Derrière la ligne

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Le samedi 22 novembre 2008 à 15:45
© ARNAUD BOISSIERES / AKENA VERANDAS / Vendée Globe

L’horizon est désormais penché derrière la ligne de séparation des hémisphères : le vent de Sud-Est est bien installé entre 15 et 20 nœuds et ce régime devrait durer au moins quatre jours, si ce n’est plus ! Les dix premiers ont passé l’équateur, poursuivis par quatre autres solitaires qui devraient franchir la ligne en début de nuit prochaine.

Ce n’est pas très important, mais si cela continue à ce rythme comme en ce début de week-end, il va y avoir du doute dans l’air ! Car maintenant que les dix leaders ont franchi l’équateur, les conditions météorologiques sont stables : constater que Loïck Peyron (Gitana Eighty) arrive à gratter encore trois milles par jour sur ses deux dauphins, Sébastien Josse (BT) et Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) et jusqu’à vingt milles sur Jean Le Cam (VM Matériaux) et Jérémie Beyou (Delta Dore), n’est pas de bon augure ! Surtout que les vents de Sud-Est qui soufflent désormais sur la tête de la flotte sont au programme pendant quelques jours… Quatre ou cinq au moins, voire plus. Car l’anticyclone de Sainte Hélène a des velléités vacancières du côté du Brésil, loin, très loin de sa position habituelle au Sud du golfe de Guinée. En conséquence, les leaders vont devoir faire du près dans une mer assez hachée au moins jusqu’à la latitude de Salvador de Bahia, soit plus de 1 200 milles !

 

Vitesse pure

Deux facteurs vont donc jouer sur le différentiel de vitesse dans ce « club des dix » : le bateau avec son concept architectural et son optimisation ; le skipper avec sa présence sur le pont pour affiner les réglages. Or les quatre premiers sont tous des plans de l’architecte néo-zélandais Bruce Farr ! Le Baulois a l’art de mettre la pression sur ses concurrents en marquant son ascendant par touches homéopathiques : il l’avait déjà fait lors de la descente dans les alizés canariens, il recommence dans les alizés de Sainte-Hélène…
Il est probable que le vent est un peu moins établi pour le groupe suivant comprenant Dominique Wavre (Temenos II), Brian Thompson (Bahrain Team Pindar), Samantha Davies (Roxy) et Marc Guillemot (Safran) : ils ont passé l’équateur qu’en milieu d’après-midi. Mais d’ors et déjà, il va falloir surveiller le plan Juan Kouyoumdjian du Britannique : très puissant, très lourd et très toilé, ce monocoque est attendu au tournant car ce sont les conditions idéales pour qu’il s’exprime et à première vue, il grappille déjà presque un nœud sur ses plus proches concurrents !

 

Changement de Pot

Michel Desjoyeaux (Foncia) peut souffler : il a passé le Pot au Noir la nuit dernière avec quelques grains mais peu de ralentissement alors que celui-ci est en train de gonfler, de se reformer et même de se refermer sur Steve White (Toe in the water)… Sans parler des plus « extrémistes » qui ont voulu « couper le fromage » en cherchant un passage sur le 23° Ouest, trop près des côtes africaines ! Le Basque Unai Basurko (Pakea Bizkaia) en fait les frais avec une des plus faibles progressions vers le but de toute la flotte : cette situation pourrait lui coûter cher, tout comme au Britannique Jonny Malbon (Artemis) qui voit revenir dans son tableau arrière, l’Américain Rich Wilson (Great American III) et Raphaël Dinelli (Fondation Ocean Vital) qui a pourtant perdu son gennaker.

 

Vu de l’arrière

Jean-Baptiste Dejeanty (Maisonneuve) est toujours le plus rapide de la flotte avec une moyenne journalière de plus de treize nœuds : le benjamin du Vendée Globe a ainsi pu rattraper une grande partie du terrain perdu lors de son deuxième départ, quand le golfe de Gascogne a été très mou… Il n’est plus qu’à 1 660 milles du leader. Tout comme Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) qui est sorti de l’archipel du Cap Vert la nuit dernière : avec plus de dix nœuds de moyenne sur la route, le Suisse a pu repasser sous la barre des 900 milles en écart par rapport au premier. Bonne pioche !
 

DBo.