Le skipper de Veolia Environnement nous a reçu dans ces locaux de Concarneau pour une interview surprise alors que Roland Jourdain était occupé à préparer ces repas pour trois mois de mer…
A un mois et demi du départ du Vendée Globe, où en sont le skipper et le bateau ?
« J’attends encore trois voiles neuves que nous devrons essayer ces jours prochains mais qui ne sont pas radicalement différentes de ce que nous avions précédemment lors des courses d’avant le tour du monde. Je m’occupe de la nourriture pour le Vendée Globe et mon équipe technique gère les caisses de matériel de rechange à embarquer. Je n’avais jamais été lors des deux précédents départs, à ce stade de préparation ! Il reste l’éternel calage de l’électronique, la révision des logiciels : c’est plutôt une phase de contrôle continu. Par expérience, les problèmes arrivent souvent trois semaines avant le départ… Mais cette fois, on est allé assez loin dans le détail. »
Mais tes activités personnelles ? Tu suis toutes ces validations ?
« Je vais encore naviguer sur Veolia Environnement la dernière semaine de septembre pour tester les voiles neuves. Puis nous ferons quelques derniers essais en mer avant de rejoindre Les Sables d’Olonne pour la mi-octobre. Je ne pense pas faire de break lointain : je vais plutôt rester chez moi avec ma famille pour un dernier isolement, en pleine campagne, dans la verdure et en bord de mer… Et comme j’ai un ami ostéopathe qui sera présent, ainsi qu’un acupuncteur, j’en profiterai pour faire un dernier check-up physique. »
Ce sera ton troisième départ d’un Vendée Globe : qu’est-ce qui a changé au fil des éditions dans cette phase de préparation ?
« Lors de mon premier Vendée Globe, le bateau n’était pas vraiment prêt ! On était à la bourre, mais j’étais jeune et fou… Ça s’est donc passé relativement bien : c’était le premier « saut en parachute » ! À la dernière édition en 2004, on était encore plus dans le rouge car le bateau avait été mis à l’eau tardivement et nous avions eu des problèmes de quille… Cette fois, on a été un peu en retard l’année dernière avec un changement de partenaire, de gros travaux programmés et une Barcelona Race qui s’est achevée par un démâtage au large des Kerguelen… J’ai participé à cette course en double, parce que je voulais reprendre une « piqûre » de Grand Sud ! »
Justement, cette avarie a un peu perturbé ton programme ?
« Je voulais enchaîner les navigations, et participer aussi à The Artemis Transat : cela n’a pas été possible. Cela fait une année de préparation assez calme… J’ai donc moins navigué que d’habitude mais la voile, c’est comme le vélo ! On sait toujours pédaler même après un break… Mais cela m’a permis de me concentrer sur plein de détails deux mois à l’avance et c’est très bien aussi. »
Tu en es à ton cinquième tour du monde avec les deux en équipage lors de la Whitbread ?
« Oui, mais les deux dernières fois, ça s’est arrêté dans l’Océan Indien ! Il est temps que je retraverse le Pacifique… On ne s’en lasse pas, même quand on y est et qu’on a vraiment envie d’en sortir le plus vite possible ! C’est bizarre et paradoxal : on a toujours la volonté d’y retourner. C’est psychanalytiquement intéressant ! Mais personnellement, je n’ai pas ma dose : le jour où je n’aurais plus le goût, je passerai à autre chose. Mais pour faire le tour du monde, tu es obligé d’en passer par là… Tu y rentres avec plaisir et tu en sors avec encore plus de plaisir ! Qu’est-ce qui est le plus important ? La compétition et la victoire ou le tour du monde sur un parcours peu courant : pour moi, les deux sont intimement liés. »
« J’attends encore trois voiles neuves que nous devrons essayer ces jours prochains mais qui ne sont pas radicalement différentes de ce que nous avions précédemment lors des courses d’avant le tour du monde. Je m’occupe de la nourriture pour le Vendée Globe et mon équipe technique gère les caisses de matériel de rechange à embarquer. Je n’avais jamais été lors des deux précédents départs, à ce stade de préparation ! Il reste l’éternel calage de l’électronique, la révision des logiciels : c’est plutôt une phase de contrôle continu. Par expérience, les problèmes arrivent souvent trois semaines avant le départ… Mais cette fois, on est allé assez loin dans le détail. »
Mais tes activités personnelles ? Tu suis toutes ces validations ?
« Je vais encore naviguer sur Veolia Environnement la dernière semaine de septembre pour tester les voiles neuves. Puis nous ferons quelques derniers essais en mer avant de rejoindre Les Sables d’Olonne pour la mi-octobre. Je ne pense pas faire de break lointain : je vais plutôt rester chez moi avec ma famille pour un dernier isolement, en pleine campagne, dans la verdure et en bord de mer… Et comme j’ai un ami ostéopathe qui sera présent, ainsi qu’un acupuncteur, j’en profiterai pour faire un dernier check-up physique. »
Ce sera ton troisième départ d’un Vendée Globe : qu’est-ce qui a changé au fil des éditions dans cette phase de préparation ?
« Lors de mon premier Vendée Globe, le bateau n’était pas vraiment prêt ! On était à la bourre, mais j’étais jeune et fou… Ça s’est donc passé relativement bien : c’était le premier « saut en parachute » ! À la dernière édition en 2004, on était encore plus dans le rouge car le bateau avait été mis à l’eau tardivement et nous avions eu des problèmes de quille… Cette fois, on a été un peu en retard l’année dernière avec un changement de partenaire, de gros travaux programmés et une Barcelona Race qui s’est achevée par un démâtage au large des Kerguelen… J’ai participé à cette course en double, parce que je voulais reprendre une « piqûre » de Grand Sud ! »
Justement, cette avarie a un peu perturbé ton programme ?
« Je voulais enchaîner les navigations, et participer aussi à The Artemis Transat : cela n’a pas été possible. Cela fait une année de préparation assez calme… J’ai donc moins navigué que d’habitude mais la voile, c’est comme le vélo ! On sait toujours pédaler même après un break… Mais cela m’a permis de me concentrer sur plein de détails deux mois à l’avance et c’est très bien aussi. »
Tu en es à ton cinquième tour du monde avec les deux en équipage lors de la Whitbread ?
« Oui, mais les deux dernières fois, ça s’est arrêté dans l’Océan Indien ! Il est temps que je retraverse le Pacifique… On ne s’en lasse pas, même quand on y est et qu’on a vraiment envie d’en sortir le plus vite possible ! C’est bizarre et paradoxal : on a toujours la volonté d’y retourner. C’est psychanalytiquement intéressant ! Mais personnellement, je n’ai pas ma dose : le jour où je n’aurais plus le goût, je passerai à autre chose. Mais pour faire le tour du monde, tu es obligé d’en passer par là… Tu y rentres avec plaisir et tu en sors avec encore plus de plaisir ! Qu’est-ce qui est le plus important ? La compétition et la victoire ou le tour du monde sur un parcours peu courant : pour moi, les deux sont intimement liés. »