Vague à lames

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Le lundi 24 novembre 2008 à 20:15
© JEAN MARIE LIOT / DPPI / Vendée Globe

Pas de changements notables ces dernières heures : les alizés de Sud-Est soufflent encore entre quinze et vingt-deux nœuds avec toujours une mer assez dure à négocier et l’avenir proche n’annonce pas de modifications.  

Boum, boum ! Cela fait maintenant trois jours que la plupart des solitaires naviguent au près et les bateaux tapent à chaque vague car l’océan Atlantique est loin d’être lisse… Deux mètres de creux minimum au rythme d’une lame toutes les trente secondes, cela fait plus de huit mille répétitions d’un bruit aussi impressionnant que lancinant ! Un bruit qui rythme toute la journée du solitaire et qui marque comme un puissant métronome, une progression plein Sud en direction du centre de l’anticyclone. Le navigateur arrive à dormir, mais peut à tout moment se réveiller si le son diffère : moins de bruit ou un crac impromptu, et le corps se déroule brutalement pour aller jeter un œil sur le pont. Et quand les fichiers météo ne laissent entendre aucune transformation sensible pour les trois jours à venir, une certaine lassitude envahit les esprits…

 

Ne pas s’endormir !

Et pourtant, il va falloir faire avec ! Avec ce vent assez stable en direction, mais plutôt irrégulier en force ! Avec cette mer chaotique qui fait vibrer le mât et penser à l’avarie de Jérémie Beyou ! Avec cet anticyclone de Sainte-Hélène qui ne veut pas revenir à sa place habituelle ! Avec ses concurrents qui ne lâchent rien et grignotent parfois quelques précieux milles ! Car il faut être présent, sur le pont, dans le cockpit, pour adapter la voilure aux grains et aux molles, régler les voiles quand le vent bascule d’une vingtaine de degrés, vérifier le gréement… Mais aussi présent à l’intérieur, pour aller chercher des informations météo, pour contrôler l’arrimage du matériel coincé au vent, pour jouer avec les vannes de ballasts afin de modifier l’assiette du bateau. Dormir oui pour récupérer et arriver en pleine forme dans les Quarantièmes Rugissants qui sont encore à 1 500 milles de l’étrave, mais ne pas s’endormir pour ne pas perdre de terrain…

Lundi soir, les conditions météorologiques n’ont pas influé sur la hiérarchie et les gains et pertes de milles ne se comptabilisent que par pincées. Armel Le Cléac’h (Brit’Air) est ainsi repassé devant Vincent Riou (PRB), d’un petit mille… Mais c’est Marc Guillemot (Safran) qui pointe la meilleure moyenne sur les dernières heures : un bon nœud de mieux que tout le reste de la flotte, à l’exception de Brian Thompson (Bahrain Team Pindar), lui aussi très rapide dans ces conditions très stables. Et en queue de peloton, Jean-Baptiste Dejeanty (Maisonneuve) est aussi reparti très vite et n’est plus qu’à moins de cent milles du Canadien Derek Hatfield (Algimouss-Spirit of Canada).

DBo.