Empannage madérien

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Le mercredi 12 novembre 2008 à 07:56
© Météo France

Alors que la flotte s’étale ce mercredi matin sur 150 milles, tous les solitaires bénéficient des mêmes conditions climatiques mais en bordurant l’anticyclone des Açores, les isobares vont s’incurver et les routes changer lors de l’empannage programmé pour cet après-midi au large de l’archipel de Madère.

Quand va-t-il falloir enclencher la manœuvre ? Voilà la question qui se pose ce matin aux premiers qui filent à plus de douze nœuds vers Madère. L’archipel est à 400 milles des étraves et les monocoques étaient ce mercredi matin, sur la bordure orientale de l’anticyclone des Açores, donc dans un flux de secteur Nord à Nord Est d’une bonne quinzaine de nœuds. Mais au fur et à mesure que les solitaires vont gagner dans le Sud, les isobares vont s’incurver et orienter la brise au Nord-Est vingt nœuds en milieu de journée. Puis à l’Est toujours d’une vingtaine de nœuds à la latitude de Gibraltar. Comme les bateaux ne naviguent pas au vent arrière, mais à environ 140° du vent réel sous spinnaker et grand voile haute, cette rotation du vent va obliger les skippers à s’écarter de la route directe et lorsque leur cap va friser le 240°-250°, ils empanneront pour se retrouver bâbord amures sur une route au 160°-170°.

 

Sous le vent ou au vent ?

Alors comment faut-il se positionner par rapport à la flotte ? Ce mercredi matin, les écarts en longitude entre les leaders Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) et Sébastien Josse (BT) atteignaient 60 milles. Logiquement, le voilier sous le vent devrait enclencher la manœuvre le premier car il se situe aussi plus au Sud : il devrait donc toucher avec une légère avance (une ou deux heures), la rotation progressive de la brise vers le Nord-Est. S’il tardait à empanner, il se retrouverait aligné sur la même route que ses concurrents plus à l’Ouest… De plus, comme le vent aura tendance à passer encore plus à l’Est au fil des heures, il pourra glisser plein Sud, voir même au 200°-220°, soit le cap idéal pour parer les Canaries par l’Ouest.

 

Mais les coups stratégiques se jouent aussi à cinq jours ! Certains fichiers météo laissent entendre que la brise sera plus soutenue le long des côtes mauritaniennes entre les Canaries et le Cap Vert, en étant orientée au secteur Nord à Nord-Est vingt nœuds, alors que le vent est prévu d’Est au grand large pour quinze nœuds… Les navigateurs doivent donc déjà se projeter jusqu’au week-end prochain pour imaginer (déjà !) comment ils vont aborder le Pot au Noir… Les logiciels vont chauffer à bord ! Un paramètre reste toutefois incontournable : s’il faut anticiper « météorologiquement parlant » à moyen terme, il faut aussi surveiller les options de ses concurrents. Partir isolé sur une route même logique n’est pas souvent une bonne idée lors d’une course au large : rester au contact tout en privilégiant une route protégeant sa position est un « fondamental » de la régate. Et le (ou les leaders) ayant l’ascendant sur ses poursuivants, a toujours tendance à donner le tempo… À surveiller ce mercredi après-midi : qui empannera le premier ?
 

DBo.