Le Chacal est de retour sur l’eau ! Après un début d’année mouvementé, marqué par l’arrêt de son partenariat avec Brit Air puis son engagement avec Banque Populaire, Armel Le Cléac’h vient d’effectuer ses premières navigations à bord de son nouveau 60 pieds, l’ex Foncia de Michel Desjoyeaux, remis à l’eau le 28 juin dernier à Lorient. Impatient d’en découdre, prudent mais ambitieux, Armel se présentera sur la ligne de départ de son deuxième Vendée Globe avec un unique objectif : faire mieux qu’en 2008, c’est-à-dire gagner. Rencontre.
« Il était temps que je navigue à nouveau car rester à terre commençait à devenir pesant ! ». Armel Le Cléac’h n’en fait pas mystère, la vie en mer lui manquait. C’est donc un homme heureux qui enchaine les navigations d’essai et de validation technique à bord de Banque Populaire. D’autant que les premières sensations sont plutôt bonnes : « Le bateau a du potentiel et même s’il présente quelques différences par rapport à Brit Air – notamment en termes de plan de pont et d’aménagement – je me sens déjà à l’aise ». Prudent, Armel ne souhaite toutefois pas brûler les étapes et prévoit une prise en main progressive. Il ne tire donc pas de conclusions trop hâtives quant aux performances de sa nouvelle monture. « Je vais faire deux transatlantiques en fin d’année, une en double sur la Transat Jacques Vabre (avec Christopher Pratt, ndlr) et une en solitaire pour revenir vers Lorient. Si tout se passe bien, nous devrions alors pouvoir dresser un véritable bilan et voir où nous nous situons à moins d’un an du Vendée Globe ».
Le Vendée Globe, objectif ultime
Le Vendée Globe. Une course qui revient souvent dans les propos d’Armel. Et pour cause, c’est bien cette échéance qu’il vise en priorité. Il mettra donc tout en œuvre pour se présenter dans des conditions optimales le Jour J. « Tous les éléments sont réunis pour briller en 2012. J’ai un bon bateau, un sponsor impliqué et une belle équipe. De plus, le timing est idéal pour naviguer un maximum et participer à toutes les courses inscrites au calendrier de l’IMOCA. Cela me permettra donc de tester et de fiabiliser le bateau dans toutes les conditions ». Un atout majeur lorsqu’on connait l’implication que demande une épreuve comme le Vendée Globe. « Je ne serais pas parti si je n’avais pas trouvé un sponsor relativement tôt » avoue d’ailleurs Armel. Pour optimiser les performances de Banque Populaire, le skipper s’est concocté un programme chargé. En août, il sera au départ de l’Artemis Challenge puis de la Fastnet Race, qu’il disputera en double aux côtés de Christopher Pratt. Puis, le 30 octobre, les deux hommes s’aligneront sur la Transat Jacques Vabre. L’année prochaine, Armel participera notamment au Tour de l’Europe en équipage. De quoi étoffer un palmarès déjà conséquent, en attendant le 10 novembre 2012…
« Etre encore meilleur »
Lorsqu’on lui demande son objectif sur le tour du monde en solitaire et sans escale, Armel n’hésite pas une seconde : « Faire mieux que lors de ma première participation ! ». Il avait terminé deuxième… L’homme est ambitieux, mais conscient que la concurrence sera redoutable. « A ce jour, tous les prétendants peuvent gagner et il est très difficile de dégager un favori, même si Jean-Pierre Dick, qui a remporté la dernière grande course du circuit, semble pour l’instant en avance. Mais d’ici là, tout peut changer et nous aurons une vision bien plus précise des forces en présence dans un an ». Quoi qu’il en soit, Armel Le Cléac’h sera forcément rangé dans la catégorie des ultra-favoris. Un statut pesant ? « Stimulant, plutôt » rétorque-t-il. Avant d’ajouter : « C’est évident que l’on va davantage parler de moi avant le départ. Mais j’ai déjà dû assumer ce statut de favori sur le circuit Figaro et cela m’a plutôt réussi ». S’il ne bénéficiera pas de l’effet de surprise, il compte bien profiter des connaissances acquises lors de l’édition 2008 pour briller à nouveau sur l’Everest des mers. « J’ai désormais l’expérience d’un tour du monde et je connais les difficultés inhérentes à ce parcours. Je partirai donc moins dans l’inconnu. C’est forcément un plus et je compte bien m’en servir pour être encore meilleur en 2012 ». Armel Le Cléac’h vise donc haut, très haut. Et à juste titre. Car ce redoutable compétiteur, connu pour sa volonté sans faille, a clairement les moyens de ses ambitions.