Plume agile et pied marin

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Le vendredi 07 novembre 2008 à 16:38
© Aurélie Feuvrier / Vendée Globe

L’académicien Erik Orsenna était en visite aux Sables d’Olonne pour soutenir le projet de Bernard Stamm… L’écrivain qui est lui-même fin connaisseur des choses de la mer et un plaisancier averti livre ici son regard humain et maritime sur la course…

 

Erik Orsenna, vous êtes venu soutenir Bernard Stamm mais aussi tous ces marins qui partent faire le Vendée Globe ?
« C’est fascinant, la légende commence ici. On a les plus grands marins qui soient, un plateau exceptionnel. C’est amusant, on dit un plateau pour faire le tour. Il y a de l’horizontal et de la rotondité, c’est émouvant. Et puis tous ces gens qui sont là, qui viennent chercher de la légende, de l’ouverture, du surpassement, de l’émotion. Bien évidemment, je serai ému. Voir ainsi les visages des marins un peu tendus tous ces gens qui les admirent. C’est bon d’avoir de l’admiration. »


Ce n’est pas la première fois que vous venez au départ ?

« J’ai déjà participé à un départ du Vendée Globe, celui qu’Alain Gautier avait gagné et puis j’ai assisté au départ de The Race quand j’avais fait ce livre avec Bruno Peyron. C’est sur un départ qu’on acquiert la certitude que la mer est ronde : tout d’abord, c’est la coque qui disparait, ensuite on ne voit plus les mâts et puis voilà… rendez-vous dans trois mois ; et là, c’est un moment évidemment magique car ils emportent peut-être la meilleure part de ce qu’on a, nous. Ce sont nos postiers au fond. Ils envoient des messages à la terre. J’ai été trois fois dans le Grand Sud, deux fois dans le Canal de Beagle avec Bertrand Dubois qui est mort hélas, récemment sur l’île de Chiloe. Et la dernière fois avec Isabelle Autissier en Antarctique. Là, c’était un grand moment de ma vie. »


« L’avenir de l’eau », c’est le titre de votre dernière livre ?
« Comme j’avais fait un livre sur le Gulf Stream, l’eau douce était jalouse. Ce qui est fascinant c’est que les voiles sont multicolores et la mer est plus timide en couleurs. Elle est parfois bleue, parfois presque grise. Le plaisir le leur et surtout le notre, qu’on se sente plus grand qu’on est. Vu ma petite taille, ce ne sera pas difficile… »

Propos recueillis par PLC