Double fracture

Articles

Le samedi 15 novembre 2008 à 06:18
© JEAN MARIE LIOT / DPPI / Vendée Globe

Petit à petit, la donne se clarifie. En tête de course, ils ne sont plus que dix à se tenir dans une centaine de milles. Un deuxième groupe pointe maintenant entre 160 et 230 milles de la tête de la course. Une petite moitié de la flotte est maintenant reléguée à plus de 300 milles. A l’exception de Dominique Wavre (Temenos), les navigateurs qui ont du faire escale aux sables d’Olonne mangent leur pain noir. Loïck Peyron (Gitana Eighty) domine toujours la course, Jean Le Cam (VM Matériaux) sur ses talons.

Au bout du compte, le scénario d’une course au large ne varie guère : le premier acte détermine le plus souvent l’élimination directe d’un certain nombre de concurrents de manière plus ou moins brutale. Le Golfe de Gascogne a ainsi procédé à une sélection impitoyable renvoyant quelques uns de ses meilleurs éléments à la maison ou les affligeant d’un handicap propre à décourager les meilleures volontés : Michel Desjoyeaux (Foncia), Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) ou Derek Hatfield (Algimouss – Spirit of Canada) risque d’éprouver encore longtemps un certain sentiment de solitude avant de jouer dans la même cour que leurs compagnons de course.

Après le Golfe de Gascogne la moulinette à égratigner les rêves de victoire a fait une pause avant de frapper un nouveau coup au large des Canaries. En l’espace de vingt-quatre heures le groupe de poursuivants qui pointe de la onzième à la quinzième place a vu son écart avec le groupe des dix doubler passant d’une trentaine de milles à près de soixante-dix.

 

Tels les dix petits nègres...

Reste le groupe des dix : pour l’heure, les positions sont a peu près stables. Un premier quatuor composé de Loïck Peyron (Gitana Eighty), Jean Le Cam (VM Matériaux), Sébastien Josse (BT) et Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) mène la danse. Derrière Vincent Riou (PRB), Yann Elies (Generali) et Armel Le Cléac’h (Brit Air) se disputent la cinquième place pour trois malheureux petits milles. Visiblement, les tenants de l’option ouest ont récupéré une partie de leur investissement même si Vincent Riou se montrait hier dubitatif sur l’opportunité du choix de route qu’ils avaient fait de concert avec Armel Le Cléac’h. Une manière de démontrer que nul n’est infaillible et que dans la marche pour le podium c’est à celui qui fera le moins d’erreurs que risque de revenir la palme. Roland Jourdain (Veolia Environnement), Mike Golding (Ecover) et Jérémie Beyou (Delta Dore) ferment enfin la marche de cette échappée. Mais comme dans le roman d’Agatha Christie, combien en restera-t-il quand il s’agira de se battre pour franchir la ligne d’arrivée aux Sables d’Olonne ?

Pour l’heure, le vent a visiblement molli sensiblement sur la zone. On est loin des moyennes de quinze à dix-sept nœuds annoncées depuis deux jours. Les voiliers de tête tournent actuellement entre dix et douze nœuds ce qui laisse présager ce que craignaient plusieurs navigateurs : l’alizé aurait décidé de ne pas honorer totalement ses engagements avec la flotte. A bord les angoisses liées à la tenue de route du bateau ont du laisser place à des prises de repos bien méritées et à l’élaboration sophistiquée de modèles météorologiques pour aborder au mieux le pot au noir. Avec une obsession pour tous : ne pas faire partie de la prochaine charrette.

PFB