Vendée Globe

Le grand défi de François Gabart

Le grand défi de François Gabart
© DR
Le 18 juin 2011

L’étoile montante de la série Figaro Bénéteau ne s’en était jamais cachée. Aux chapitres de ses rêves de compétition, le Vendée Globe figurait en très bonne place. Il n’avait peut-être pas imaginé que le temps de mettre ses pas dans ceux de Titouan Lamazou, Alain Gautier ou Michel Desjoyeaux viendrait si vite.

Pour le nouveau skipper du 60’ IMOCA Macif, sa participation au Vendée Globe 2012 s’est révélée au fil du temps comme une évidence. Embarqué en 2008 sur le circuit Figaro Bénéteau par l’intermédiaire de la filière de sélection Espoir Région Bretagne, il a récidivé deux ans plus tard avec la sélection du skipper Macif 2010-2011. C’est ici qu’il a appris à travailler avec le groupe mutualiste et que très vite, la perspective, jusque là hypothétique, d’un Vendée Globe s’est concrétisée avec la décision de mettre en chantier un bateau neuf. Interview d’un jeune homme pressé mais vigilant.

Un projet Vendée Globe après trois saisons en Figaro, la marche est haute ?
« C’est vrai que je ne m’étais pas donné l’objectif d’être présent au départ de l’édition 2012, mais plutôt en 2016… Ensuite, c’est clair que la qualité des relations réciproques que j’ai pu entretenir avec la Macif a fait que l’idée de participer en 2012 s’est faite jour. On avait envie de continuer à travailler ensemble, le projet skipper Macif s’arrêtait pour moi à la fin de 2011. On a donc un peu accéléré les choses pour être à même de continuer notre collaboration… »

Est-ce que vous vous êtes fixés des objectifs pour cette édition ?
« On est tous des compétiteurs. Donc on part tous, au départ d’une course, avec l’envie de gagner. Maintenant, il existe ensuite des éléments objectifs qui font que tu auras les moyens ou non d’y parvenir : le bateau dont tu disposes, le temps de préparation, l’expérience de ce type d’exercice. Après, il y a d’autres éléments qui entrent en ligne de compte : une bonne inspiration, une conjoncture favorable, une part de chance aussi. Donc, on part avec l’objectif de faire au mieux. Mais ce n’est pas la peine de se rajouter une pression supplémentaire en chiffrant des objectifs. »

Un petit point sur le planning d’ici octobre 2012 ?
« Dans l’immédiat, l’urgence, c’est de terminer la construction du bateau. Macif devrait être mis à l’eau courant du mois d’août. Suivra alors une période intense de mise au point et d’entraînement pour la Transat Jacques Vabre, mais aussi pour la course retour qui servira de qualification pour le Vendée Globe puisqu’elle se courra en solitaire. »

La Transat Jacques Vabre, c’est donc la première échéance. Avec comme coéquipier, Sébastien Col…
« On se connaît, on s’apprécie humainement et de nos expériences de navigations communes, on garde chacun un excellent souvenir. Et puis, je connais ses qualités de metteur au point, je sais toute l’expérience qu’il a acquise sur l’America’s Cup. Je pense que l’avoir à bord pendant la Transat Jacques Vabre, mais aussi dans la phase de préparation du bateau peut se révéler un atout majeur pour la suite du projet. »

De fait, le projet Macif est fortement lié à l’écurie Mer Agitée de Michel Desjoyeaux ?
« Avec Michel, on a de très bonnes relations. J’ai adoré naviguer avec lui sur la Barcelona World Race, même si ça n’a pas duré autant qu’on aurait voulu. C’est vrai que sans son appui, je ne sais pas si je me serais lancé dans l’aventure de construire un bateau neuf. Là, je sais que je peux bénéficier de toute son expertise… C’est un atout de taille. »

Pourquoi, quand on dispose d’un diplôme d’ingénieur, décide-t-on de faire coureur au large ?
« Il y a des choses de l’enfance qui marquent. Pour moi, j’ai toujours le souvenir de cette année sabbatique qu’avait prise ma famille pour partir naviguer ; j’avais sept ans. C’est peut-être là que j’ai appris qu’il fallait aussi savoir prendre des risques pour aller au bout de ses rêves. J’aurais pu effectivement suivre un plan de carrière qui semblait tracé, mais je sais qu’au fond de moi, j’aurais gardé la frustration de n’avoir pas osé  tenter de faire le parcours que je fais actuellement. »

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