Contraint à l’abandon lors de la Barcelona World Race, Dominique Wavre tire pourtant, avec le recul, un bilan positif de cette nouvelle expérience autour du monde. Et se projette désormais vers la Transat Jacques Vabre, prochain grand rendez-vous et étape essentielle dans sa préparation pour le Vendée Globe 2012. Rencontre.
Quel bilan tirez-vous de la Barcelona World Race, qui s’est soldée par un abandon sur démâtage dans la remontée de l’Atlantique sud ?
Dominique Wavre : « L’abandon est survenu aux trois-quarts de la course alors que les grosses difficultés étaient derrière nous. C’est forcément frustrant. D’un autre côté, c’était une belle course et j’apprécie toujours autant de naviguer avec Michèle (Paret, ndlr). Avec un peu de recul, le bilan est globalement satisfaisant. Le bateau marchait bien en Méditerranée et dans la descente de l’Atlantique. Après nous avons quelques soucis qui nous ont fait perdre du terrain. C’est dommage car il y avait un sacré niveau et c’était une course passionnante pour nous. Plus globalement, je suis satisfait que l’IMOCA ait aligné un si beau plateau au départ d’une telle course. C’est intéressant d’inscrire cette course en alternance tous les deux ans avec le Vendée Globe car les manières de faire sont très différentes.»
Comment jugez les performances de votre bateau, largement optimisé depuis le dernier Vendée Globe ?
D.W : « Avant ce chantier, le bateau était moins à l’aise à certaines allures. Les travaux réalisés ont permis de le rendre plus polyvalent. En dehors du démâtage, le bateau a globalement fait preuve de sa solidité et de sa fiabilité. Mais les bateaux plus récents m’ont impressionné : ils étaient extrêmement bien menés par les équipages et arrivaient à tenir des vitesses moyennes étonnantes, en particulier au largue.»
Les skippers étrangers ont brillé sur ce tour du monde en double. Que vous inspirent ces bonnes performances ?
D.W : « L’internationalisation de la classe IMOCA n’est pas une vue de l’esprit, c’est une réalité y compris au plus haut niveau. Cela me fait très plaisir car on se bagarre depuis longtemps pour que la classe attirent des grands sponsors internationaux et des coureurs venus de tous les milieux maritimes – y compris des transfuges de la Volvo et de l’America’s Cup. Le solitaire est une tradition plutôt française, alors que l’équipage est plus anglo-saxon. En double, ils perdent leur timidité par rapport à la manipulation de ces bateaux et nous avons vu qu’ils s’en sortent très bien. La confrontation en est d’autant plus intéressante. »
Vous prendrez le départ de votre quatrième Vendée Globe en 2012. Qu’est-ce qui vous attire dans cette course ?
D.W : « Les tours du monde m’ont toujours plu. La fascination pour les mers du sud explique en partie ma motivation à faire des tours du monde et le Vendée Globe en particulier. J’adore aller vite dans la brise du grand sud. Plus globalement, je prends énormément de plaisir à être en mer. Cela fait partie des temps forts de mon existence. »
En attendant le Vendée Globe, vous serez au départ de la Transat Jacques Vabre cet automne. Une course contre la montre s’engage pour être prêt à temps…
D.W : « Le temps de préparation et de mise au point sera effectivement très court car nous recevrons notre nouveau mât fin août-début septembre. Nous ne naviguerons donc pas avant mi-septembre et il faudra partir rapidement en convoyage vers Le Havre pour prendre le départ de la Transat Jacques Vabre (qui sera donné le 30 octobre, ndlr). Le compte à rebours est lancé ! »
Vous vous êtes relancé rapidement avec un nouveau partenaire, Mirabaud. C’est une chance en termes de préparation et d’optimisation des performances…
D.W : « C’est extrêmement précieux. Avoir un sponsor sur le long terme permet de préparer un programme sereinement, de faire des perfectionnements techniques sur la durée. Nous avons effectivement eu de la chance de trouver Mirabaud au bon moment, malgré les circonstances économiques difficiles. Ils ont raisonné sur le long terme et compris qu’il faut prendre et continuer à avancer même en temps de crise. En France, un certain nombre de grandes entreprises sont déjà impliquées dans le sponsoring voile. Le parc de sponsors disponible est donc bien exploité. C’est pourquoi des régatiers méritants ne trouvent pas encore de partenaires.»