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Nicolas Lunven, vainqueur de la Solitaire 2017 : « Je rêve de Vendée Globe ! »

Nicolas Lunven (Generali) Vainqueur de la 48eme edition de la Solitaire Urgo Le Figaro2017 - le 23/06/2017
© Alexis Courcoux

Nicolas, cette deuxième victoire dans la Solitaire du Figaro vient récompenser beaucoup de travail et d’obstination…
« Oui, c’est huit ans de boulot ! Quand j’ai gagné la Solitaire en 2009, c’était une surprise, pour moi et pour les autres. Au lendemain de cette victoire, je me suis mis en tête de gagner à nouveau cette épreuve. Et il a fallu attendre 2017… Entre-temps, j’ai parfois décroché des bons résultats, et parfois subi des déceptions. »

© Volvo Ocean RaceDans ce laps de temps, tu as fait une pause de deux ans en Figaro pour explorer d’autres supports, dont l’IMOCA. Ce break a été bénéfique ?
« Oui, clairement ! Je sentais une forme de saturation, je commençais à tourner en rond en Figaro. Je ne savais plus comment avancer dans le bon sens, j’avais besoin de m’aérer l’esprit en naviguant sur d’autres supports, en équipage. Grâce à mes expériences dans la Volvo Ocean Race, en IMOCA ou encore en Diam 24, j’ai appris énormément de choses et je suis revenu plus motivé que jamais sur le circuit Figaro en 2016 avec de bons résultats à la clé : 2e de la Transat AG2R avec Gildas Mahé, 3e de la Solitaire du Figaro, 3e du Championnat de France de Course au Large en Solitaire. Je me suis dit qu’il fallait faire encore mieux en 2017. Et cela a été le cas, cette année se déroule comme dans une rêve. »

« Les récits du Vendée Globe ont bercé mon enfance »

Tu vises désormais le Vendée Globe 2020. Question toute simple : d’où vient cette envie de participer au tour du monde en solitaire et sans escale ?
« Le Vendée Globe, c’est ce qui se fait de mieux en course au large, et les IMOCA sont des bateaux fabuleux. Le Vendée Globe est un rêve de gamin. Quand j’étais petit, j’avais des posters de Loïck Peyron sur Fujicolor au-dessus de mon lit. Les récits du Vendée Globe ont bercé mon enfance. Je pense très sérieusement à y participer depuis 2013. J’avais déjà essayé de monter un projet pour 2016, sans succès malheureusement. Une petite équipe s’est constituée autour de moi pour essayer de chercher un ou plusieurs partenaires en vue du Vendée Globe 2020. »

© Alexis CourcouxAs-tu déjà des pistes sérieuses ?
« Non, pour le moment nous en sommes encore à la phase de prises de contacts. Mon partenariat avec Generali s’arrête à la fin de l’année et je cherche de donc de nouveaux sponsors. Mais un projet pour le Vendée Globe ne se monte pas en trois semaines. En tout cas, j’espère que cette deuxième victoire dans la Solitaire du Figaro pourra accélérer les choses… Cette édition a été bien suivie médiatiquement et, en tant que vainqueur, j’ai forcément été mis en avant. Cela prouve à d’éventuels partenaires que la voile peut assurer des retombées sérieuses, en sachant que le Vendée Globe, c’est encore une autre dimension. »

Sur quel type de bateau souhaiterais-tu t’engager en 2020 ?
« Si j’analyse le plateau du Vendée Globe 2016-2017, il y avait trois catégories : les bateaux pouvant jouer la gagne (les foilers, en gros), des IMOCA pour les projets d’aventuriers avec peu d’ambitions sportives et, entre les deux, des projets bien ficelés avec des bateaux bien préparés et des skippers affûtés et expérimentés. Yann Eliès et Jean Le Cam (respectivement 5e et 6e, NDR) ont fait un superbe Vendée Globe. Paul Meilhat et Thomas Ruyant aussi, même s’ils ont dû abandonner. Pour 2020, je rêve forcément d’un projet gagnant avec un IMOCA à foils. Mais si je pars avec un projet intermédiaire sur un bateau d'ancinne génération, cela m’ira très bien. Il y aura de très belles choses à faire pour jouer les places d’honneur. »

« Les projets en IMOCA sont passionnants, à terre comme en mer »

Le marché de l’IMOCA est assez tendu et beaucoup de bateaux sont déjà vendus. As-tu déjà des vues sur un bateau en particulier ?
« Non, je ne suis pas encore dans cette optique. J’avance étape par étape. Quand j’aurai des partenaires, nous trouverons le bateau qui nous correspondra le mieux en fonction de notre budget et de nos ambitions. Beaucoup de transactions se sont effectivement faites. Mais certaines ne sont pas définitives, des bateaux vont revenir sur le marché. »

© Jean-Marie Liot / DPPI / SafranEn 2015, tu as beaucoup navigué en double avec Morgan Lagravière sur Safran. Quel bilan tires-tu de cette expérience ?
« C’était une superbe expérience humaine avec Morgan qui est un bon copain. Même si notre participation à la Transat Jacques Vabre 2015 s’est soldée par un abandon, j’ai énormément appris à son contact sur ce bateau fabuleux. Safran a été le premier IMOCA à foils mis à l’eau. La phase de mise au point a été très intéressante avec de nombreux développements, des succès, des remises en question… J’ai beaucoup progressé techniquement et sportivement. Mais j’ai aussi appris dans la gestion des équipes à terre. Les projets en IMOCA sont passionnants, à terre comme en mer. Cette expérience avec Safran a renforcé mon envie de porter mon propre projet en IMOCA. »

Propos recueillis par Olivier Bourbon / M&M

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