Double vainqueur du tour du monde en Solitaire avec escales (Around Alone puis Velux 5 Oceans), Bernard Stamm s’était présenté en 2000 sur la ligne du Vendée Globe mais avait du jeter l’éponge neuf jours plus tard sur avarie. Quatre ans plus tard, c’est encore une avarie de quille lors de la Transat Anglaise qui le prive de départ. Aujourd’hui, le plus français des skippers suisses dispose avec Cheminées Poujoulat d’un projet solide et cohérent. Entrevue à 8 jours du départ...
Dans quel état d’esprit te trouves-tu à une semaine du coup d'envoi ?
« Je n’ai pas de sentiment d’urgence. La préparation suit son cours, on est dans la finition, on a encore plein de petits trucs à faire, de quoi occuper l’équipe pendant toute la semaine prochaine ».
« La pression monte un tout petit peu, forcément, ne serait-ce à cause de ce que les gens nous disent. Ils nous croisent et nous lancent : « ben alors maintenant, va falloir y aller hein ! » … De toute façon, ça commence à se préciser, on commence à avoir des données météo, alors qu’avant, ce départ était très virtuel. Quant à moi, ça fait longtemps que je me suis programmé pour partir le week-end prochain et il sera rapidement temps d’y aller. »
Actuellement, que disent ces données météo pour le départ ?
« On va plutôt dans du près serré contre les éléments mais c’est encore très loin et le système est assez stationnaire. S’il se décale un tout petit peu, ça peut être différent. Pour l’instant, c’est dépressionnaire avec du sud-ouest. »
Après deux tentatives avortées, as-tu un compte à régler avec cette course ?
« Non, je ne vois pas ça comme ça. En 2000, c’était compliqué de prendre le départ parce que le bateau n’était pas prêt mais j’étais persuadé que j’avais une carte à jouer. Le temps que ça a duré (neuf jours, ndr), j’étais dans le peloton de tête, ça m’a beaucoup rassuré. Et puis j’ai digéré ça rapidement et ça m’a permis de faire d’autres choses. En 2004, ça m’a glissé entre les doigts. Le bateau était prêt en mai, beaucoup plus tôt que cette année. Je le connaissais par coeur, il avait déjà un tour du monde (Velux 5 Oceans), mais on s’est planté sur la seule chose sur laquelle il ne fallait pas se planter : la quille. Ça s’est donc arrêté dès la Transat anglaise en juin... »
Aujourd’hui, les conditions sont bien différentes…
« C’est un projet neuf. J’ai fait le choix de racheter un bateau existant qui était compétitif (ex Virbac-Paprec de Jean-Pierre Dick). Mais il a quand même fallu le transformer pour se mettre à niveau et du coup, on a moins navigué que prévu. Cela dit, on arrive dans des conditions optimum. Tout le projet est cohérent. Je suis content de partir avec ce bateau, content de partir tout court… »
Qu’est-ce qui serait satisfaisant pour toi au terme de cette course ?
« Que les gens qui ont cru en moi, qui m’ont suivi, soutenu et aidé à préparer ce projet puissent être fiers de moi. Par contre pour moi, il n’y a que la première place qui soit satisfaisante. Cela dit, si je fais 18e à 2 heures du premier, c’est pas mal aussi !
On a préparé une régate et on l’a préparée pour essayer de gagner. Maintenant, il y en a 20 autres qui ont la même idée que moi et c’est ce qui fera la course ».
Pourquoi as-tu choisi le 7 comme numéro de coque ?
« En 2000, peu de gens croyaient à ce projet, le fait que je sois au départ, que j’arrive à construire mon bateau. Le 7, c’était un petit clin d’oeil aux joueurs de poker : si tu joues bien, avec une paire de 7, tu peux battre un carré d’as, voilà. A l’époque, je voulais le 77 mais il était déjà pris par Raphaël Dinelli ».