Aux portes de l'Indien

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Le vendredi 05 décembre 2008 à 17:11
© Ellen MacArthur / DPPI

A l’approche du cap de Bonne-Espérance, Loïck Peyron a repris les rênes de la course grâce à une option au nord de ses adversaires. La météo toujours aussi instable continue de jouer les trouble-fêtes. Quelques heures après des surfs à 30 nœuds, une partie des leaders se traînait entre 3 et 5 nœuds dans une bulle sans vent. Terrible pour les nerfs…

 

Dans un tour du monde par les trois caps (Bonne-Espérance, Leeuwin et le célèbre Horn), le passage du premier cap marque l’entrée dans l’Océan Indien. L’océan le plus redouté au monde pour la violence de ses éléments. Pas de photo souvenir au passage de ce cap qu’ils laisseront cette nuit (ou demain matin) à près de 500 milles dans leur nord (l’équivalent d’un Paris-Perpignan). C’est donc un passage symbolique qui confirme aux solitaires – au cas où ils en douteraient – qu’ils sont véritablement entrés dans les mers du sud et les 40es Rugissants. Albatros, ciel gris et grands surfs endiablés ponctuent désormais le quotidien des marins. A la vacation du jour, nombre d’entre eux racontaient des surfs aux alentours de 30 nœuds ! Des vitesses hallucinantes pour des monocoques ! Bienvenue dans le Grand Sud… Si ce n’est quelques îles éparses et inhospitalières, la prochaine terre s’appelle l’Australie, à plus de 4500 milles au loin.

 

Peyron, le retour
Jeudi soir, Sébastien Josse (BT) menait la course, avant de céder les rênes à Yann Eliès (Generali, 7e leader différent) à 5h ce matin, puis à Loïck Peyron (Gitana Eighty) à 11h. C’est le 20e changement de leader depuis le départ en 26 jours de course ! Peyron, qui n’a quasiment jamais quitté le trio de tête, a profité de son décalage au nord de ses adversaires pour s’échapper pendant que la plupart d’entre eux étaient fortement ralentis par une bulle sans vent. Toute la journée, les vitesses disparates traduisaient l’instabilité des conditions météo. 15 nœuds pour les uns (Peyron, Le Cléac’h) et 3 à 5 nœuds pour les autres (Dick, Le Cam, Jourdain, Golding, Eliès) au pointage de 11h. Cinq heures plus tard, le trio de tête était ralenti à 8 nœuds tandis que leurs poursuivants redémarraient entre 9 et 14 nœuds. La faute à une bulle anticyclonique venue semer le trouble sur le groupe de tête. Inévitablement, avec des écarts aussi serrés depuis le début, les classements s’en ressentent immédiatement. Mais pas de quoi inquiéter les navigateurs du Vendée Globe qui savent que cette régate au contact est loin d’être finie.

 

Un rythme d’enfer
Si les premiers impriment un rythme élevé à la course, le peloton et les retardataires ne sont pas en reste. 22e, Jean-Baptiste Dejeanty (Groupe Maisonneuve), qui aura ce soir doublé son 4e adversaire depuis son retour en course, était une nouvelle fois le plus rapide sur 24 heures, juste devant Derek Hatfield (Algimous Spirit of Canada), 23e. Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) a pour sa part doublé Dee Caffari (Aviva) et pointe désormais en 15e position.

 

 

L.L.B.