Kito, l’homme du Sud
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Le jeudi 16 octobre 2008 à 21:20© Sébastien Boué / DPPI/ Vendée Globe
S’il n’est encore jamais allé dans le Grand Sud, Kito de Pavant connaît nombre de mers du globe après les années de course, de convoyage et de charter qu’il a passé à tracer des sillons. Peu connu du public, homme discret et humoriste, le Méditerranéen s’engage sur ce Vendée Globe avec beaucoup d’atouts en poche. Rencontre.
On connaît très mal ton parcours nautique avant ta première participation à la Solitaire du Figaro en 2000…
« J’ai fait de la compétition depuis tout petit, mais c’était sur des courses qui n’étaient pas très médiatisées. Je n’ai jamais arrêté de régater depuis mon enfance : j’ai fait beaucoup de dériveur sur un Moth Europe, avant de me concentrer sur les voiliers de course-croisière. J’ai même refait de la voile légère quand mon fils s’est mis au Moth : je l’accompagnais avec mon propre bateau car c’était plus rigolo de courir aussi plutôt que de le regarder du rivage… Mais il n’a pas trop apprécié, peut-être parce que je terminais presque toujours devant lui ! »
Et il y a huit ans, tu rentres dans le circuit des Figaro, ce qui t’ouvre un champ d’activité beaucoup plus large ensuite !
« Je n’en avais jamais fait : j’avais depuis longtemps, l’envie de m’essayer en solitaire sur ce bateau très exigeant, mais je n’étais pas très bon pour trouver un financement. En plus, j’avais mon travail sur la plage de l’Espinette en plein été, il fallait que je m’occupe de mes enfants et de ma famille. Ma compagne Françoise m’a incité à y aller se chargeant de gérer mes activités estivales. La première fois s’est bien passée, puisque j’avais fait un podium sur la dernière étape et à ma troisième édition en 2002, je gagne ! »
C’était une première marche, mais comment en vient-on à s’imaginer tourner autour de la Terre en solitaire ?
« C’est venu un peu en même temps parce que lors de l’édition de 2000, j’avais suivi le Vendée Globe de Bernard Gallay car j’étais très motivé à naviguer sur ces monocoques de 60 pieds. Il m’a emmené sur la Transat Jacques Vabre 2001 qui s’est plutôt bien passée, et cela m’a enthousiasmé même si je ne pensais pas alors au tour du monde… Mais j’ai aussi rencontré des coureurs de Figaro qui m’ont incité à passer le pas : Jean Le Cam, Philippe Poupon, Jacques Caraës. »
Tu en as profité pour diversifier les expériences nautiques sur des gros bateaux…
« Avec Jean Le Cam, j’ai fait le circuit des trimarans Orma avec une Transat Jacques Vabre en 2003. On avait appris à se connaître et à s’apprécier au fil des mois… Puis comme ça s’était bien passé, on a refait l’édition suivante mais cette fois sur son monocoque Imoca. Là, ça a commencé à me titiller d’aller plus loin, plus longtemps : le multicoque en solo, ça ne me branchait pas du tout, mais le Vendée Globe ! C’était devenu dans ma tête, raisonnable… »
Mais est-ce bien raisonnable justement de partir des Sables d’Olonne pour revenir aux Sables d’Olonne ?
« Cela peut paraître absurde, surtout sans s’arrêter et sans quasiment voir une terre, mais ce qui me fascine, c’est la compétition que ce parcours entraîne… Il va y avoir une sacrée bataille navale ! Et puis pour l’instant, c’est la plus extrême et la plus longue des épreuves océaniques à la voile et en solo. Et l’on fait le tour du globe, ce n’est pas rien… »
Alors pourquoi partir autour du monde ?
« C’est la grande question. Je me la pose tous les jours ; on me la pose tous les jours et je ne sais pas y répondre vraiment. Je pense que j’en saurai davantage quand je reviendrai aux Sables d’Olonne. Je cherche quelque chose que je ne connais pas. Aujourd’hui, il y a un mélange d’excitation et de crainte, car j’ai conscience de la difficulté de ce qui m’attend dans les quatre mois qui viennent. Mais malgré les quelques expériences que j’ai eues au large, il y a l’inconnu. Ceux qui ont déjà fait cette course savent ce qui les attend et ce qu’ils vont y chercher, moi pas. Je cherche probablement à remplir une case qui ne l’est pas encore. Je cherche surtout à me raconter une belle histoire et à la raconter aux autres, à Groupe Bel qui a mis beaucoup de confiance en mes capacités et à tous ceux qui se sont investis dans ce projet.
