Le compte à rebours est lancé. À un peu plus d’un an de l’échéance de départ du tour du monde en solitaire et sans escale, la douzaine de skippers déjà sur les rangs pour rejoindre les Sables d’Olonne à l’automne 2012, fourbit autant ses armes à l’ombre des chantiers qu’elle affûte ses montures, sur l’eau. Mise au point, menus et grands travaux, préparation et stages d’entraînement en vue de la Transat Jacques Vabre composent les programmes de cette dernière saison avant le prochain Vendée Globe. Après un été bien chargé, c’est la rentrée de la Classe IMOCA.
Mais que font les skippers du Vendée Globe à un an et deux mois de l’échéance vers laquelle ils convergent tous ? Ils réparent, ils peaufinent, ils fiabilisent, et ils naviguent bien sûr ! « Notre objectif pour le Vendée Globe est de faire un bateau le plus fiable et le plus validé possible. Cette discipline est compliquée, c’est difficile de faire des longues distances avec des bateaux de compétition extrêmes et rapides. C’est une équation complexe à résoudre, mais nous nous donnons les moyens de progresser », explique Kito de Pavant (Groupe Bel) qui, à l’instar de ses camarades de Classe, n’a pas fini de travailler sa copie. Le skipper méditerranéen a ainsi navigué dans un fort mistral une bonne partie de l’été aux côtés de Yann Régniau, son co-skipper sur la Transat Jacques Vabre, avant de poursuivre par un rapide chantier, pour notamment modifier le roof et équiper son compagnon de route d’une meilleure protection pour le barreur.
Chantiers d’été
Même topo pour Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat), engagé dans la mise au point de son nouveau bateau aux lignes puissantes. Après de premières navigations-tests en convoyage et dans le vif de la compétition (Artemis Challenge et Fastnet Race), les travaux de l’été se sont poursuivis hors de l’eau, avec l’objectif d’apporter un peu plus de confort à son coursier océanique. « La mise au point d’un bateau neuf et pointu, c’est toujours assez compliqué. Depuis sa mise à l’eau, j’apprends à vérifier que les certitudes théoriques qui ont guidé sa conception et sa construction étaient les bonnes. Je suis rassuré, il marche très bien et affiche les performances escomptées, même s’il nécessite qu’on améliore un peu le confort à bord, tout en gommant quelques problèmes de jeunesse », détaille le skipper suisse dont le bateau vient, comme celui d’Armel Le Cléac’h (Banque Populaire), de retrouver l’élément liquide. Rappelons que ce dernier avait dû improviser un chantier express pour réparer une fissure apparue cet été dans la coque.
Programme de rentrée et examen grandeur nature
Du côté du dernier-né de la Classe, la rentrée sonne l’heure de se jeter à l’eau. Au propre comme au figuré, puisque François Gabart (Macif) a goûté aux saveurs d’une première navigation, le temps de s’acquitter avec Sébastien Col des 850 milles qualificatifs pour la Transat Jacques Vabre. Quant à Dominique Wavre (Mirabaud), il a désormais rejoint La Rochelle où son monocoque vient d’être mis à l’eau pour recevoir son nouvel espar, suite à son démâtage sur le tour du monde en double. Place dès la fin de la semaine aux premières sorties en mer, dans la perspective de la prochaine compétition inscrite au programme de la série. Tous d’ailleurs - de Vincent Riou (PRB) qui a cumulé les victoires cet été outre-Manche, à Marc Guillemot (Safran) ou encore Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec 3) et Arnaud Boissières (Akena Vérandas), en passant par les skippers britanniques Alex Thomson (Hugo Boss) et Mike Golding (Gamesa), focalisent désormais leur objectif sportif sur ce prochain rendez-vous de l’automne. En duo sur un parcours de 4 730 milles à destination du Costa Rica, cette transatlantique fait en effet figure d’examen grandeur nature... La plupart d’entre eux ont d’ailleurs d’ores et déjà rejoint le Pôle France Course au Large de Port-La Forêt, où se tient à partir d’aujourd’hui (mardi 13 septembre) le premier d’une série de trois stages d’entraînement. Preuve s’il en est que les choses sérieuses ont bel et bien commencé : on l’a dit, c’est la rentrée !