Actualité

Le Cléac’h contrôle

Armel Le Cléac'h - Banque populaire VIII
© Y.Zedda

A la fin du 65e jour de course, 400 milles dans le Sud-Ouest de l’archipel du Cap Vert, l’horizon se dégage pour les deux premiers du Vendée Globe, sortis du pot au noir. Ce matin, tous deux naviguent dans un vent de secteur Est certes léger mais plutôt régulier et pour le moment plus favorable à Armel Le Cléac’h qu’à Alex Thomson. Banque Populaire VIII a marché à 12,1 nœuds de moyenne cette nuit, contre 10,1 nœuds pour Hugo Boss. Au pointage de 5h, Armel Le Cléac’h possède 91 milles d’avance, contre 68 voilà 24 heures. Tous deux sont tribord amures et évoluent exactement à la même longitude : 29°57 Ouest. Autrement dit Hugo Boss n’a d’autre choix pour le moment que se contenter du sillage de Banque Populaire VIII. Alex Thomson est par 7°55 de latitude Nord, alors qu’Armel Le Cléa’h navigue par 9°35 Nord. L’écart est donc 100% pertinent et il n’y a pas d’options à prendre au moins pour les 48 heures à venir… voire jusqu’aux Sables d’Olonne où l’arrivée est prévue dans une semaine exactement, mardi 17.

Equateur aujourd’hui pour Beyou

Dans ces conditions de course de vitesse pure, on vous laisse tirer des plans sur la comète : oui le bateau de Thomson va parfois très vite et oui on a vu de bien plus grands écarts fondre comme neige au soleil. Mais oui aussi reprendre 90 milles à un Le Cléac’h qui excelle à « garder au chaud » son adversaire - ne serait-ce que sur quelques longueurs comme il l’a souvent fait en Figaro - ne va vraiment pas être simple. Faites vos jeux : 90 milles, soit l'équivalent de la distance entre Les Sables d'Olonne et l'île de Groix, c’est peu et beaucoup à la fois. Peu dans des systèmes météo différents (ce qui n'est plus le cas), beaucoup dans les mêmes conditions. Ceci dit, il est vrai aussi qu'il reste le même nombre de milles qu'une transatlantique comme Québec-StMalo  à couvrir pour les deux leaders et que tout peut donc encore arriver. Tant que la ligne n'est pas franchie... etc.
Aux prises avec le pot au noir, Jérémie Beyou est forcément moins verni. Il n’a couvert que 197 milles ces dernières 24 heures, contre 268 pour Le Cléac’h, 228 pour Thomson et 344 pour Jean-Pierre Dick. Cependant, le skipper de Maître CoQ est toujours très bien installé sur la 3e marche du podium virtuel, 480 milles derrière Thomson et 720 milles devant Dick. Jérémie va franchir l’équateur aujourd’hui : il n’a plus qu’une cinquantaine de milles à couvrir pour basculer dans l’hémisphère nord, avec grosso modo une journée d’avance sur le temps de François Gabart en 2013. Sacrée performance.
En Atlantique Sud, Jean-Pierre Dick (StMichel-Virbac) est le plus rapide ce matin - à 17 nœuds de moyenne -  et conforte son avance sur le duo infernal Jean Le Cam-Yann Eliès. Pour l’anecdote, à 3h30 cette nuit on a eu accès à leurs positions et Jean et Yann (au passage, Jean-Yann phonétiquement ça nous dit quelque chose côté humour…) étaient à égalité parfaite : au dixième de mille près, en termes de distance au but ! « Et il y a des chances que notre bagarre dure jusqu’au bout » a prévenu le skipper de Quéguiner-Leucémie Espoir. Au large de Montevideo, Louis Burton, lui, est sorti de sa zone de calmes et retrouve des vitesses très honorables. La septième place de Bureau Vallée est une valeur sûre. Très peu de vent en revanche côté Atlantique de la Terre de Feu, où le Hongrois Nandor Fa (Spirit of Hungary) est au ralenti en attendant une dépression qui va lui apporter plus de 30 nœuds de vent probablement d’ici la nuit prochaine.

Bellion au Horn demain

Dans le Pacifique, Eric Bellion (CommeUnSeulHomme) est encore un des plus rapides de la flotte, bien poussé par 25 nœuds de Sud-Ouest. Il est le seul marin à avoir avalé plus de 350 milles (353) sur les dernières 24 heures. En outre, il navigue maintenant 80 milles devant le 10e Conrad Colman (Foresight Natural Energy) et n’est plus qu’à 450 milles du cap Horn qu’il pourrait doubler dès demain soir. © Jean-Marie Liot / C1SHEric sera alors le premier bizuth de ce Vendée Globe à passer le cap dur. Ce sera la deuxième fois pour lui, puisqu’il avait déjà accompli cet exploit en février 2005 avec des copains lors de l’aventure de Kifouine, un petit bateau de croisière de moins de dix mètres. A proximité du point Nemo – l’endroit du globe le plus éloigné de toute terre – les conditions sont toujours quasi estivales et (trop) légères pour le groupe des quatre, qui s’est d’ailleurs scindé en deux duels : Alan Roura et Rich Wilson (La Fabrique et Great American IV) étant légèrement décalés dans le Nord et un peu plus rapides que Arnaud Boissières (La Mie Câline) et Fabrice Amedeo (Newrest-Matmut).
Plus loin dans l’Ouest, l’Espagnol Didac Costa (One Planet One Ocean) conforte son avance (127 milles) sur Romain Attanasio (Famille Mary-Etamine du Lys). Pendant ce temps, 650 milles dans le Sud-Est de la Nouvelle-Zélande , Pieter Heerema (No Way Back) a prévenu qu’il ne fallait pas s’inquiéter de sa trajectoire curieuse pendant quelques heures, tout simplement parce qu’il est encalminé dans une bulle : il peine à trouver de quoi progresser sur une mer hachée et inconfortable…mais sans vent ! Des conditions diamétralement opposées à celles, idéales, du 18e et dernier. A 9000 milles du leader (plus de 16 600  kilomètres) Sébastien Destremau (TechnoFirst-faceOcean) nage dans le bonheur ce matin : « c’est top, c’est génial ! J’ai 25 nœuds de vent sur mer plate, sous le soleil et ça dure. Je suis sous gennaker avec deux ris dans la grand voile. C’est trop bien ! »

Bruno Ménard / M&M

 

Snap code

Retrouvez-nous sur Snapchat
vendeeglobe2016