Vendée Globe

A chacun son cap

A chacun son cap
© Yvan Zedda / Paprec-Virbac / Vendée Globe
Le 11 novembre 2008

Dans les grandes familles, il existe toujours le vilain petit canard, celui qui, resté dans l’ombre de ses grands frères, s’offre parfois quelques turbulences. A côté de la sainte trinité des grands caps, Bonne Espérance, Leeuwin et Horn, le Cap Finisterre a décidé de s’inviter à table…

Depuis huit ans, on pouvait croire qu’il s’était assagi. Le cap Finisterre qui symbolise la sortie du Golfe de Gascogne et le début de la longue glissade vers les alizés avait daigné ouvrir en grand la porte de l’aventure. Au point de se faire oublier dans l’ombre des trois caps mythiques des mers du sud. C’était mal connaître l’enfant terrible de l’hémisphère nord. Comme en 1992, comme en 1996, il s’est montré sous son plus mauvais jour : une mer courte et cassante, des vents supérieurs à 50 nœuds au passage du front, ont malmené la flotte des trente concurrents du Vendée Globe soumis à un baptême du feu des plus musclés.

Les statistiques se plaisent à dire que le vainqueur au Cap Finisterre était au final celui qui franchissait en tête la ligne d’arrivée devant les Sables d’Olonne. Ainsi donc Jean-Pierre Dick, le skipper de Paprec-Virbac 2, pourrait nourrir de sérieux espoirs en vue des jours à venir. Mais c’est sans compter que cette édition 2008-2009 se promet d’être atypique au vu du nombre de favoris déclarés. Mais le navigateur niçois préfèrera sans doute avoir le triomphe modeste au vu de la concurrence déclarée : cinq navigateurs qui se tiennent en moins de 11 milles rassemblant une des plus jolies palettes de la course au large. Loïck Peyron à bord de Gitana Eighty fait ainsi honneur à sa réputation en s’accrochant au tableau arrière de son sister-ship à moins de 3 milles. Roland Jourdain, le skipper de Véolia, démontre que les bateaux de la génération 2004 peuvent être parfaitement dans le coup, quand Vincent Riou, le tenant du titre sur son fidèle PRB est toujours en embuscade à 10 milles à peine. Pour compléter ce tableau, il fallait un des jeunes loups de la course au large : c’est Armel Le Cléac’h qui, flamberge au vent, porte les couleurs de la jeune classe en pointant son Brit Air en 5ème position.

 

Peloton de chasse ?


Il ne manque juste que les sujets de sa gracieuse majesté pour que le tableau soit complet. Emmenés par l’Ecover de Mike Golding, les Britanniques sont bien calés entre la dixième et la quinzième place à une petite cinquantaine de milles de la tête de flotte. Dans ce peloton de chasse on retrouve aussi quelques favoris comme Marc Guillemot sur Safran ou bien encore Jean Le Cam sur VM Matériaux. Avec quelques divines surprises comme la très jolie treizième place de Sam Davies qui sur son Roxy a su visiblement placer le curseur entre prudence et audace au bon endroit. On pourra objecter que cinquante milles ne sont rien à l’échelle d’un tour du monde, mais il y a fort à parier que certains des membres de ce peloton doivent pester intérieurement de n’avoir pas trouvé le même tempo que la tête de course. Dans ce genre de cas, il s’agit avant tout de garder la tête froide, de ne pas céder à gamberge. Se concentrer sur les réglages, faire la tournée d’inspection du bateau, profiter des conditions plus clémentes pour se reposer, s’alimenter correctement sont autant d’atouts que l’on gardera dans sa manche pour les jours à venir. Etre sorti indemne ou presque de ces premières quarante-huit heures furieuses est déjà un gage de satisfaction. Il serait dommage de le brûler dans des doutes improductifs.

PFB

 

 

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