C’est une grosse pression, mais j’espère que je vais me régaler et vivre des choses qui continueront de me faire rêver encore de nombreuses années ».
Que redoutes-tu le plus ?
« Le rythme que nous allons imposer à la course. On sait qu’on va partir à trente furieux sur un parcours difficile et il y a de fortes chances pour que le rythme soit plus soutenu que de raison, car nous sommes nombreux à ne pas être très raisonnables. Ça va aller vite et ce sera difficile à vivre… »
Qu’est-ce qui te satisferait au terme de cette course ?
« Il y a de nombreux objectifs : le premier, c’est terminer le parcours, ce qui ne sera déjà pas simple. Je sais que si j’arrive à terminer, c’est que je serais déjà bien dans le match. J’ai une grande confiance en ce bateau, en ce projet, nous avons fait quelques bons choix. Je cherche à me conforter dans cette idée là. Le plus beau serait d’être sur le podium de ce Vendée Globe mais ce sera très difficile. »
Et il y a aussi un côté fascinant, avec des mers du Sud que tu ne connais pas…
« Oui, même si j’ai navigué sur presque toutes les mers du monde mais pas sous ces latitudes ! Il y a un peu d’excitation à aller se faire brasser par là bas… Et puis, je vais faire mon premier Vendée Globe dans d’excellentes conditions ! J’ai un partenaire très enthousiaste qui m’a donné tous les moyens pour réaliser un beau parcours. J’ai une chance inouïe. »
Et pour ton alimentation : tu emmènes du Babybel ?
« Tous les concurrents auront un paquet de mon sponsor : une belle mimolette ! C’est un fromage qui tient bien dans le temps, mais il n’y aura pas besoin d’en ramener un : je ne crois pas que cela se bonifie en mer comme on le dit pour le vin ! D’ailleurs, je ne sais pas s’il y a quelque chose qui s’améliore autour du monde… J’ai des doutes, même sur les hommes. Peut-être que ça les change, mais de là à les rendre plus zen ! Je pense plutôt qu’ils reviennent plus fous qu’ils ne sont partis… »
« J’ai fait de la compétition depuis tout petit, mais c’était sur des courses qui n’étaient pas très médiatisées. Je n’ai jamais arrêté de régater depuis mon enfance : j’ai fait beaucoup de dériveur sur un Moth Europe, avant de me concentrer sur les voiliers de course-croisière. J’ai même refait de la voile légère quand mon fils s’est mis au Moth : je l’accompagnais avec mon propre bateau car c’était plus rigolo de courir aussi plutôt que de le regarder du rivage… Mais il n’a pas trop apprécié, peut-être parce que je terminais presque toujours devant lui ! »
Et il y a huit ans, tu rentres dans le circuit des Figaro, ce qui t’ouvre un champ d’activité beaucoup plus large ensuite !
« Je n’en avais jamais fait : j’avais depuis longtemps, l’envie de m’essayer en solitaire sur ce bateau très exigeant, mais je n’étais pas très bon pour trouver un financement. En plus, j’avais mon travail sur la plage de l’Espinette en plein été, il fallait que je m’occupe de mes enfants et de ma famille. Ma compagne Françoise m’a incité à y aller se chargeant de gérer mes activités estivales. La première fois s’est bien passée, puisque j’avais fait un podium sur la dernière étape et à ma troisième édition en 2002, je gagne ! »
C’était une première marche, mais comment en vient-on à s’imaginer tourner autour de la Terre en solitaire ?
