Pour la première fois, un bateau du Vendée Globe va bénéficier d'une quille fabriquée en titane, dans le but d'améliorer fiabilité et performance hydrodynamique. En mettant à disposition ses moyens techniques et humains, le Groupe Safran innove à nouveau sur le monocoque à bord duquel Marc Guillemot prendra le départ du prochain Vendée Globe, le 10 novembre 2012.
Depuis la perte de sa quille (N°2) durant le Vendée Globe 2008-2009, Safran naviguait avec sa quille d'origine, qu'il devenait nécessaire de changer. Trois matériaux (acier, carbone, titane) ont alors été étudiés, en tenant compte des trois indicateurs habituels : fiabilité, coût, performance. "Très vite le titane est apparu comme la meilleure solution, d'autant que nous avions un bloc disponible chez Messier-Bugatti-Dowty", explique Jean-Marie de La Porte, chef de projet. "On connaît bien le titane dans le Groupe, puisqu'il est utilisé en aéronautique pour les trains d'atterrissage, les aubes et carters de moteurs. Des experts du groupe Safran sont intervenus, comme Jean-Michel de Monicault (Snecma) qui a suivi le projet d'un point de vue technique et Sandra Andrieu (Messier-Bugatti-Dowty) qui a apporté son savoir-faire dans la connaissance de ce matériau". Le bulbe de quille en plomb a été fixé mécaniquement et collé au voile de quille en titane. Guillaume Verdier, architecte du bateau : "comme toujours, nous avons conjugué de nombreux critères et ratios avant d'opter pour ce titane aéronautique. Il a surtout fallu bien considérer les qualités du matériau et penser la façon de le travailler. Par exemple, aux méthodes de soudure par des machines qui bombardent des faisceaux d'électrons. Ensuite, cette quille creuse nous a permis d’abaisser encore le centre de gravité." Parmi les critères qu'évoque l'architecte, il en est un majeur pour Marc Guillemot : "Pour moi, la priorité des priorités c'est la fiabilité ! C'est pour cela que nous avons fait cette nouvelle quille en titane. Ensuite, mais seulement ensuite, nous avons évidemment cherché avec Guillaume Verdier à améliorer la performance hydrodynamique, la traînée du bulbe et donc à descendre encore un peu le centre de gravité. C’est ce que nous cherchons tous sur nos monocoques car, pour résumer, plus on met le poids en bas et plus on gagne en performance et en puissance. Si on pouvait, on mettrait du poids sous la quille..."