Changement de pot

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Le dimanche 23 novembre 2008 à 09:17
© Jacques Vapillon / DPPI / Vendée Globe

Si dix-sept solitaires naviguent désormais la « tête en bas » ce dimanche matin, il reste encore des bateaux dans le Pot au Noir et certains en sont encore très éloignés. Malheureusement, la ZCIT a changé de configuration et le ralentissement est plus marqué pour ce groupe de poursuivants…

Certes les leaders avaient été freinés après l’archipel du Cap Vert, mais le Pot au Noir lui-même était quasiment inexistant et les calmes qui ont régné pendant quelques heures n’ont finalement pas changé grand chose à la hiérarchie, même si la compression du groupe de tête a été sensible. Bref, les dix-sept premiers n’ont pas trop souffert de ce passage redouté et naviguent tous dans de bons alizés de Sud-Est de quinze à vingt nœuds sur une mer hachée. Du près donc pour un bout de temps… En revanche, la situation s’est nettement dégradée pour le groupe suivant, surtout que certains navigateurs ont « tenté le diable » en misant sur une Zone de Convergence Inter-Tropicale (ZCIT) peu active et peu étendue : en longeant les côtes africaines, puis en passant à l’Est du Cap Vert en descendant plein Sud sur le 22°30 Ouest, le Basque Unai Basurko (Pakea Bizkaia) a pris des risques. Mais finalement, s’il a été ralenti plus longtemps que ses prédécesseurs, il s’en sort plutôt bien ce dimanche matin en se positionnant le plus à l’Est de toute la flotte !

 

Pas de chance dans le Pot

Le voilier espagnol va en effet pouvoir légèrement débrider les écoutes dans les alizés de Sud-Est qui règnent déjà pour lui à l’approche de l’équateur. Et le skipper a tout de même gagné deux places grâce à cette option tactique face à Jonny Malbon (Artemis) et Rich Wilson (Great American III). Ces deux anglo-saxons n’ont pas osé suivre cette option extrême et, en se recalant vers l’Ouest, ils ont non seulement perdu du terrain mais ils se sont surtout faits engluer dans un Pot au Noir de nouveau actif ! Le Britannique s’en est extrait ce matin, mais l’Américain a beaucoup trop traîné dans ces parages mal fréquentés, au point même de voir Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) le dépasser ce week-end. Souhaitons au doyen de ce sixième Vendée Globe de s’en extraire au plus vite car le jour se levait encore dimanche avec peu de brise pour Rich Wilson… Quant à l’Autrichien Robert Sedlack (Nauticsport-Kapsch), il cherche à se recaler pour passer le Pot au Noir autour du 26° Ouest et comme sa route avait auparavant privilégié l’Est, il est contraint à tirer un bord de portant fort peu avantageux en terme de progression vers le but…

 

Reste les trois « revenants » des Sables d’Olonne : Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) est en approche d’un Pot au Noir toujours positionné très Nord mais encore peu étendu en latitude, ce qui ne va pas être le cas pour ses deux poursuivants ! Encore au Nord de l’archipel du Cap Vert, le Canadien Derek Hatfield (Algimouss-Spirit of Canada) et Jean-Baptiste Dejeanty (Maisonneuve) sont parmi les plus rapides de la flotte mais il va leur falloir gérer le dévent des îles (tous les deux ont choisi de les déborder par l’Ouest) et le point d’impact d’un Pot au Noir moins coopératif… S’ils devraient encore grappiller quelques milles sur la tête de course ce dimanche, cela devrait s’inverser en début de semaine jusqu’à leur passage de l’équateur. Ensuite, une deuxième chance pourrait leur être offerte si l’anticyclone de Sainte-Hélène ne change pas de configuration pour les leaders et revient à sa place « normale » pour les retardataires !

 

DBo.