Dans la ruche ...

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Le jeudi 06 novembre 2008 à 16:51
© Jacques Vapillon / DPPI / Vendée Globe

Dans le village du Vendée Globe changé en ruche, tandis que les ouvrières s’activent sur les bateaux et que les spectateurs bourdonnent sur les pontons, les marins font bonne figure à l’abri de leurs alvéoles de carbone. Nombreux rêveraient sans doute d’avoir un don d’ubiquité ou les quatre bras de Shiva : un pour les sponsors, l’autre pour la famille, un troisième pour les amis et enfin, une main pour le bateau.

Dites « ouistiti ». Devant l’appareil photo de l’institutrice qui immortalise la scène, une quinzaine d’enfant reprend en cœur le mot qui fait sourire… et en arrache un, au passage, à Kito de Pavant, alternant à un rythme de métronome interviews et séances de dédicaces improvisées. Dès leur ouverture au public à 10h00 du matin, les pontons sont maintenant pris d’assaut par les badauds, les curieux et les passionnés qui tentent d’approcher les marins pour un regard, un mot, une signature. L’un d’eux passe discrètement barrière en corde qui sépare Foncia de la foule et tend à Michel Desjoyeaux un paquet : une bouteille de vin rouge. « On va peut-être la boire avant » suggère le navigateur. « Ah, non, ce serait bien de l’emporter avec vous ! ». Réponse gênée de Michel : « ben… on passe quand même beaucoup de temps à essayer d’alléger nos bateau … mais merci quand même ! ».
Devant Gitana Eighty, un petit attroupement s’est formé au moment où, bonnet bleu vissé sur la tête, Loïck Peyron fait une fugace apparition dans le cockpit.
Plus les jours avancent et plus l’atmosphère devient épaisse dans le village du Vendée Globe. « Ça va être dur de se mettre dans sa petite bulle, ce sera une des grosses difficultés de ces derniers jours » convient le skipper de Groupe Bel.
Mais la course ne fait pas qu’attirer les hordes de spectateurs admiratifs. De l’autre côté de la barrière, percent aussi les regards envieux de celles ou ceux qui s’y verraient bien dans quatre ans. La navigatrice Jeanne Grégoire ne s’en cache pas et profite d’une visite à sa coéquipière Samantha Davies, pour faire « les boutiques » sur les pontons de Port Olona. Dans la même catégorie, Gildas Morvan, venu encourager ses nombreux copains, lorgne sur Bahrain Team Pindar « un de ses préférés ». « Si je trouve un partenaire, l’idée sera de faire le tour du monde en solitaire avec escales dans deux ans.. » confie t-il. Plus chanceux, le figariste Christopher Pratt promu lauréat de la Filière DCNS, sait déjà qu’il naviguera l’année prochaine à bord du plan Finot-Conq de Marc Thiercelin. La relève, si elle était nécessaire, est déjà assurée.

C.El