Alors que la flotte s’étale au large de l’archipel des Canaries, Loïck Peyron (Gitana Eighty) mène la danse depuis plus d’une journée maintenant et tient les rennes d’un quatuor de tête où s’est illustré Jean Le Cam, très rapide ces dernières 24 heures.
Au classement de 11 heures ce jour, le skipper de VM Materiaux est passé en seconde position, 27,5 milles derrière le leader (classement de 11h00) tandis que Sébastien Josse (BT) et Jean Pierre Dick (Paprec-Virbac2) complètent ce carré d’as qui se tient en 36 milles à peine.
Dans les alizés de nord-est (20 à 25 nœuds de vent et des grains), les moyennes de vitesse des bateaux sont montées d’un cran et les conditions de navigation sont loin de ressembler à « la croisière s’amuse ». Sous gennaker, les grands monocoques glissent à 17 nœuds moyens, avec des pointes à 25. L’atmosphère est humide et sportive. La concentration est de mise pour éviter les sorties de route. Seule consolation : les températures relativement douces de l’eau et de l’air.
Stratégiquement, chacun a placé ses pions. Dans le groupe des 10 premiers bateaux, la flotte est éparpillée d’ouest en est sur 170 milles et au sein de ce peloton, c’est Marc Guillemot (Safran) qui est le plus oriental de tous. Safran est en effet en train de croiser 30 milles au large de Palma. A l’opposé, Vincent Riou (PRB) et Armel Le Cléac’h (Brit’Air) sont les plus à l’ouest et naviguent littéralement à vue, à 3 milles l’un de l’autre. Tant et si bien que le deuxième a reçu un coup de fil du premier cette nuit, lors du passage d’un grain…
Dès maintenant, et tant que les pilotes automatiques continuent de bien maîtriser les grandes glissades au portant, chacun se penche sur sa stratégie pour le passage du pot au noir, un des points clés de ce parcours de 24 000 milles.
C.El