Vendée Globe

Riou, tenant du titre

Riou, tenant du titre
© Liot Stichelbaut Vapillon/DPPI/Vendée Globe
Le 17 octobre 2008
Vainqueur de la dernière édition du Vendée Globe en 2004-2005, Vincent Riou dispose d’un nouveau prototype assez semblable à celui de son prédécesseur sur PRB, Michel Desjoyeaux. Arrivé dès jeudi matin aux Sables d’Olonne, le Breton revient sur les moments forts d’un tour du monde en solitaire.
D’abord qu’est-ce qui pousse un vainqueur à repartir ?
« Le plaisir d’abord, parce que j’en ai pris beaucoup en 2004 et en plus, la compétition a encore gagné en intensité avec le nombre de coureurs de haut niveau qui se présentera sur la ligne de départ le 9 novembre. Et avec PRB, j’ai tous les moyens pour naviguer dans d’excellentes conditions. »


Qu’est-ce qui est le plus marquant sur un Vendée Globe : le départ, l’arrivée ou le parcours ?
« Il y a quantité de choses qui restent gravées dans la mémoire, mais le plus fort, le plus surprenant, est le jour précédant l’arrivée ! Tout à coup, tu croises des pêcheurs, tu vois des avions dans le ciel, tu aperçois des bateaux à l’horizon… Tu sens bien que la terre se rapproche et avec elle, la fin du voyage, la fin de la solitude, le début de la foule et de la pression… Mais au final, il y a plein de belles images et peu de mauvais moments sur un tour du monde. »


Mais la vie à bord n’est-elle pas un peu monotone ?
« En partie oui, car en dehors du jeu de la course, une grosse partie des trois mois de mer se déroule dans du bleu, tout autour, souvent ondulé, parfois avec des nuages, parfois du soleil. C’est la mer ! Mais ce n’est finalement jamais pareil : ça bouge en permanence… Il y a des couleurs, des lumières, des nuances, et partir pour un Vendée Globe, ce n’est pas pour la contemplation mais pour la compétition. Et la course, ça nous occupe largement les journées ! »


Alors qu’est-ce qui est compliqué sur cette épreuve ?
« Ce sont les transitions qui sont brutales. Pendant des mois, tu es sous pression, entouré par plein de monde, qui s’est occupé de toi mais qui t’a aussi pressurisé. Et d’un seul coup, tu te retrouves tout seul sur l’eau ! Il y a deux à trois jours un peu spéciaux après le départ… Alors tu te raccroches à la course et c’est vraiment parti. Mais une nouvelle fois après trois mois de vie pépère en mer, à ton rythme, tu es violemment immergé dans le monde des terriens. Ce sont ces transitions qui sont difficiles à affronter. »


Il y a aussi des transitions climatiques, puisque vous partez en automne, tournez en été dans le Grand Sud, et revenez au printemps, sans compter les transitions thermiques entre frima de l’Europe, chaleur tropicale, froid des mers du Sud ?
« Après le départ, il y a un temps d’adaptation mais ces phases de changement climatiques sont finalement lentes et progressives, moins brutales qu’un voyageur qui prend l’avion pour aller de Paris à Rio ! La descente vers le Sud s’effectue en fait en douceur avec peu de décalage horaire, et on s’habitue rapidement au froid de l’Indien et au changement de fuseau horaire : on ne va pas si vite que ça ! Les jours raccourcissent, puis s’allongent, puis raccourcissent. Et à la remontée de l’Atlantique, c’est le même tempo. Le choc est moins rude que l’arrivée aux Sables… En plus, ce changement de régime climatique est naturel. »

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