Yannick Bestaven : performance et énergies douces sont compatibles
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Le lundi 03 novembre 2008 à 14:16Ne pas se fier à son air… Sous des abords on ne peut plus affables, Yannick Bestaven est un redoutable compétiteur. Il a beau partir sur l’ancien bateau d’Yves Parlier, Yannick compte bien tenir la dragée haute au plus grand nombre de concurrents possible. Et démontrer que son projet de concevoir un bateau autonome en énergies fossiles peut aussi être une garantie de performance.
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Yannick, être sur la ligne, c’est un premier pari gagné ?
Pour moi, c’est déjà une belle victoire d’être sur la ligne : quand mon partenaire principal m’a lâché au mois d’août, le projet a failli s’arrêter et on est vraiment fier d’être aux Sables parce que rien n’était gagné.
Sur un bateau qui se veut indépendant des énergies fossiles ?
Ce que je veux démontrer, c’est l’intérêt de ces innovations. On s’est servi de la vitesse du bateau pour produire de l’électricité. On a monté des hydrogénérateurs qui nous permettent d’être autonomes dès que l’on atteint 9 nœuds de vitesse, ce qui est le plus fréquent dans un tour du monde. Notre cahier des charges nous imposait de parvenir au maximum de rendement du bateau. Dans le même temps, il fallait trouver un système qui ne ralentisse pas le bateau. Ainsi, nos hydrogénérateurs ont un pas d’hélice variable en fonction de la vitesse du bateau : on essaye de réduire la trainée au maximum d’une part et par ailleurs ce là nous permet de réguler notre production électrique. Normalement, si tout se passe bien, je ne devrais pas avoir besoin d’allumer le moteur pendant les trois mois de course.
Ta formation d’ingénieur est-elle utile à ce moment ?
Ma formation d’ingénieur est bien loin maintenant ; plus sérieusement, j’ai deux jeunes qui ont planché sur le projet avec moi, l’un sort de Centrale Nantes, l’autre de l’ECSI de Charente Maritime. On a développé ce système avec plusieurs entreprises qui nous ont soutenus dans la conception de cet engin qui reste assez pointu.
Ancien vainqueur de la Mini-Transat, tu as l’habitude de la solitude…
Tu pars avec plaisir et appréhension ? Même si mon bateau est ancien je pars faire une course. Etre au départ du Vendée Globe, c’est en quelque sorte un sommet pour un navigateur solitaire. Bien évidemment j’ai du plaisir mais aussi un peu d’appréhension. Ce n’est pas forcément évident de quitter les siens, sa famille pour plusieurs mois, ce sont des choses qui arrachent le cœur. Malgré tout j’ai l’ambition de faire une belle course. Sur une course d’endurance on a encore notre mot à dire et peut-être l’occasion de faire un coup d’éclat face à cette armada de nouveaux bateaux.
Propos recueillis par PFB
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