Le peloton s’étire

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Le jeudi 27 novembre 2008 à 07:55
© JEAN MARIE LIOT / DPPI / Vendée Globe

Si le groupe de tête est compact et que les neuf premiers sont pourchassés par un trio et un duo encore à portée d’étrave, le peloton est nettement plus distancé entre 500 et 1 500 milles de la position du leader… Une situation qui pourrait toutefois changer lorsque l’anticyclone de Sainte-Hélène va revenir à sa place normale.  

Après 18 jours de mer, la flotte s’étale sur plus de 1 500 milles entre l’équateur et le Sud du tropique du Capricorne. Un écart qui peut paraître énorme puisque les leaders n’ont parcouru que 4 500 milles environ par rapport à la route directe, soit un peu plus de 10,4 nœuds de moyenne (VMG) : 30% de différentiel ! Mais ce phénomène s’explique déjà par les retours au port de cinq solitaires. Dominique Wavre (Temenos II) repartait avec un déficit de 80 milles environ et concède actuellement 240 milles au premier ; Michel Desjoyeaux (Foncia) avait un écart de 360 milles lors de son deuxième départ et il est en retrait de 390 milles ce jour ; Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) cumulait 950 milles aux Sables d’Olonne et se positionne à 1050 milles de la tête de flotte ; Derek Hatfield (Algimouss-Spirit of Canada) reprenait la course avec 1 200 milles d’écart et en avait ce jeudi matin 1 520 milles. Enfin, Jean-Baptiste Dejeanty (Maisonneuve) avait 2 000 milles de retard après sa réparation et n’a plus de 1 500 milles de différentiel ce jour. C’est le seul « revenant » des Sables d’Olonne qui a grappillé des milles !

 

Un système météo différent

Ce phénomène est relatif au fait que les conditions météorologiques n’ont pas été aussi favorables pour les poursuivants que pour les leaders depuis le golfe de Gascogne. Et pour les autres concurrents qui forment le peloton, le différentiel vient en grande partie du potentiel du bateau qui n’est pas du tout le même que celui de la nouvelle génération. L’Autrichien Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) navigue sur un bateau conçu en 1992, construit en 1996 et réalisé en aluminium : il ne peut pas espérer tenir les moyennes des nouveaux prototypes… Rich Wilson (Great American III) et Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) ont pris le départ du Vendée Globe, avant tout pour une aventure personnelle et collective avec leurs correspondants à terre. Jonny Malbon (Artemis) découvre son bateau avec lequel il a très peu navigué avant le départ des Sables d’Olonne et Unai Basurko (Pakea Bizkaia) porte haut les couleurs du pays basque pour la paix. Steve White (Toe in the water) effectue un début de parcours tout à fait étonnant malgré une préparation succincte sur un bateau ancien.

 

Pour Dee Caffari (Aviva), le challenge est très différent d’un record autour du monde à l’envers et Arnaud Boissières (Akena Vérandas) a beau avoir négocié une belle descente le long des côtes africaines, son plan Finot-Conq est l’un des moins à l’aise au près. Quant à Samantha Davies (Roxy), elle confirme l’énorme fossé qui s’est créé ces dernières années entre concepts architecturaux : ses 300 milles d’écart (6%) correspondent approximativement au différentiel constaté face à la nouvelle génération de monocoques Imoca… Reste que ce peloton très étiré va probablement bénéficier d’un coup de pouce météorologique : en revenant à sa position normale, l’anticyclone de Sainte-Hélène va ouvrir une voie plus courte vers le cap de Bonne Espérance. Cela ne sera pas suffisant pour rattraper les premiers, mais tout de même assez conséquent pour limiter les retards et remettre ces poursuivants à un système météo d’écart, et non à deux ou trois, à l’entrée de l’Océan Indien.

 

DBo.