En attendant Godot ?

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Le mardi 25 novembre 2008 à 20:12
© Jean-Marie Liot / DPPI / Vendée Globe

Le groupe de tête approche de l’île brésilienne de Trindade, passant à une soixantaine de milles dans l’Est de ce caillou isolé, et la cadence reste toujours aussi élevée malgré un état de la mer assez difficile à négocier. Les bateaux fatiguent, les corps aussi, penchés à 20° depuis cinq jours et tant que l’anticyclone ne voudra pas bouger, la situation va perdurer… 

Petite évolution pour la flotte qui a passé l’équateur : les alizés de Sud-Est ont commencé à prendre une composante un peu plus Est et les monocoques peuvent accélérer un peu, tout en faisant attention à ne pas dépasser des vitesses limites qui risqueraient de fragiliser le matériel, particulièrement les gréements. L’objectif reste le même : piquer au Sud ! Et attendre que les hautes pressions veulent bien se décaler vers l’Est. Cela semble imminent mais pas encore assuré à 100%, ce qui laisse dubitatifs les solitaires qui cherchent une solution à la table à cartes. Car le moment de tourner à gauche est très important pour la suite : trop tôt et c’est le ralentissement dans le ventre mou de l’anticyclone ; trop tard, c’est le risque de voir s’échapper des concurrents plus intrépides…

 

Au large de Trindade

« Patience est mère de sûreté », dit le dicton, mais à ce rythme, c’est plus d’une semaine (voir dix jours) de près que vont accumuler les tandems bateau-skipper depuis leur sortie du Pot au Noir ! Et quand les concurrents constatent que tous leurs efforts ne produisent pas grand effet, en ce sens que les milles gagnés se perdent aussi rapidement, voir plus à l’occasion d’une petite bascule favorable ou d’un renforcement passager, cela a de quoi marquer les esprits. Et lorsque les routages confirment que les poursuivants vont de toute façon refaire leur retard prochainement à la faveur des molles qui s’annoncent devant les étraves, rien n’est fait pour encourager à se démener comme un diable… Mais toutes les courses (ou presque) démontrent que la position de leader est toujours un bonus, même si le décalage n’est que de quelques milles.

 

Alors ce mardi soir, le bilan est mitigé pour presque tous les solitaires, à l’exception peut-être des plus éloignés de la tête de course. Les vitesses oscillent toujours entre 12,5 et 15,4 nœuds selon la position sur le plan d’eau et le vent local parfois très différent à quelques dizaines de milles près. Les plus rapides sont Mike Golding (Ecover 3) et Dominique Wavre (Temenos II) sur leurs plans Owen Clarke Design décidément très à l’aise dans ces conditions rudes. Mais Marc Guillemot (Safran) et Michel Desjoyeaux (Foncia) sont aussi très véloces, le premier ayant désormais pris les commandes du premier groupe de chasseurs, le second ayant dorénavant en ligne de mire Samantha Davies (Roxy), sur le bateau que le vainqueur du Vendée Globe menait en 2000…

 

DBo.