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Dominique Wavre, Mirabaud, septième du Vendée Globe 2012-2013

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© OLIVIER BLANCHET / DPPI / Vendée Globe

Le tonton flingueur est bien aimable

 

En bouclant son troisième Vendée Globe en quatre participations, Dominique Wavre ajoute un huitième tour du monde en dix tentatives à son palmarès. Un bilan impressionnant pour le navigateur suisse qui aura démontré une fois de plus que l’on peut être compétiteur de haut niveau et rester d’une courtoisie et d’un fair-play impeccables.

 

La cellule familiale en pivot

Dominique Wavre n’a pas dérogé à la règle qui est la sienne depuis des années. Avec l’aide de sa compagne Michèle Paret et de la fille de celle-ci Magali, il monte ses projets en famille. Michèle, compétitrice dans l’âme l’accompagne sur chacune de ses courses en double, quand Magali gère les aspects logistiques. Etabli à La Rochelle la plupart du temps, Dominique veille toujours à préparer ses projets avec beaucoup de méticulosité. Le navigateur suisse a, comme Jean Le Cam, choisi de préparer son Vendée Globe sans trop aller se confronter aux autres IMOCA. Une philosophie qui lui a permis d’aborder cette édition 2012-2013 sans trop de pression vis à vis de la concurrence des bateaux de dernière génération.

 

Chacun son rythme

Dès le début de la course, Dominique Wavre a dû accepter de laisser partir par devant les prototypes de dernière génération qui, aux allures de reaching modéré, bénéficient d’un potentiel de vitesse supérieur. Les conditions météo de ce début de course favorisent les hommes de tête qui creusent rapidement l’écart. Très vite, Dominique se trouve au sein d’un groupe de chasse aux côtés de Mike Golding et Jean Le Cam. Devant eux la cavalerie légère des leaders mène la danse jusqu'au pot au noir qui se révèle difficile pour tout le groupe de tête.

 

Naissance des tontons

Le groupe des quinquas profite de ce regroupement pour revenir à une centaine de milles des cinq premiers que seul Alex Thomson parvient à titiller sur une unité datant de 2007. Ce trio groupé des cinquantenaires provoquera l’amusement de Dominique qui, l’affublera du surnom lié au titre du film d’Audiard. Le groupe des tontons flingueurs va naviguer au contact, jusqu’au large de la Tasmanie où Jean Le Cam prendra la poudre d’escampette. Mais cette navigation collés serrés va donner lieu à quelques scènes cocasses comme cette rencontre avec Jean Le Cam où les deux concurrents naviguent à moins d’une encablure l’un de l’autre. Chacun immortalisera la scène de vidéos à regarder en miroir.

 

Onzième cap Horn

Franchir le « cap dur » ne peut pas être anodin. Auparavant, il faut franchir l’obstacle des mers du Sud. Ces mers, symbole de liberté et d’espaces sauvages, Dominique a du mal à les voir se civiliser sous l’effet des portes des glaces. S’il n’en conteste pas l’intérêt pour des questions de sécurité, il n’aime pas la navigation séquencée que la répétition des passages obligés impose. D’autant que plusieurs fois, derrière les leaders, les poursuivants se trouvent englués dans des dorsales anticycloniques qui les freinent. Politesse helvétique oblige, il ne haussera jamais le ton plus que nécessaire, mais on sent bien que cette multiplication des obstacles n’est pas vraiment sa tasse de thé. Malgré tout, son dixième cap Horn est fêté avec les égards dus à l’événement.

 

Le purgatoire atlantique

Usuellement, le passage du cap Horn est une délivrance. Mais Dominique Wavre est trop fin renard pour ne pas savoir qu’il reste encore trois à quatre semaines de course avant de rallier les Sables d’Olonne et que ces derniers milles sont parfois compliquées. Et pourtant, jamais Dominique Wavre n’aura connu une remontée de l’Atlantique Sud aussi pénible. Vents contraires et erratiques, fichiers météo en total décalage avec la réalité, mer casse bateau. Comme tous ses compagnons d’infortune, Jean Le Cam, Javier Sanso, Arnaud Boissières, Mike Golding, le Suisse souffre. Mais il encaisse sans broncher, sachant que c’est aussi ces moments difficiles qui font que l’on apprécie encore les autres. En terminant à la septième place de cette édition 2012-2013, il boucle ainsi son quatrième Vendée Globe. Qui sait si ce diable d’homme n’est pas capable de nous en proposer un autre dans quatre ans ?

 

PFB

 

Points de repères

- Plus grande distance parcourue en 24 heures :

- Les Sables – équateur : 11j 20h 43mn (record détenu par Jean Le Cam en 2004-2005 en 10j 11h 28mn)

- Equateur – Bonne Espérance : 12j 17h 10mn (record JP Dick 12j02h40mn)

- Bonne Espérance – Cap Leeuwin : 14j 20h 50mn (record F Gabart 11j 06h 40mn)

- Cap Leeuwin – Cap Horn : 20j 11h 33mn (record F Gabart 17j 18h 35 mn)

- Cap Horn – équateur : 16j 21h 26mn (record F Gabart 13j 19h 28mn)

- Equateur – Les Sables d’Olonne : 13j 07h 32mn 05s

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