pour Armel Le Cléac’h). Nous sommes désormais intéressés par le deuxième bateau de Michel, qui a navigué sous les couleurs de MAPFRE lors de la Barcelona World Race et prouvé une nouvelle fois qu’il était performant. Nous restons pour le moment sur cette option. Je pense de toute façon que les bateaux ne vont pas manquer pour l’édition 2012. Mais il faut trouver le budget… »
Quel sera votre ambition si vous parvenez à prendre le départ ?
M.E : « Il me faudra un bateau suffisamment rapide et abouti pour avoir des chances de faire un bon résultat. Mais je reste lucide car je n’ai jamais fait de tour du monde et ma plus longue navigation en solitaire n’a duré que 28 jours d’affilée. Si je trouve un partenaire, je n’aurai donc pas d’autres prétentions que de bien me préparer et de terminer la course ».