Resserrement en tête de flotte

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Le mardi 18 novembre 2008 à 17:33
© Benoit Stichelbaut / Britair

Le ralentissement du groupe de tête à cause d’un alizé erratique profite à l’ensemble des poursuivants qui réduisent leur retard. La flotte se resserre à l’approche du pot-au-noir que les premiers aborderont dans la journée de mercredi. Derrière Loïck Peyron, impérial aux avant-postes depuis cinq jours, la lutte des places est soutenue entre les sept poursuivants. Et la traversée du pot-au-noir pourrait bien redistribuer les cartes… 

La course au large n’est pas très morale ! Le malheur des uns fait le bonheur des autres… quand ça tamponne devant, les attardés se frottent les mains et retrouvent un grand sourire. De Brian Thompson (Bahrain Team Pindar), actuellement 12e à Michel Desjoyeaux (Foncia), 18e et qui continue de remonter ses adversaires les uns après les autres, les écarts au premier ont fondu de 100 à plus de 200 milles en moins de 24 heures. Quel bonheur de voir tant d’efforts récompensés ! En repartant des Sables deux jours après tout le monde, Mich’ Desj’ avait rapidement vu son retard doubler, passant de 340 à près de 700 milles à cause de conditions météo moins favorables derrière. Ce n’est finalement que justice que la tendance s’inverse enfin. Avec 444 milles de déficit mardi à 16h, son solde reste encore négatif. Mais à ce rythme, les compteurs pourraient être remis à zéro demain.


Usure physique et nerveuse
Pour les dix premiers, qui se tiennent en une centaine de milles, la dépense physique et nerveuse des dernières heures atteint son paroxysme. Pas le temps de se reposer. Toute la nuit et toute la journée, les manœuvres se sont multipliées à bord des monocoques 60 pieds. Empannages et changement de voiles, qui plus est par forte chaleur et humidité maximale, nécessitent une bonne condition physique. Mais les neurones aussi chauffent devant l’ordinateur pour trouver les bonnes trajectoires lorsque l’alizé brille par son inconstance. Considérant que la météo ne les épargne pas depuis le départ, Jérémie Beyou (Delta Dore, 9e) s’exclame « c’est le pompon ! » lorsqu’il constate comme ses adversaires que les fichiers de prévisions météorologiques sont tous faux. Le casse-tête de la stratégie en course au large n’en est que plus compliqué.


L’incertitude du pot-au-noir
Autre supplice météo, l’arrivée du pot-au-noir qui s’annonce pour l’instant plutôt épais. A grands coups d’empannages, le trio de tête constitué de Loïck Peyron (Gitana Eighty), Jean Le Cam (VM Matériaux) et Sébastien Josse (BT) s’est recalé devant ses sept poursuivants. En conséquence, les écarts se sont fortement resserrés. A l’exception de Loïck Peyron qui conserve pour le sixième jour consécutif la tête de la course et arrive à maintenir sa petite avance sur l’ensemble de ses adversaires directs. Les prémices du pot-au-noir devraient s’apercevoir dès la nuit prochaine avec les premiers orages à l’horizon. Les nerfs des solitaires vont une nouvelle fois être mis à rude épreuve. La grande loterie du pot fera-t-elle le bonheur des uns et le malheur des autres ?

 

Loïc Le Bras