Les temps de l’Espérance

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Le lundi 08 décembre 2008 à 15:04
© Jacques Vapillon / DPPI / Vendée Globe

26 jours 19 heures 38 minutes, soit deux jours dix-sept heures vingt minutes de retard entre le passage à la longitude du cap de Bonne Espérance de Sébastien Josse pour ce sixième Vendée Globe, et celui de Vincent Riou quatre ans auparavant. S’il est encore envisageable de battre le temps de référence du vainqueur de 2004 aux Sables d’Olonne, la barre des quatre-vingts jours apparaît désormais inaccessible… 

Avec près de deux jours de retard dès le passage de l’équateur (1j 19h 45’ exactement), il était encore possible de rattraper du temps lors de la descente de l’Atlantique Sud. Mais avec un anticyclone de Sainte-Hélène fort peu coopératif, le delta s’est a contrario allongé par rapport à la référence de Vincent Riou en 2004. Le cumul a donc augmenté de près d’une journée supplémentaire… Mais ce passage virtuel au cap de Bonne Espérance est aussi un référent pour établir la hiérarchie de la flotte et donc les écarts en temps qui séparent la tête de la flotte de la queue du peloton.

 

Le retour des « revenants »

En fait, cette tranche de parcours entre l’équateur et le cap de Bonne Espérance, n’a pas du tout été vécu de la même façon par les dix-sept premiers solitaires à avoir franchi cette marque de parcours virtuelle ce lundi midi : certains ont perdu du temps par rapport à leur classement lors du passage de la ligne de changement d’hémisphère, d’autres en ont gagné… Et surtout les écarts en temps par rapport au leader à la pointe africaine (Sébastien Josse) reflètent mieux la hiérarchie que les écarts en distance par rapport au but. Quelques chiffres et quelques surprises…

 

Vincent Riou (PRB) avait mis 13j 14h 05’ pour effectuer cette tranche de parcours équateur-cap de Bonne Espérance. Et bien c’est Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) qui explose le temps de référence en 12 jours 04 heures 50 minutes suivi par Michel Desjoyeaux (Foncia) qui est le seul autre solitaire à avoir amélioré ce temps de référence en 13j 08h 53’ ! Car tous les autres concurrents ont mis plus de quatorze jours à atteindre la longitude africaine…

 

Et les meilleurs temps se déclinent ainsi :
1-Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) : 12j 04h 50’
2-Michel Desjoyeaux (Foncia) : 13j 08h 53’
3-Marc Guillemot (Safran) : 14j 02h 09’
4-Jean Le Cam (VM Matériaux) : 14j 05h 43’
5-Dominique Wavre (Temenos II) : 14j 07h 25’
6-Yann Eliès (Generali) : 14j 07h 50’
7-Sébastien Josse (BT) : 14j 08h 55’
8-Roland Jourdain (VEolia Environnement) : 14j 09h 47’
9-Mike Golding (Ecover 3) : 14j 10h 47’
10-Armel Le Cléac’h (Brit Air) : 14j 11h 18’
11-Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) : 14j 11h 27’
12-Vincent Riou (PRB) : 14j 12h 16’
13-Loïck Peyron (Gitana Eighty) : 14j 12h 26’
14-Samantha Davies (Roxy) : 14j 15h 22’
15-Dee Caffari (Aviva) : 14j 21h 50’
16-Arnaud Boissières (Akena Vérandas) : 14j 22h 47’
17-Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) : 15j 01h 10’

 

Pertes et gains atlantiques

Au final, qui perd des milles et qui en gagne sur cet Atlantique Sud ? Le plus gros gagneur est encore Bernard Stamm, suivi par Michel Desjoyeaux… Et le bilan est très mitigé selon les solitaires comme le démontrent les résultats suivants sur cette tranche de parcours équateur-cap de Bonne Espérance :

 

1-Sébastien Josse (1h45’ de retard à l’équateur, 1er à Espérance) : 1h45’ de gain
2-Yann Eliès (4h de retard à l’équateur, 1h10 de retard à Espérance) : 2h50’ de gain
3-Loïck Peyron (1er à l’équateur, 1h46’ de retard à Espérance) : 1h46’ de perte
4-Jean Pierre Dick (2h de retard à l’équateur, 2h47’ à Espérance) : 47’ de perte
5-Roland Jourdain (4h08’ de retard à l’équateur, 3h10’ à Espérance) : 58’ de gain
6-Jean Le Cam (8h45’ de retard à l’équateur, 3h48’ à Espérance) : 4h57’ de gain
7-Armel Le Cléac’h (3h56’ de retard à l’équateur, 4h34’ à espérance) : 38’ de perte
8-Michel Desjoyeaux (1j06h43’ de retard à l’équateur, 4h56’ à Espérance) : 1j01h47’ de gain
9-Mike Golding (4h52’ de retard à l’équateur, 4h59’ à Espérance) : 07’ de perte
10-Vincent Riou (3h30’ de retard à l’équateur, 5h06’ à Espérance) : 1h36’ de perte
11-Marc Guillemot (19h01’ de retard à l’équateur, 10h30’ à Espérance) : 8h31’ de gain
12-Dominique Wavre (15h15’ de retard à l’équateur, 12h00 à Espérance) : 3h15’ de gain
13-Brian Thompson (13h45’ de retard à l’équateur, 1j03h55’ à Espérance) : 14h30’ de perte
14-Samantha Davies (16h53’ de retard à l’équateur, 1j09h50’ à Espérance) : 16h57’ de perte
15-Bernard Stamm (3j19h35’ de retard à l’équateur, 1j13h45’ à Espérance) : 2j05h40’ de gain
16-Dee Caffari (1j12h55’ de retard à l’équateur, 2j00h05’ à Espérance) : 11h10’ de perte
17-Arnaud Boissières (1j13h40’ de retard à l’équateur, 2j01h47’ à Espérance) : 12h07’ de perte

 

Ces chiffres montrent que le plus important gain est à l’actif de Bernard Stamm avec plus de deux jours cinq heures de positif, suivi par Michel Desjoyeaux qui grappille plus d’une journée, par Marc Guillemot avec plus de huit heures et demie, par Jean Le Cam avec près de cinq heures… Quant aux plus grosses pertes, elles concernent Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) sur le plus puissant des monocoques Imoca, mais le Britannique a dû effectuer sa pénalité de quatre heures… Qui lui a coûté très cher ensuite en raison des changements de conditions météorologiques sur zone.

 

DBo.