Alain Gautier, consultant sécurité

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Le vendredi 24 octobre 2008 à 11:18
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Vainqueur de la deuxième édition du Vendée Globe en 1992, Alain Gautier est conseiller auprès de l’organisation de course pour la seconde fois consécutive. Il revient sur ses deux bateaux du tour du monde en solitaire, précurseurs des monocoques d’aujourd’hui…
Tu as participé à la première édition du Vendée Globe en 1989: quels souvenirs ?
« Mon premier souvenir concerne la semaine avant le départ : le bateau avait été mis à l´eau en août, soit trois mois avant ! Les derniers jours, c´était l´enfer : il y avait trop de monde pour préparer le monocoque et je suis parti trois jours pour laisser faire mon équipe... Je leur ai fait confiance. Et le jour du départ, c´était extraordinaire sur les quais des Sables d´Olonne et sur l´eau : on a commencé à se bagarrer tout de suite avec Loïck Peyron ! Les conditions météorologiques étaient hivernales, très fraîches mais très belles. »

Tu partais sur un bateau extrêmement puissant pour l´époque, un peu un précursseur de ce que nous voyons ici cette année !
« Generali-Concorde était le premier plan du Groupe Finot-Conq en 60 pieds monocoque : il a donné le jour à beaucoup d´autres bateaux ensuite, dont quatre qui ont gagné le Vendée Globe... C´est vrai qu´il dénotait un peu par rapport au reste de la flotte, même si Charente Maritime était déjà large à l´époque. Mon bateau était le plus extrême et cela m´a valu des quolibets, les mauvaises langues disant qu´il tiendrait mieux à l´envers qu´à l´endroit ! Certes le pont était large et plat, mais c´était un bateau qui aurait pu gagner la première édition si je n´avais pas eu mes problèmes techniques, de gréement en particulier. »

Et lors de la deuxième édition, tu pars aussi sur un plan Finot-Conq mais gréé en ketch.
« On a eu moins de temps entre les deux éditions car pour réguler le calendrier des courses de ces bateaux, on est passé à un rythme quadriennal, débutant aux années paires. Il n´y a eu que trois années pour trouver un nouveau partenaire et construire un bateau neuf : au lieu du mois d´août 1989 pour mon premier bateau, celui-ci fut mis à l´eau au mois de juillet 1992 ! Et j´ai choisi le gréement de ketch pour limiter les risques à l´empannage : en divisant la voilure, la bôme du mât principal n´avait plus neuf mètres de long... Je ne me suis jamais posé la question de l´empannage dans les mers du Sud et je pouvais faire la manoeuvre dans les deux minutes qui suivaient. Au vent de travers, je pouvais aussi mettre beaucoup plus de toile qu´un sloop, et le bateau était très stable de route car je pouvais diviser la voilure pour mieux la répartir. C´était certes un bateau puissant mais complet. »

Justement la puissance est le maître-mot de cette sixième édition...
« Je pense que la puissance permet de mieux gérer le potentiel : il vaut mieux utiliser un voilier à 70% de ses performances qu’à 100% avec un bateau moins puissant, pour aller à la même vitesse. Sur un Vendée Globe en solitaire, c´est important car c´est un gage de performance et de fiabilité. »

En 2008, il n´y a que des monocoques puissants, voir surpuissants...
« Est-ce qu´on n´est pas allé trop loin ? Nous le saurons dans trois mois... Mais si les marins arrivent à contenir la puissance et à la gérer au mieux, ils iront plus vite, mais il est certain que ce sont des voiliers beaucoup plus exigeants physiquement et ils nécessitent d´avoir toujours une bonne configuration de voile. »

C´est aussi la deuxième fois que tu participes à l´organisation du Vendée Globe en tant que conseiller technique pour la sécurité.
« C´est tout de même un petit rôle quand on voit tout le travail préparatoire qui a été effectué par l´organisation. Je ne suis que consultant auprès de la direction de course, pour l´aider en cas de problème, pour la suppléer si nécessaire, pour être son porte-parole auprès des médias pour expliquer une situation de crise. Je n´ai presque pas été sollicité il y a quatre ans, et j´aimerais qu´il en soit autant cette fois ! Cela ravirait tout le monde... ».