Le coup de l’élastique

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Le dimanche 16 novembre 2008 à 06:47
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Hier, ils étaient dix à se tenir en moins de cent milles, aujourd’hui ils ne sont plus que sept. Comme bien souvent dans les courses de voile, les hommes de tête prennent leurs distances. Le trio Peyron, Le Cam, Josse creuse un peu l’écart et le skipper de Gitana Eighty enfonce un peu plus le clou de sa domination. L’alizé s’essouffle et les prochaines heures pourraient être cruciales.

La course au large n’a que faire de la morale et des bons sentiments. Une fois de plus, les riches grossissent leur capital quand les autres ne peuvent que ramasser les miettes du festin. Au classement de 5 heures, ce matin, Loïck Peyron sur Gitana Eighty a repris sur tous ses poursuivants. Jean Le Cam sur VM Matériaux, comme Sébastien Josse (BT), accuse un débours supplémentaire de huit milles par rapport au classement de samedi soir. Un recul dérisoire mais qui compte psychologiquement : il n’y a pas meilleur moyen de mettre un coup au moral de ses adversaires que de faire sentir qu’on est en inamovible dans le rôle du patron. Petite consolation pour les deux prétendants au podium : derrière ce trio de tête l’addition commence à être nettement plus salée. Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2), quatrième, est relégué à plus de 60 milles et Roland Jourdain (Veolia Environnement) en huitième position, à plus de cent. Pour Le Cam et Josse, selon que l’on regarde devant ou derrière, la bouteille est à moitié vide ou à moitié pleine.

La cage des Canaries

Car au vu des classements de ce matin, il est à craindre que certains concurrents ne trouvent dans leur petit déjeuner qu’une bonne vieille soupe à la grimace. D’autant que le trio de tête semble maintenir des vitesses susceptibles de continuer à creuser l’écart. Derrière ça tamponne et tout le monde doit craindre le scénario idéal pour les hommes de tête : un trio de furieux qui prend ses aises et se motive mutuellement pour repousser les attaques du peloton. Il n’y a pas encore péril en la demeure, mais le feu couve. Certains pourront avoir la maigre consolation d’avoir échappé au piège qui s’est refermé sur Marc Guillemot et dans une moindre mesure Dee Caffari (Aviva), qui ont subi le dévent des Canaries à plus de 50 milles de leur bordure ouest. Le skipper de Safran l’a payé au prix cher puisqu’il se retrouve relégué en 15ème position à 272 milles de la tête de flotte. Seul Michel Desjoyeaux, à bord de Foncia pouvait avoir le sourire à l’arrière du peloton. Pointé à 640 milles de la tête, il avançait à 13,9 noeuds et se montrait, de loin, le plus rapide de la flotte. Pendant ce temps Derek Hatfield sur Algimouss – Spirit of Canada se débattait dans des calmes au large de la Galice. Son bateau était pointé ce matin à moins de 3 nœuds de vitesse moyenne pour la nuit…

Reste que l’essoufflement de l’alizé peut encore redistribuer bien des cartes. Le vent d’est annoncé mollissant et refusant sur la partie ouest de la flotte pourrait redonner un petit bol d’air au trio de l’ouest à savoir Vincent Riou (PRB), Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) et Armel Le Cléac’h (Brit Air). Les trois gaillards de l’avant ne vont certainement pas crier victoire trop tôt. Ils sont trop fins renards pour savoir que ce qui est acquis là, peut s’évanouir en l’espace de quelques heures au gré des caprices d’Eole. Samedi était journée de repos et de détente sur la flotte. Ce dimanche pourrait se révéler sous haute tension.

 

PFB