« C’est venu un peu en même temps parce que lors de l’édition de 2000, j’avais suivi le Vendée Globe de Bernard Gallay car j’étais très motivé à naviguer sur ces monocoques de 60 pieds. Il m’a emmené sur la Transat Jacques Vabre 2001 qui s’est plutôt bien passée, et cela m’a enthousiasmé même si je ne pensais pas alors au tour du monde… Mais j’ai aussi rencontré des coureurs de Figaro qui m’ont incité à passer le pas : Jean Le Cam, Philippe Poupon, Jacques Caraës. »
Tu en as profité pour diversifier les expériences nautiques sur des gros bateaux…
« Avec Jean Le Cam, j’ai fait le circuit des trimarans Orma avec une Transat Jacques Vabre en 2003. On avait appris à se connaître et à s’apprécier au fil des mois… Puis comme ça s’était bien passé, on a refait l’édition suivante mais cette fois sur son monocoque Imoca. Là, ça a commencé à me titiller d’aller plus loin, plus longtemps : le multicoque en solo, ça ne me branchait pas du tout, mais le Vendée Globe ! C’était devenu dans ma tête, raisonnable… »
Mais est-ce bien raisonnable justement de partir des Sables d’Olonne pour revenir aux Sables d’Olonne ?
« Cela peut paraître absurde, surtout sans s’arrêter et sans quasiment voir une terre, mais ce qui me fascine, c’est la compétition que ce parcours entraîne… Il va y avoir une sacrée bataille navale ! Et puis pour l’instant, c’est la plus extrême et la plus longue des épreuves océaniques à la voile et en solo. Et l’on fait le tour du globe, ce n’est pas rien… »
Alors pourquoi partir autour du monde ?
« C’est la grande question. Je me la pose tous les jours ; on me la pose tous les jours et je ne sais pas y répondre vraiment. Je pense que j’en saurai davantage quand je reviendrai aux Sables d’Olonne. Je cherche quelque chose que je ne connais pas. Aujourd’hui, il y a un mélange d’excitation et de crainte, car j’ai conscience de la difficulté de ce qui m’attend dans les quatre mois qui viennent. Mais malgré les quelques expériences que j’ai eues au large, il y a l’inconnu. Ceux qui ont déjà fait cette course savent ce qui les attend et ce qu’ils vont y chercher, moi pas. Je cherche probablement à remplir une case qui ne l’est pas encore. Je cherche surtout à me raconter une belle histoire et à la raconter aux autres, à Groupe Bel qui a mis beaucoup de confiance en mes capacités et à tous ceux qui se sont investis dans ce projet.
C’est une grosse pression, mais j’espère que je vais me régaler et vivre des choses qui continueront de me faire rêver encore de nombreuses années ».
Que redoutes-tu le plus ?
« Le rythme que nous allons imposer à la course. On sait qu’on va partir à trente furieux sur un parcours difficile et il y a de fortes chances pour que le rythme soit plus soutenu que de raison, car nous sommes nombreux à ne pas être très raisonnables. Ça va aller vite et ce sera difficile à vivre… »
Qu’est-ce qui te satisferait au terme de cette course ?
« Il y a de nombreux objectifs : le premier, c’est terminer le parcours, ce qui ne sera déjà pas simple. Je sais que si j’arrive à terminer, c’est que je serais déjà bien dans le match. J’ai une grande confiance en ce bateau, en ce projet, nous avons fait quelques bons choix. Je cherche à me conforter dans cette idée là. Le plus beau serait d’être sur le podium de ce Vendée Globe mais ce sera très difficile. »
Et il y a aussi un côté fascinant, avec des mers du Sud que tu ne connais pas…
« Oui, même si j’ai navigué sur presque toutes les mers du monde mais pas sous ces latitudes ! Il y a un peu d’excitation à aller se faire brasser par là bas… Et puis, je vais faire mon premier Vendée Globe dans d’excellentes conditions ! J’ai un partenaire très enthousiaste qui m’a donné tous les moyens pour réaliser un beau parcours. J’ai une chance inouïe. »
Et pour ton alimentation : tu emmènes du Babybel ?
« Tous les concurrents auront un paquet de mon sponsor : une belle mimolette ! C’est un fromage qui tient bien dans le temps, mais il n’y aura pas besoin d’en ramener un : je ne crois pas que cela se bonifie en mer comme on le dit pour le vin ! D’ailleurs, je ne sais pas s’il y a quelque chose qui s’améliore autour du monde… J’ai des doutes, même sur les hommes. Peut-être que ça les change, mais de là à les rendre plus zen ! Je pense plutôt qu’ils reviennent plus fous qu’ils ne sont partis… »
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