La bataille du rail
Articles
Le dimanche 30 novembre 2008 à 09:21Si l’anticyclone de Sainte-Hélène a bougé ce week-end pour laisser passer les premiers solitaires, il est présent dans leur Nord immédiat et peut encore provoquer de sérieux ralentissements. Gagner dans le Sud est un impératif, mais pas trop au risque de rater le train pour la porte des glaces… Le champ d’action est réduit et les revirements hiérarchiques sont toujours d’actualité !
Eléments associésSkippers |
Pour s’extraire de l’anticyclone de Sainte-Hélène qui a commencé son lent mouvement latéral vers l’Afrique, les solitaires ont dû prendre des chemins de traverse et peinent encore ce dimanche matin, à trouver la voie vers le « rail » des vents portants soutenus d’Ouest. En fait, après avoir obliqué à gauche, les navigateurs ne sont pas totalement sortis des hautes pressions et le couloir est étroit entre les calmes au Nord et le baston au Sud. Surtout qu’à l’horizon de 48 heures, les vents faibles seront au rendez-vous tant sur la face septentrionale que sur le côté méridional ! Car il semble que la brise ne va s’écouler qu’entre le 38° et le 40° Sud et c’est donc le « petit train » qui s’annonce pour les jours à venir : enchaînements d’empannages pour rester dans ce « tunnel » qui n’offre encore que peu d’opportunités stratégiques, surtout parce qu’il faut passer (au moins par un point) au Nord de la première porte des glaces Atlantique (située par 42° Sud – 1° Est)…
Trouver le bon tempo
À l’issue d’une journée marquée par un grand virage vers l’Est, il semble que le groupe de tête va « imploser » ! Ceux qui sont encore proches des hautes pressions comme Jean Le Cam (VM Matériaux) vont avoir du mal à éviter les calmes anticycloniques qui s’étendent au-dessus du 38° Sud et ceux qui sont devant comme Loïck Peyron (Gitana Eighty) et le leader Sébastien Josse (BT), ne sont pas assurés de profiter de la propulsion suffisante pour faire le break. Il faut descendre entre le 39° et le 40° Sud pour bénéficier d’un flux d’une vingtaine de nœuds de secteur Nord-Ouest (300°), donc empanner pour se recaler… Le prochain classement de 11h00 devrait nous éclairer sur les options de chacun. Car comme les monocoques vont se retrouver plein vent arrière pour rallier la première porte des glaces, ils seront obligés de choisir un bord à 150° minimum du vent réel, soit en bâbord amure un cap au 100° et en tribord amure cap, au 160° dans une quinzaine de nœuds sous spinnaker.
Toute la difficulté va donc être en ce dimanche, de basculer d’un bord à l’autre dans le bon tempo pour profiter du flux qui est plus fort vers le Sud (25 nœuds) mais aussi pour faire de la route positive vers la porte, donc plus au Nord (15 nœuds)… Le temps que la situation se stabilise après le passage de l’anticyclone, il devrait donc y avoir quelques trajectoires erratiques, du moins parmi le groupe de tête. Car derrière les neuf premiers, la configuration est un peu plus simple : le vent est plus stable en force et en direction et les poursuivants peuvent observer les zones plus ou moins favorables au regard des positions des leaders à 11h00 ! C’est l’avantage d’être chasseur comme Michel Desjoyeaux (Foncia) qui revient vite sur le groupe de tête avec en sus, du vent qui arrive par derrière…
Moins de route, moins d’écarts
Quant aux autres concurrents, ce déplacement de l’anticyclone vers Sainte-Hélène est une excellente nouvelle : au lieu de tourner à gauche sur le 36° Sud comme les premiers, ils vont obliquer dès ce dimanche et plus les monocoques sont éloignés des leaders, plus ils pourront arrondir les hautes pressions au plus court. Le bilan devrait donner un léger raccourcissement (une trentaine de milles) à Samantha Davies (Roxy), encore trop proche des hautes pressions, mais déjà plus d’une cinquantaine de milles pour Dee Caffari (Aviva) et Arnaud Boissières (Akena Vérandas). Bonne nouvelle aussi pour Steve White (Toe in the water) qui va grappiller une centaine de milles tout comme le Basque Unai Basurko (Pakea Bizkaia), Jonny Malbon (Artemis), Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) et Rich Wilson (Great American III).
Mais c’est surtout pour les deux retardataires, Derek Hatfield (Algimouss-Spirit of Canada) et Jean-Baptiste Dejeanty (Maisonneuve), que ce changement météorologique est bénéfique : ils vont non seulement raccourcir leur trajectoire vers la porte des glaces atlantique d’au moins deux cent milles, mais en plus, ils vont accrocher une dépression qui se forme au large du Brésil, apportant un régime de Nord-Est puissant qui ne va s’étioler qu’à proximité de l’Afrique du Sud ! Leur compte de débours pourrait se réduire à peau de chagrin…
DBo.
Infos précédentes :
- 30/11/08 à 09:21 : La bataille du rail
- 30/11/08 à 06:06 : Clignotants
- 29/11/08 à 21:02 : Raphaël Dinelli se déroute vers l'île de Trindade
- 29/11/08 à 20:22 : L’heure des comptes
- 29/11/08 à 17:45 : Qui vivra verra…
- 29/11/08 à 14:52 : Une journée de bouleversement
- 29/11/08 à 11:10 : Eliès, nouveau leader
- 29/11/08 à 08:47 : La révision des 5000
- 29/11/08 à 06:11 : La mêlée du Sud
- 28/11/08 à 20:33 : A la chasse au Jojo
Flash infos
- 12/03/10 à 17:59 - Réaction des architectes
- 09/03/10 à 19:25 - Mise à l’eau jeudi prochain ...
- 09/03/10 à 15:11 - L'Ecole des pêches des Sables ...
- 05/03/10 à 15:13 - Charles Caudrelier candidat ...
- 26/02/10 à 19:24 - Jean-Yves Gau à Auckland
- Précédents Flashs : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 Tous les flashs










