L’ogre Desjoyeaux

Articles

Le dimanche 07 décembre 2008 à 20:43
© VINCENT CURUTCHET / DPPI / Vendée Globe

Jean-Pierre Dick conserve la tête de la flotte dimanche soir devant Sébastien Josse et Roland Jourdain. Mais à moins de 100 milles derrière, Michel Desjoyeaux n’en finit plus de réduire son retard et de remonter un à un ses adversaires. Il pointe désormais à 3,1 milles du 6e, Jean Le Cam ! 

Ils ne sont plus que 24 solitaires en course depuis le retrait dimanche à 13h34 de l’Espagnol Unai Basurko (Pakea Bizkaia) sur avarie de safran. Le Basque ne demande pas d’assistance et se débrouille seul pour remonter au nord vers une destination encore inconnue. A 1500 milles de là, dans l’Océan Indien, les premiers enchaînent les surfs à plus de 25 nœuds et tiennent des moyennes de plus en plus élevées. Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2), leader depuis dimanche 11h, a parcouru 424 milles en VMG sur 24 heures, à la moyenne de 17,7 nœuds ! Ces cadences infernales mettent sous pression les marins qui reconnaissent apprécier le répit d’un ralentissement passager, pour manger, dormir, ranger ou tout simplement à cause des bruits assourdissants dans leur habitacle.

 

Reparti 40h après tout le monde à cause d’une fuite de ballast entraînant une avarie de démarreur, Michel Desjoyeaux (Foncia), qui a accusé jusqu’à 680 milles de retard, réalise une remontée spectaculaire. Revenu dans le top 10, il continue de dévorer ses adversaires un à un, tel un ogre affamé. Non content d’avoir avalé Riou et Eliès samedi, il s’attaque maintenant à Le Cam qui lui a cédé 15 milles en 4h (entre les pointages de 16h et 20h dimanche). Agaçant pour tous ses concurrents. D’autant que le Professeur n’est pas plus rapide à la faveur d’une option extrême. Non, il traverse la flotte en son milieu et double ses adversaires en vitesse pure. Tous les solitaires déclarent aux vacations qu’il faut savoir gérer le matériel pour ne pas casser. Très clairement, Mich’ Desj’ ne place pas le curseur de sécurité au même niveau que les autres. Il n’hésite pas à appuyer sur l’accélérateur pour revenir aux avant-postes. S’il continue sur ce rythme-là, on peut se demander quand il prendra la tête et s’il lèvera le pied le jour venu !

 

L.L.B.