Vendée Globe

Séparation de trafic

Séparation de trafic
© Jean-Marie Liot / DPPI / Vendée Globe
Le 08 décembre 2008

Après quatre semaines de mer, la flotte commence à se séparer plus nettement en cinq groupes toujours emmenés par Jean-Pierre Dick qui a choisi une route plus Sud, donc plus courte pour rallier le prochain point de passage, l’île Heard.

 

Vingt-deux changements de leader en quatre semaines de course ! Ce sixième Vendée Globe confirme l’intensité de cette confrontation au plus haut niveau et à des vitesses qui parfois semblent hallucinantes… Car l’embouteillage de Sainte-Hélène est désormais un lointain souvenir : à l’issue du virage à gauche le long des hautes pressions atlantiques, la tête de la flotte a fait un gros break, puis le groupe leader s’est scindé en sous-groupes qui commencent à nettement plus se disperser non seulement en longitude, mais aussi en latitude. Et avec des conditions météorologiques qui sont à ce jour très différentes dans l’océan Indien, ces mêmes sous-groupes implosent en particules élémentaires…

 

Route sous le vent, route devant

Car il y a tout de même 150 milles de décalage Nord-Sud entre Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) toujours premier, et Yann Eliès (Generali) 7ème et ex-leader du groupe de tête il y a deux jours… A 1 500 milles de l’île Heard, prochaine marque du parcours à laisser à tribord, la route au Sud de la flotte est toujours intéressante car elle permet de raccourcir le parcours en tournant plus proche de l’Antarctique. Et des milles grattés sont toujours bons à prendre quand le différentiel de vitesse est peu marqué dans le top ten. Surtout quand en sus, les conditions météorologiques deviennent très différentes à deux cents milles près en longitude : avantage est donné ce lundi à la tête de flotte qui peut encore bénéficié d’un flux soutenu de secteur Ouest en queue d’une dépression, quand les poursuivants directs sont progressivement ralentis par une dorsale anticyclonique et que le peloton est en attente d’une nouvelle perturbation pour mercredi au Sud de la corne africaine.

 

Ce lundi semble donc marquer une pause après le rythme infernal du week-end et ce ralentissement se fait déjà sentir pour les poursuivants du groupe de tête à l’image d’Armel Le Cléac’h (Brit Air) qui est deux fois moins rapide que les premiers. Seul Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) arrive encore à maintenir des moyennes supérieures à quinze nœuds dans le peloton. Alors qu’en fermeture de flotte, Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) et Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) ont encore 1 200 milles à parcourir avant d’entrer dans l’océan Indien… Un groupe de tête qui se délite, deux poursuivants qui n’arrivent pas à recoller à plus de 300 milles du leader, un peloton qui fait le petit train à plus de 600 milles, et des chasseurs qui s’étalent entre 1 000 et 2 000 milles du premier : à la sortie de l’Indien, il risque fort d’y avoir plus d’un demi océan d’écart entre le leader et la queue de flotte…

 

DBo.

 

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