L’inconnu du sud express
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Le dimanche 02 novembre 2008 à 11:35
Avec ses deux voire trois mètres de hauteur de mât de plus que ses adversaires, sa largeur impressionnante, Kingdom of Barhain – Team Pindar détonne au sein de la flotte du Vendée Globe… Le moins que l’on puisse dire, c’est que les choix de son architecte Juan Kouyoumdjian ne laissent pas indifférent. Révolutionnaire ou démesuré ? Les opinions divergent ; entretien avec le géniteur du bateau de Brian Thompson.
Eléments associésSkippers |
Juan Kouyoumdjian est habitué des polémiques : architecte reconnu dans le monde de la course en équipage, il lance un sacré pavé dans la mare avec le bateau de Brian Thompson. Dans la course à la puissance, l’architecte d’origine argentine a poussé la logique jusqu’au bout en partant d’un principe simple : un bateau plus stable et plus puissant demande moins de changements de voile et laisse plus de plages de repos à son skipper même si les manœuvres risquent d’être plus exigeantes.
Les performances de Pindar
« Je reste optimiste sur les performances de Pindar et de Brian Thompson. Les deux sont en harmonie et le bateau a déjà démontré son potentiel. Je suis confiant sur le fait que le bateau sera efficace dans les conditions variées du Vendée Globe. Dans des conditions medium, aux allures de largue, le bateau sera plus rapide, tandis que dans d'autres, la différence se réduira à quelques nœuds. Après, tout va dépendre de la capacité du skipper à faire marcher le bateau au mieux. Il s’agit d’une course en solitaire où le rôle du navigateur reste primordial. »
La fiabilité de son bateau
« Certes, la campagne de Pindar n’a pas bénéficié du même niveau de préparation que d’autres, mais il faut savoir relativiser… D’autres concurrents ont connu des soucis comme Vincent Riou et cela n’empêche pas de les considérer comme des favoris. »
Les inquiétudes que suscite Pindar auprès des navigateurs français
« C’est plutôt flatteur ; j'ai beaucoup de respect et d’admiration pour des navigateurs comme Michel Desjoyeaux, Vincent Riou ou Loïck Peyron. Je les connais personnellement, ayant habité en France. Je les respecte beaucoup. Il s'agit des meilleurs navigateurs du monde, au moins dans les courses au large. »
Le fait qu’ils estiment que ce plan exige trop de son skipper
« C'est là où on n'est plus d'accord. Je comprends leur position, mais je peux prouver, à l’issue des 9000 milles parcourus par Pindar, que la stabilité vous oblige à effectuer moins de changements de voiles. Il est vrai que les voiles de Pindar sont plus lourdes, que les charges sur les drisses sont plus importantes, mais les marins me disent que ce n'est pas cela qui les épuise. Lorsque le vent souffle à huit ou dix nœuds, il y a des bateaux plus rapides, mais personne n'a jamais gagné un tour du monde avec moins de dix nœuds de vent en permanence. »
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