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Arnaud Boissières 10ème du Vendée Globe

Ambiance channel with flares during Finish arrival of Arnaud Boissieres (FRA), skipper La Mie Caline, 10th of the sailing circumnavigation solo race Vendee Globe, in Les Sables d'Olonne, France, on February 17th, 2017 - Photo Olivier Blanchet / DPPI / Vendee Globe

Arrivée de Arnaud Boissieres (FRA), skipper La Mie Caline, 10ème du Vendee Globe, aux Sables d'Olonne, France, le 17 Février 2017 - Ph

Mascotte des habitants des Sables-d’Olonne, ville où il a posé ses sacs il y a dix ans, Cali - pour «  Caliméro », le surnom d’Arnaud depuis qu’il est adolescent - vient de boucler son troisième Vendée Globe d’affilée. Septième en 2008-2009, puis huitième en 2012-2013, il était cette fois aux commandes de l’ex Paprec-Virbac de Jean-Pierre Dick, un Imoca construit en 2007.  « Un bon Vendée Globe est d’abord un Vendée Globe terminé… Mon objectif est d’être dans les dix premiers » annonçait-il avant le départ.

Rencontrant des ennuis techniques dès les premières heures de course, la trappe de ballast rompue ayant provoqué une inondation et des dégâts électroniques, Arnaud Boissières ne ferme plus guère la caisse à outils du bord pendant trois mois. La Mie Câline navigue dans le milieu du peloton jusqu’à l’équateur et intègre un petit groupe de dix concurrents, emmené par Louis Burton (Bureau Vallée) dans l’Atlantique sud. En vingtième position au bout d’un mois de course, fidèle à son désir de terminer avant tout, Cali fait le choix d’une course en retenue afin de ménager sa monture « Parfois, j’ai envie de me faire prendre par l’émulation, mais je me contiens» écrit-il.

Arnaud conservateur dans le grand Sud

Conforme à sa renommée, l’océan Indien martyrise la flotte éparpillée et incite Arnaud à la prudence, plus qu’à l’attaque. En effet, le groupe de dix devient un club des cinq, que Cali partage avec Fabrice Amedeo, Conrad Colman, Nandor Fa et Stéphane Le Diraison, Louis Burton ayant, pour sa part, appuyé sur le champignon et faussé compagnie aux copains. C’est alors que la Mie Câline subit une avarie de chariot de grand-voile, qui handicape le marin jusqu’à la fin de sa course. Une rencontre avec une baleine provoque également des dégâts mineurs, Arnaud bricole beaucoup pour maintenir son bateau en bon état de marche « A certains moments, j’ai l’impression de naviguer à 60% du potentiel du bateau et ça m’énerve ». Puis dans le Pacifique, alors que le skipper de la Mie Câline suit une trajectoire au nord dans un bord conservateur, Conrad Colman et Nandor Fa prennent la poudre d’escampette,  tandis que Stéphane Le Diraison abandonne « Désormais, je fais la course avec moi-même… Je me mets moins la pression et je me dis qu’il y a plus malheureux que moi ». En 11ème position à l’abord du troisième cap, son rapprochement avec Fabrice Amedeo (Newrest-Matmut) réconforte Arnaud et apporte une note de piment à sa navigation en solitaire.

© Arnaud Boissières - La Mie Câline / Vendée GlobeEmulation amicale avec Fabrice Amedeo

La Mie Câline franchit le cap Horn le 18 janvier, au soixante-dixième jour de course. Newrest-Matmut n’est qu’à quelques longueurs devant lui « C’est une confrontation amicale plutôt agréable, avec Fabrice on s’écrit pas mal…Je n’avais jamais échangé autant sur un Vendée Globe ! » Très proches, ils remontent l’Atlantique et le long de l’Argentine, le skipper de La Mie Câline  reprend la onzième place à son compagnon de route. Si le Pot au Noir  se montre relativement clément, les conditions dans l’Atlantique nord sont très pénibles. « Je crois qu’on va battre des records de lenteur, on fait le tour de la paroisse en contournant l’archipel des Açores, il y a 3-4 mètres de vagues par le travers et 32-33 nœuds. Je suis comme un animal dans son terrier, le scénario est à suspens jusqu’à la fin » raconte Arnaud à la Direction de course. En ce qui concerne l’alimentation, il est temps d’arriver pour le Sablais d’adoption même si, contrairement à Fabrice Amedeo  obligé de se rationner, Arnaud reste serein,  « J’ai de quoi tenir jusqu’au 17 février » apprend-on à la vacation. Le marin est marqué par le démâtage de Conrad Colman, « ça me fait peur » avoue-t-il. C’est au ralenti dans des vents évanescents qu’Arnaud achève son périple de 102 jours en solitaire. Le petit bonhomme qui vient de boucler son troisième Vendée Globe retrouve avec bonheur Léo, son nouveau-né de quatre mois qui a beaucoup changé, mais on sait qu’il pense déjà à un quatrième tour du monde…

Jenny Launay /M&M

Interview au ponton avec Arnaud Boissières

 
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