Desjoyeaux : « envie d’y retourner »

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Le mardi 11 novembre 2008 à 01:56
© Mark Lloyd / DPPI / Vendée Globe

Michel Desjoyeaux est le troisième concurrent à revenir s’amarrer au quai de Port-Olona après les Suisses Dominique Wavre et Bernard Stamm. La course contre la montre a commencé pour l’équipe technique et les électriciens afin de réparer le problème électrique au plus vite. Le vainqueur du Vendée Globe 2000-2001 espère repartir avant 4h30 ou à partir de midi.  

Vers 0h25, sous les encouragements de plusieurs centaines de personnes venues l’accueillir, Michel Desjoyeaux (Foncia) est entré seul dans le chenal des Sables d’Olonne à 8-10 nœuds sous grand-voile à trois ris et ORC. Une manœuvre impressionnante mais menée de main de maître par le “Professeur“ et son équipe technique qui, à cause des déferlantes à l’extérieur du port, ne pouvait embarquer sans risque à bord du 60 pieds arrivant au portant. Tels des chats, ses équipiers ont sauté à bord et ont affalé les voiles en quelques secondes. Moins de dix minutes plus tard, Foncia était amarré à quai et Mich’ Desj’ pouvait livrer ses premières impressions.

 

« Le ballast de la zone centrale du bateau a fui légèrement. Rien d’alarmant en soi, sauf que je n’avais pas vu que cela se déversait en partie dans la cale moteur. Avec le ressac, parce qu’il y avait vraiment de la mer dans le golfe, cela a aspergé tout le faisceau électrique du moteur. Au bout d’une demi-heure de charge, le faisceau électrique du moteur a décliné ses fonctions. Cela a senti le cramé et j’ai coupé le moteur.


Deux personnes de Nanni Diesel sont en train de remplacer la partie qui a cramé. C’est l’invasion d’eau de mer qui a fait des dégâts, pas le moteur qui est en cause. On en profite aussi pour réparer la fuite du ballast. L’équipe me tiendra au courant du moment où je pourrai repartir. Sachant que côté marée, on peut sortir jusqu’à 4h30 du matin, sinon à partir de midi.
Le capot moteur n’est pas en cause. C’est le ballast qui fuit et qui va être recollé. A force de marcher sur les capots des ballasts, ça fait travailler les joints et comme on a passé trois semaines dans le bateau avec pas mal de monde passé à bord, je pense que cela vient de là.
Sans moteur, pas de batterie. J’ai une autre source de fabrication d’électricité qui est un hydrogénérateur qui n’était pas encore en place. Mais je ne me voyais pas faire 90 jours de course avec le seul hydrogénérateur. Il y a huit ans, j’avais déjà vécu la moitié de la course sans démarreur et ce n’était pas facile à vivre.


Le tour du monde, c’est long, c’est dur. Certains en ont fait encore plus les frais que moi. Je ne suis pas surpris qu’il y ait eu de la casse car c’était assez violent. Mais les bateaux sont quand même faits pour tenir. J’ai la chance d’avoir un mât, des voiles et l’envie d’y retourner. Repartir avec deux jours de retard n’est pas génial, mais la route est longue.


Je suis un peu énervé car j’avais fait un joli trou sur le paquet, et maintenant ce paquet est en tête de la course. C’est du passé maintenant. Il faut réparer et y retourner.


Si j’arrive à repartir ce matin ou à midi, on part avec du nord-ouest. Mais il y aura encore de la mer de face qui sollicitera énormément le bateau. »

 

En conclusion, Mich’ Desj’ n’oublie pas le public.
« Et vous saluerez une fois de plus les Sablais qui étaient nombreux sur la digue, Je croyais que c’était l’arrivée… »

 

LLB