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Jean-Pierre Dick : "Il n'y a pas de Vendée Globe tiède"

Sailing aerial images of the IMOCA boat St Michel - Virbac, skipper Jean Pierre Dick (FRA), during his convey to the start of the Vendee Globe 2016, off Belle Ile in South Brittany, on October 13, 2016 - Photo Jean-Marie Liot / DPPI / Vendée Globe

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Jean-Pierre, comment s’est passé le retour à la vie de terrien à l’issue de ton quatrième Vendée Globe qui s’est achevé le 25 janvier dernier à la 4e place ?
« Très bien ! La course a généré beaucoup de stress qu’il a fallu évacuer. J’ai donc pris du repos pour me remettre d’aplomb. J’ai aussi passé du temps avec ma famille. Ceci dit, j’avais un emploi du temps bien chargé car les sollicitations des médias et des sponsors sont toujours nombreuses après le Vendée Globe et c’est important pour nous d’y répondre. Cela a représenté une grosse partie de mon activité depuis l’arrivée. Il a aussi fallu donner des directives durant le chantier post Vendée Globe pour que le bateau sorte nickel dans la perspective des prochaines échéances. Nous avons relancé le challenge qui est important cette année puisque l’objectif est de gagner la Transat Jacques Vabre. Malgré ce programme bien dense, je me sens pleinement remis aujourd’hui. J’ai tourné la page. En trois mois on arrive à se refaire une santé et à mettre les choses en perspective. »

Ton IMOCA, StMichel-Virbac, a été remis à l’eau le 24 avril dernier à l’issue d’un chantier de deux mois et demi. En quoi ont consisté les travaux ?
« Nous n’avons pas chômé ! Il a déjà fallu entreprendre une grande vérification du bateau. L’ensemble du matériel a ainsi été démonté, vérifié et les pièces endommagées ont été remplacées. Durant le Vendée Globe, nous n’avons pas déploré de dégâts majeurs au niveau structurel sur la coque et les appendices. Mais il a évidemment fallu vérifier tout cela et donc faire une grande validation structurelle. J’étais satisfait de ma vitesse lors du Vendée Globe, j’avais beaucoup progressé avec ma dernière version de foils. Il n’y a donc pas d’énormes nouveautés sur le bateau. L’équipe technique a tout de même réalisé quelques optimisations suite à mes retours d’expérience après le Vendée Globe. Globalement, nous sommes allés dans le sens de l’allégement. Sur le Vendée Globe, compte tenu de la durée de l’épreuve, il y a pas mal de redondances en termes d’électronique, de systèmes embarqués... Nous disposons d’une belle plateforme de travail pour aborder les prochains défis. »

« Jouer les tous premiers rôles me manque »

La grande échéance de cette saison 2017 sera la Transat Jacques Vabre (Le Havre-Salvador de Bahia). Tu as déjà remporté à trois reprises cette transatlantique en double (en 2003, 2005 et 2011). Tu vises une quatrième victoire ?

« Oui ! C’est important pour moi car je n’ai pas gagné de course depuis un moment. J’affectionne particulièrement la navigation en double (Jean-Pierre a remporté trois Transat Jacques Vabre et deux Barcelona World Race, NDR). Le Vendée Globe 2016-2017 a été une réussite mais je regrette tout de même d’avoir perdu du temps en début de course et de ne pas avoir pu prétendre à la victoire. J’ai envie de passer à quelque chose de différent avec plus de réussite, en étant en position de gagner. Jouer les tous premiers rôles me manque. »

© Y.Zedda/StMichel-VirbacEt c’est donc avec Yann Eliès que tu vas tenter le quadruplé… Pourquoi l’as-tu choisi comme co-skipper ?
« Car nos deux trajectoires peuvent s’enrichir mutuellement. Yann a du talent, de l’expérience. Et c’est un battant avec qui je pourrai pousser le bateau de la meilleure des manières pendant la course. Nous connaissons bien Yann car nous avons monté un projet avec lui avec l’écurie de course au large Absolute Dreamer pour la Route du Rhum 2014 (à bord du MOD70 Paprec Reyclage, NDR). Pour moi ce choix coulait un peu de source. Nous nous sommes livrés une belle bataille durant le Vendée Globe et cela avait également été le cas sur la course New York-Vendée. Nous avons donc été proches une partie de la saison 2016-2017. Et maintenant nous allons naviguer sur le même bateau, mon beau StMichel-Virbac. »

Quel sera ton programme dans les semaines à venir ?
« Je vais participer au Grand Prix Guyader à Douarnenez cette semaine. Il s’agira de la première course de la saison. Ensuite le bateau ira à Nice pour réaliser des opérations de relations publiques. Ce convoyage vers le Sud sera l’occasion de retrouver le large. Puis StMichel-Virbac reviendra à son port d’attache de Lorient. Cet été nous avons prévu une semaine d’entraînements avec Yann après son retour de la Solitaire du Figaro. Puis nous participerons à la Fastnet Race en août. S’engagera alors une préparation intensive pour être parfaitement prêts au départ de la Transat Jacques Vabre, le 5 novembre. »

« Il n’y a pas de Vendée Globe tiède »

As-tu une idée de ton avenir et de celui de ton bateau à l’issue de la Transat Jacques Vabre ? Pourrait-on te revoir une cinquième fois au départ du Vendée Globe, en 2020 ?
« Pour l’instant je ne peux pas m’exprimer sur le sujet. J’ai besoin de me remettre dans le bain avant de savoir si je suis prêt à m’engager une fois de plus dans le Vendée Globe. C’est toujours une aventure incroyable, haletante. C’est un voyage incroyable. Il n’y a pas de Vendée Globe tiède. Cette épreuve demande un investissement énorme, y compris en amont. Il faut donc prendre le temps de savoir si on est vraiment prêt à y retourner… »

Propos recueillis par Olivier Bourbon / M&M

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