Vendée Globe

Jérémie Beyou dans les starting-blocks pour 2012

Jérémie Beyou dans les starting-blocks pour 2012
© Gilles Martin-Raget / Delta Dore
Le 12 mai 2011

Jérémie Beyou se sent prêt à repartir à la conquête du Vendée Globe. Et pour cause, depuis son abandon en 2008, ce marin polyvalent a multiplié les expériences au plus haut niveau, que ce soit en 60 pieds IMOCA, sur le circuit Figaro ou à bord du maxi trimaran Banque Populaire V. De quoi parfaire sa préparation en vue d’une deuxième circumnavigation en solitaire, son principal objectif à terme. Disposant par ailleurs d’une infrastructure et d’une équipe opérationnelles, Jérémie doit toutefois trouver des partenaires prêts à le suivre autour du monde. Rencontre avec un skipper déterminé et ambitieux.

Pourquoi voulez-vous repartir en 2012 ?
Jérémie Beyou : « Lors de ma première participation en 2008, j’ai dû m’arrêter plus tôt que prévu. Je n’imaginais pas rester sur ce souvenir car j’aime les choses bien faites et bien terminées. Je me suis par ailleurs senti à l’aise dans cette course et j’étais dans le coup avant de casser. Cela donne forcément envie de repartir. Si je ne suis pas au départ en 2012 et que je regarde les autres sur internet pendant trois mois, je sens que je vais m’arracher les cheveux ! »

Quelles sont selon-vous les qualités essentielles pour remporter une telle course ?
J.B : « Il faut bien sûr être à l’aise en solitaire, quel que soit le support. C’est pourquoi les Figaristes, une fois assimilées les spécificités des 60 pieds IMOCA, sont généralement performants. Le solitaire est un exercice particulier et complexe car il y a énormément d’aspects à gérer. On peut être le meilleur à son poste en équipage et éprouver des difficultés sur une course comme le Vendée Globe. Pour espérer occuper les premières places, il faut aussi une grosse dose de motivation car cette course demande beaucoup d’investissement. Le talent ne suffit pas s’il n’y pas l’envie. Il faut enfin un petit peu de chance. Je pense que le mélange de ces trois critères conditionne le résultat. »

Quel sera votre programme dans les mois à venir ?
J.B : « Je serai au départ de la Solitaire du Figaro cet été. Le Figaro est un support difficile, parfois ingrat, mais qui permet de se frotter aux meilleurs et donc de progresser. Ce sera une expérience cohérente en vue du Vendée Globe. L’objectif est de me recentrer sur le solitaire après mes navigations en équipage à bord du maxi trimaran Banque Populaire V sur le Trophée Jules Verne. Autrement, je vais bien sûr continuer à naviguer en IMOCA pour ne pas perdre mes réflexes. »

Vous pensez avoir les moyens de jouer les tous premiers rôles en 2012 ?
J.B : « Quelle que soit la course à laquelle je participe, mon objectif est toujours de me battre pour les premières places. L’idée est donc de monter un projet pour finir dans le top 5 du prochain Vendée Globe. Mais aujourd’hui, je n’ai ni bateau ni sponsor. Contrairement à la dernière édition, ce sera donc un projet de dernière minute et il faudra faire des choix intelligents. Si je ne trouve pas le sponsor ou le bateau à la hauteur de cette ambition à temps, je ne prendrai pas le départ. »

Quelle est la date butoir pour finaliser votre projet ?
J.B : « Pour l’instant, il reste encore des bateaux de dernière génération performants sur le marché. J’en ai ciblé deux ou trois que je pense capables de boucler un tour du monde en bonne place. S’ils restent disponibles, nous pourrons nous permettre d’attendre encore un peu. L’objectif étant toutefois de participer à la Transat Anglaise (qui aura lieu en mai 2012, ndlr). Je me fixe donc février 2012 comme date butoir. »

En quoi les recherches de partenaires sont-elles difficiles actuellement ?
J.B : « Le Vendée Globe fait saliver les partenaires potentiels mais nous subissons encore les conséquences de la crise. Même si les choses s’arrangent, les entreprises sont encore prudentes et ont du mal à s’engager sur le long terme. C’est ce qui est compliqué en ce moment. Mais il reste de belles opportunités pour des sponsors qui se déclareraient même tardivement. Le départ approche et il faut désormais être capable de réduire les coûts. C’est pourquoi nous essayons de montrer que notre projet est cohérent et ambitieux ».

Justement, quelles sont les grandes lignes de ce projet ?
J.B : « Notre idée est de proposer un package complet. Nous considérons que c’est au coureur et à son équipe technique d’assumer l’entière responsabilité du bateau, pas aux sponsors. Nous pensons que ce parti pris facilitera l’entrée des partenaires et permettra aussi de favoriser le multi partenariat. Il est en effet plus compliqué de démarcher de nouveaux sponsors si un premier partenaire est déjà propriétaire du bateau. Nous privilégions le multi partenariat car il permet de réduire les budgets d’investissement et donc de rendre le ticket d’entrée plus accessible. En contrepartie, les retombées médiatiques et communicationnelles peuvent être exceptionnelles. »

Vous étiez pressenti pour devenir skipper du monocoque Banque Populaire pour le prochain Vendée Globe. Votre réaction à la nomination d’Armel Le Cléac’h ?
J.B : « C’est un très bon projet, lancé dans timing idéal. Armel a beaucoup de chance d’avoir été choisi. Il le mérite car c’est un marin talentueux. L’éventualité d’être le skipper de ce bateau me motivait beaucoup, d’autant que j’étais déjà dans l’équipe de Banque Populaire. Mais cela n’a pas abouti et il faut rebondir malgré la déception. J’essaye de positiver et de me dire que si l’on a pensé à moi pour ce projet, d’autres sponsors peuvent être intéressés. J’ai la chance d’avoir des partenaires qui me permettent de faire du Figaro, d’avoir d’autres projets en multi et en IMOCA. Je peux donc continuer à naviguer au plus haut niveau. »

Vous restez donc confiant…
J.B : « Oui car on ne s’est jamais arrêté de travailler depuis le dernier Vendée Globe. L’équipe existe toujours, notre savoir-faire est intact et nous disposons d’une grande base technique à Lorient. Nous sommes donc prêts à appuyer sur le bouton. Il nous manque juste un premier partenaire qui nous permettrait d’avoir un bateau et d’enclencher la machine. »

 

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