Anne Liardet : elle l’avait tant aimé

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Le mardi 28 octobre 2008 à 12:22
© Jacques Vapillon / DPPI / Vendée Globe
Elle avait séduit la planète mer lors de son dernier Vendée Globe en écrivant une histoire sensible dans le sillage de son bateau. Anne Liardet, faute de partenaires, ne prendra pas le départ de cette édition. Elle livre son regard sans amertume mais teinté d’une certaine nostalgie sur cette course hors norme.

Elle ne peut s’en cacher : elle avait tant aimé ce Vendée Globe 2004-2005 qu’elle a tout fait pour pouvoir être au départ de cette nouvelle édition. Parce que justement cette course n’est pas qu’une affaire de régatiers, qu’elle laisse la place à l’émotion et que le plaisir se goûte aussi dans l’apprentissage d’une certaine forme de solitude.


Tu disais que tu ne pouvais ne pas être là, ces quelques jours qui précèdent le départ…


"Je me souviens de ce que disait Mike Golding à l’arrivée de la dernière édition, quand il s’adressait à Jean et Vincent qui l’avaient précédé sur la ligne : je sais où je suis allé, je sais où vous êtes allé et vous aussi savez d’où je viens. Il y a ce lien qui se crée entre les coureurs qui ont fait cette course. Même si notre petit filtre intérieur fait qu’on oublie les moments de galère. On oublie les moments durs qu’on a passés par une espèce de filtre. Alors, oui, je ne pouvais pas ne pas être là…"


Le Vendée Globe, c’est une aventure ou une grande régate ?


"Même avec un tel plateau, l’aventure humaine reste présente. Même si, cette année, il y a dans les conceptions des bateaux quelques bricoles qui me troublent. Mais un tour du monde en solitaire ne peut pas être une simple régate. Déjà, on sait comment on part, on ne sait pas forcément comment on en revient. Et n’oublions pas que ceux qui partaient pour le premier Vendée Globe n’étaient pas des touristes non plus. Ce qui fait la beauté du Vendée Globe, c’est que ça dure un peu longtemps et que l’on raconte une belle histoire."


Et toi, en quoi ton Vendée Globe t´a changé ?


"En fait, pas grand-chose, si ce n’est des confirmations. En partant, je savais, pour l’avoir déjà expérimenté, que j’aimais la navigation en solitaire. Ce que je ne savais pas, c’est si je l’aimerais aussi longtemps. Mais ce que je garde aussi c’est que cette aventure solitaire n’est possible que parce que tu as derrière toi une équipe de fêlés qui bossent jour et nuit pour faire que ton bateau soit prêt le jour du départ. Cette préparation du bateau est pour moi indissociable de la course elle-même."


Ton envie d´y retourner est toujours aussi présente ?


"Ah oui et plus que ça encore. Quand je repense à cette sortie des Sables j’en ai encore des frissons. Et puis, j’ai été tellement bien en mer : à part quand je suis avec mes enfants, je crois que c’est en mer que me sens le plus en paix avec moi-même. "