Vincent, Jojo, Loïck et les autres
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Le dimanche 30 novembre 2008 à 20:18C’est l'ironie de la course au large. Si ce Vendée Globe est formidable, c’est aussi parce qu’il y a trente acteurs de talents. Et si les premiers brillent, c’est en partie parce que derrière, d’autres permettent de marquer les différences entre un couple bateau-skipper affuté pour la gagne et d’autres qui n’ont pas toujours les mêmes arguments. Mais qui méritent autant de considération.
Pendant que la tête de flotte croise au large de Tristan da Cunha, le gros du peloton continue sa longue descente de l’Atlantique Sud. Quand certains se battent pour la gagne, d’autres sont là avant tout pour rendre une copie propre, pour engranger de l’expérience parfois, pour aller au bout d’un rêve. Sans oublier ceux que la malchance a forcé à revenir au port pour ensuite partir à la chasse.
Favoris et seconds couteaux mêlés
Il y a déjà tous ceux qui savaient par avance : bateau d’ancienne génération, budgets comprimés, manque de temps de navigation, les raisons sont multiples pour expliquer le débours de milles entre ces sans-grades de la flotte et les éclaireurs avancés en route vers les Quarantièmes. D’autant que bien souvent, ils ne sont pas épargnés par les mille et un petits soucis qui affectent des navigateurs en course sollicitant leur machine. C’est Dee Caffari qui à bord de Aviva voit chaque jour la liste des travaux à effectuer qui s’allonge, c’est Derek Hatfield qui doit barrer pendant des heures, par la faute d’un générateur récalcitrant sur Algimouss Spirit of Canada… C’est enfin Raphaël Dinelli contraint de chercher un mouillage pour son Fondation Ocean Vital, par la faute d’un surgainage qui coince sa drisse de grand-voile. D’autres continuent leur bonhomme de chemin à leur mesure, bien souvent talentueuse : comment ne pas être épaté par la vitalité d’une Sam Davies qui témoigne chaque jour de son bonheur de mener son Roxy devant plusieurs prototypes de nouvelle génération ? De même, Arnaud Boissières, tout en discrétion, promène son Akena Vérandas avec beaucoup de justesse et démontre qu’il mérite pour l’avenir de disposer d’une machine plus performante. Tous ceux-là ne paient pas forcément de beaucoup de mots : mais leur parcours en dit plus que de péremptoires déclarations d’intention. Pendant ce temps Jean-Baptiste Dejeanty sur son Maisonneuve se paie, quant à lui, le luxe d’empocher le record de cette édition entre les Sables d’Olonne et l’équateur.
On n’oubliera pas dans cet inventaire, les favoris handicapés par la malchance dès le début de course. C’est ainsi qu’on découvre un Michel Desjoyeaux (Foncia) qui a su faire fi de certaines pudeurs bien compréhensibles quand on joue sa réputation de maître des océans pour adopter une défroque bien plus humaine. C’est un Dominique Wavre jovial qui, jour après jour, nous fait goûter le plaisir de naviguer à bord de Temenos II plutôt que se complaire dans ses malheurs de début de course. C’est enfin un Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) qui ne lâche rien pour pouvoir, quelque soit le résultat final, se dire qu’il est allé au bout de ce qu’il savait faire et qu’il n’y a rien à regretter.
Bord à quai
Tous savent qu’au bout du compte, tant qu’on est en course, il reste du bonheur à prendre. Il suffit de penser à la détresse de ceux qui d’ores et déjà ont vu leurs espoirs abandonnés le long d’un quai. Kito de Pavant (Groupe Bel), Alex Thomson (Hugo Boss) ou bien encore Yannick Bestaven (Aquarelle.com) et Marc Thiercelin (DCNS) en savent quelque chose qui ont du ravaler leur déception pour reprendre pied dans la vie commune du terrien… Sans oublier non plus la tristesse d’un Jérémie Beyou qui, à bord de son Delta Dore blessé, a tenté de retarder ce qu’il savait inéluctable après une première inspection de son mât trahi par ses barres de flèche. Ceux-là auraient finalement donné cher pour pouvoir être dans la bagarre, même retardé, même en butte à des circonstances hostiles…
Pendant ce temps, en tête de flotte, Sébastien Josse, à bord de BT, confirme tout le bien que l’on pensait de lui. Celui qui disait au départ des Sables d’Olonne ne pas avoir de crainte particulière d’un concurrent ou d’un autre n’avait finalement pas tort. La course est loin d’être terminée mais beaucoup paieraient cher pour pouvoir être assis à sa place.
PFB
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